CAN 2013 : Les Etalons vulnérables

Publié le mercredi 16 janvier 2013

Courte défaite, 1-0 des Etalons à Bangui en match aller comptant pour les éliminatoires de la CAN 2013. Faut-il en rire ? Faut-il en pleurer ? C’est une certitude. Les Etalons sont dos au mur. Le but de Bangui n’est pas insurmontable. Mais les alertes sont là. 

 

Ouf, on n’a pris qu’un petit but seulement. Les dégâts ont été limités. La double confrontation avec les Fauves de Centrafrique inquiétait plus d’un. Toutes les informations indiquaient que cette équipe qui a été le bourreau de l’Egypte et de ses Pharaons peut s’avérer surprenante. Tout se présentait comme si la Centrafrique n’était plus la même que nous avions gagné en aller retour en 2003. Le Burkina s’est mis la pression tout seul comme un grand. Du coup, le statut de favori n’était plus taillé sur mesure pour les Etalons. Il est vrai que les Fauves se sont taillé une solide réputation en s’offrant la tête des pharaons. Mais les Etalons version Paul Put n’étaient pas dans une forme éblouissante. Comment pouvait-il en être autrement ? L’équipe ne sait plus trouver le chemin des buts adverses ! En quatre matches de compétition (Contre le Congo, Gabon) le onze Burkinabè n’a pas gagné. La victoire en amicale contre le Togo avant le match à Bangui aurait pu faire effet catalyseur, surtout que les Etalons ont gagné. Mais quels Etalons ont joué ce match ? Pour dire vrai, c’était, à deux noms près l’équipe B. Du coup, au retour des cadres face aux Fauves, l’état d’esprit de zéro victoire continuait d’être là. Le doute n’a pas été vaincu par les titulaires habituels. L’équipe des Etalons alignée au match aller contre les Fauves effectivement était loin d’être en confiance. Et pour ne pas arranger les choses, la marque de fabrique de l’adversaire est son physique. Les Fauves, du haut de leurs grands gabarits laissaient toujours les nôtres sur le tapis au moindre contact. Alain Traoré, Pitroïpa, Charles Kaboré pour ne citer que ceux-là ont eu du mal à gagner les duels. A cela s’ajoute la timidité de notre front offensif. Les Etalons n’ont pas de buteur. Commis à cette tâche, en l’absence de Moumouni Dagano, Préjuce Nacoulma a livré une pale copie de son match. Perdu sur le terrain il a un réel problème de placement et de déplacement. Le milieu de terrain ayant été liquéfié au contact de l’impact physique adverse, l’attaque manquant d’homme clé, un tout autre résultat qu’une défaite allait relever d’un exploit. C’est en cela que nous trouvons que le score de 1 but à 0 contre nous n’est pas trop dramatique. Les Centrafricains ont eu plusieurs opportunités d’alourdir le score et réellement compliquer le retour à Ouaga en octobre. Mais avec un petit retard d’un but, on peut garder le sourire. Encore faut-il vraiment se donner les moyens de concrétiser la petite chance sur le terrain. C’est là aussi notre inquiétude. Car il est difficile de gagner quand on a perdu l’habitude de marquer des buts et surtout quand on n’a plus les artificiers qualifiés pour y parvenir. En plus, dans notre cas, jouer à domicile n’est pas forcément un cadeau. L’entraîneur Paul Put lui-même l’a reconnu dans une interview donnée à notre confrère Sidwaya quand il a déclaré que son équipe joue mieux à l’extérieur qu’à domicile. Le public burkinabè est déjà de nature très versatile. En plus, depuis la débâcle de la CAN, une espèce de crise de confiance s’est invitée dans les rapports public-supporters des Etalons. Les jugements sont sévères. Le public a cessé d’être réellement le 12e homme. La défaite à Bangui même si le score est possible à remonter n’est pas pour arranger les choses. Au retour à Ouagadougou, le moindre bégaiement des Etalons, les éventuels ratés risquent de renverser la pression du public. Ceux qui ont l’habitude de fréquenter le 4 Août ont sans doute souvenance du nombre de fois que le public s’est mis à applaudir l’équipe adverse. Ce sera pénible pour les Etalons si on en arrivait là. Moralement et psychologiquement, le onze burkinabè doit se préparer. Et là, nous sommes inquiets d’apprendre que le staff ne parle déjà pas le même langage. Entre l’entraîneur et son adjoint le torchon brûle. Les images de Bangui nous ont apporté la preuve. Les deux hommes ont pris place à chaque bout du banc de touche. Pour des techniciens qui doivent parler, mettre en commun leurs expertises au service de l’équipe, cette posture est pour le moins peu commode. A moins qu’ils aient fait l’option de se parler par télépathie !

A Bangui, la courte défaite des Etalons n’est pas une montagne infranchissable. Mais l’équipe est en proie au doute.
A Ouagadougou lors du retour, le manque de sérénité peut peser contre elle

Dans tous les cas, une fois que le staff technique est divisé, l’équipe risque fort bien d’en prendre le coup. Car forcément, chaque entraîneur exerce une influence sur une partie du groupe. Comment pouvoir dépasser les clivages sur le terrain et sortir du jeu ? C’est là la question. Toutefois, entre temps, les éliminatoires de la Coupe du monde Brésil 2014 vont intervenir. Ce sera une bonne opportunité de réconciliation. Mais encore faut-il faire des résultats. Décidément, on ne peut pas dire que la sérénité est avec nous en ce moment.

 

J J Traoré


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