AFFAIRE DES FAUX BILLETS AU SRPJ : Arouna Kéré a rejoint les policiers à la MACO

Publié le lundi 17 septembre 2012

 

La liste des prévenus s’allonge à la MACO. L’administration policière est sortie de sa réserve, avec un communiqué laconique.

Le commissaire du SRPJ a été seulement muté, or lui-même a reconnu avoir été informé par ses hommes, qu’ils ont pris de l’argent. Cette affaire comme nous l’écrivions au début de l’enquête recèle trop de zones d’ombre. Les policiers ont agi avec une telle désinvolture que sûrement ils n’étaient pas à leur premier forfait. Le commissaire est donc au courant qu’ils ont reçu de l’argent. Et puis qu’elles sont les autres ramifications de cette affaire. Les noms des prévenus laissent croire qu’ils pourraient venir d’une région précise du pays. Là où depuis des années des marabouts faussaires, connus, continuent de spolier les gens,- de mener grand train. Tous les premiers responsables de l’administration (gouverneur, Haut Commissaire et chefs des forces de sécurité) chacun aurait soupé à la table de ces gens. Ce serait dommage si ce sont seulement les lampistes qui paient.

 

Les choses s’accélèrent du côté de la justice après l’inculpation des trois assistants de police du service régional de la police judiciaire (SRPJ) dans l’affaire des faux billets et des 17 000 000f. Zongo Tanga, Sabdano Barboa et Djibril Toé qui sont à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou ont été rejoints par Arouna Kéré, l’auteur de la plainte contre les policiers et son ami Achille Sanou. Les deux amis sont également poursuivis pour corruption. Ils sont les deux rescapés dans l’affaire des faux billets. Quand la police a fait irruption dans la cour de Achille Sanou dans la nuit du 29 mai passé pour prendre les faussaires, ce dernier et Arouna Kéré ont été pris dans le groupe avec les faux billets. Les policiers ont préféré faire des affaires avec les faussaires sur place. Ils proposent alors à ceux qui ont de l’argent de payer pour éviter d’être embarqués. Achille Sanou reconnait avoir payé 500 000f. Arouna Kéré, un employé de banque a reconnu avoir versé 17 000 000f aux policiers. Tous les deux ont donc été épargnés et leur nom rayé de la procédure. Les autres qui ont été déférés à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou ont été jugés et condamnés à 12 mois ferme. Arouna Kéré qui a porté plainte contre les policiers dit avoir été forcé par les policiers à payer 20 000 000f. Il ne reconnait pas faire partie des faussaires. Il dit avoir accepté payer 17 000 000f aux policiers pour éviter la prison. Il craignait également de perdre son emploi. C’est pratiquement le même système de défense qu’a adopté son ami Achille Sanou. Lui aussi affirme avoir payé les 500 000f aux policiers pour une question d’honneur. Il voulait coûte que coûte éviter la prison. Ces arguments ne convainquent pas le juge qui a alors décidé, il y a quelques jours d’inculper Kéré et son ami Sanou. Ils ont été mis sous mandat de dépôt et ont retrouvé les trois autres Alidou Zampaligré, Zakaria Dabré, Issa Bila qui purgent déjà leur peine. Les trois policiers sont incarcérés dans des cellules différentes. Ils ont été mal reçus par certains détenus dans les cellules. Le SRPJ a une mauvaise réputation. Considéré souvent comme un lieu de mauvais traitements, le SRPJ n’a pas pu soigner cette mauvaise image jusque là. Certains détenus qui sont passés par le SRPJ ont voulu leur rendre la monnaie dans les cellules. Excédés, ils ont demandé au régisseur de leur trouver une cellule commune. Une requête à laquelle le régisseur n’a pas encore accédé.

La direction nationale de la police dans un communiqué avait indiqué que leurs services avaient déjà ouvert une enquête sur l’affaire. Après l’inculpation des policiers, la direction générale n’a pas attendu. Le commissaire de police du SRPJ a été immédiatement révoqué et affecté à la direction générale de la police dans la cellule d’investigation criminelle. Il est jusque là hors de la procédure mais rien n’est à exclure. L’instruction n’est pas terminée. Le commissaire, au cours d’une rencontre qu’il a tenue avec ses agents après l’incarcération de leurs collègues, a reconnu une partie des faits. Il a expliqué à ses agents que les policiers mis en cause sont venus lui montrer de l’argent suite à l’opération sur le terrain. Il explique qu’il ne s’en est pas mêlé, préférant leur dire d’aller « gérer entre eux ».

La justice doit bien se demerder dans l’affaire des policiers ripoux. Arouna Kéré n’y a pas échappé.

Par Moussa Zongo

 


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