Luc est maintenant dans la nasse

Publié le lundi 17 septembre 2012

Par Newton Ahmed Barry

Il est arrivé un peu sur la plante des pieds. Il est apparu d’abord comme un homme hors du sérail, puis à mesure qu’il prenait de l’assurance, il a commencé à prendre des « couleurs ». Depuis mars, en devenant le premier des Conseillers nationaux, il s’est installé dans la posture de la première personnalité morale du CDP. Avec sa candidature aux législatives de décembre prochain, il fait définitivement un saut dans le grand bain de l’action politique. L’homme de la sortie de crise se prépare à une carrière politique.

 

Le parcourt en lui-même n’est pas extraordinaire, il est même, ce que l’on pourrait appeler « l’ordinaire du système Compaoré », le parachutage par le haut. Il est bien souvent aussi éphémère. On peut imaginer déjà l’avenir immédiat de Luc. Contrairement aux projections, François Compaoré dans l’immédiat se contentera de la fonction de député. Premier sur la liste du Kadiogo, il ne devrait pas subir le sort d’un Karim Wade à Dakar. Mais il ne sera ni président de l’Assemblée nationale, ni celui du Sénat. Il serait bien dans un poste stratégique de vice-président de l’assemblée nationale. De ce piédestal il a le temps de voir en bonne posture, les manœuvres d’en face. Le dicton bien connu : « préservez moi de mes amis, mes ennemis je m’en occupe ».

Le poste convoité de l’assemblée nationale pourrait donc, revenir à Luc, en remerciement de ses bons et loyaux services. Que peut-il maintenant lui advenir ? Toutes les bricoles possibles et inimaginables. Evidemment il est candidat avec la caution de Blaise Compaoré, comme avant lui, un certain Kadré Désiré Ouédraogo. Sauf qu’en la matière, Blaise encourage chacun à s’acheter un cheval, mais il ne faut pas compter sur lui pour vous aider à le nourrir. Une fois dans le grand bain politique, c’est à Luc de ne pas « se laisser manger ». Comme c’est un fin tacticien, on peut imaginer qu’il saura nager. Sauf que la marge de manœuvre n’est pas trop grande.

Un François Compaoré en pleine ascension est aujourd’hui, à la vérité l’unique maître dans le navire CDP. Le choix du Kadiogo pour se positionner sur la liste électorale, n’est pas fortuit. Le Kadiogo, avec la commune de Ouagadougou, c’est un peu le Burkina Faso en miniature. Il y avait deux écueils dans l’aventure. Le premier, il devait être sûr de l’emporter (même au prix de quelques pressions, lire l’éditorial de Germain Nama en page 3), en se positionnant en tête dans le choix du collège électoral de Kadiogo, de préférence. C’est fait. Il reste maintenant à remporter le vote des électeurs. A cette position, le risque est zéro. Il sera élu. Si l’opposition s’organise un tout petit peu mieux, comme semble le faire l’UPC, le CDP ne peut avoir plus de trois sièges. Dans la première configuration de la liste CDP du Kadiogo, le trio : François, Ilboudo et Assimi, devrait passer haut les mains. Les six autres sièges seront disputés entre UPC, l’UNIR/PS, l’ADF/RDA, et peut-être le PDS/METBA. Le siège du PAREN occupé par Laurent Bado a peu de chance d’être sauvé pour la législature à venir.

Selon des indications qui restent à confirmer, l’UPC pourrait bousculer le CDP au Kadiogo. Structurellement de toute façon, depuis 2002, le CDP est en recul dans la capitale et à Bobo Dioulasso. Autre phénomène à prendre en compte pour les élections couplées à venir, le Kadiogo a fait un enrôlement biométrique au dessus de la moyenne nationale, environ 70% de l’électorat potentiel qui est estimé à 1 millions 200 mille électeurs. Les enrôlés seraient en majorité des jeunes, traditionnellement frondeurs.

Ceux qui aiment les paris peuvent déjà sortir les calculettes. Luc est en pole position pour le mocassin du président de l’assemblée nationale. Il sera un des maillons de la dream-team « François 2015 ». L’autre inconnu : en quoi va-t-il se transformer le silence assourdissant des membres du Front de refus CDP. Simon a prévenu « ils ne s’en iront pas en catimini ».

 


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