LIBYE : une normalisation bien difficile

Publié le dimanche 4 mars 2012

La mort de Moammar Kadhafi,
ennemi commun des rebelles
coalisés, n’aura pas suffi à
ramener la paix en Libye. Les
combats y font en effet ravage
mais plusieurs versions circulent
concernant l’identité des belligérants.
Selon une source, ce sont les
combattants pro-Kadhafi regroupés
dans leur ancien fief de Bani Walid qui
ont repris les armes, ce que dément le
numéro un du CNT qui parle plutôt de
dissensions internes au sein des anciens
rebelles. Ces combats se déroulent
dans un contexte plus généralement de
dégradation des rapports entre alliés
d’hier. En effet, l’autorité des
responsables du CNT se trouve de plus
en plus contestée, en particulier à
Benghazi, ancien foyer de contestation
de Kadhafi. L’ancien numéro 2 du CNT
y avait été violemment contesté au
motif qu’il aurait servi le pouvoir du
guide. Dans ce climat de défiance, ce
dernier a préféré rendre sa démission.
Dans la même ville de Benghazi,
Moustafa Ben Jalil, le premier
responsable du CNT, a été
copieusement sifflé par une foule
exigeant la démission du CNT. Le
reproche qui est fait à l’exécutif libyen,
c’est la lenteur des réformes et la
présence dans l’instance dirigeante
d’anciens responsables proches de
Kadhafi. L’exigence d’une démission
collective du CNT n’est pas du tout
envisageable, rétorque Moustafa Jalil.
Elle entrainerait selon lui la guerre
civile. Mais comment conjurer le
spectre de la violence ? C’est la difficile
équation à laquelle se trouvent
confrontés les responsables libyens
auxquels la situation semble échapper
de plus en plus. Le sommet de l’Union
africaine qui s’ouvre la semaine
prochaine à Addis Abeba sera peut-être
l’occasion d’examiner la situation très
volatile en Libye. Unis dans l’adversité
à Kadhafi, les révolutionnaires
démontrent leur incapacité à s’entendre
pour engager les tâches de
reconstruction de leur pays. Longtemps
privés de liberté sous Kadhafi, les
Libyens apprennent difficilement la
démocratie où l’expression des idées,
même contradictoires, se fait sans
violence et dans le respect de l’autre.
Quoiqu’il en soit, ils feront
l’expérience de la liberté par euxmêmes,
dussent-ils passer par des
épreuves douloureuses.

GBN


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