Adieu Jacques !

Publié le mercredi 5 septembre 2012

Il était à Ouaga lors du FESPACO 2009 et a pu ainsi prendre part à l’AG de renouvellement du Bureau de la Fédération Africaine des Critiques Cinématographiques. Calme et peu dissert, il s’avait exprimer avec conviction ses engagements et fustiger tous ceux qui pactisaient avec des pouvoirs liberticides. Critique de cinéma, il l’était. Toutefois, il avait plus d’une corde à son arc. Editeur de formation, il était sorti de l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’information et de la communication (ESSTIC) et avait fait du droit à l’université de Yaoundé. Il s’appelait Jacques Bessala Manga et n’avait que 40 ans lorsqu’il fut agressé dans la nuit du 12 au 13 juillet 2012, dans un quartier populaire de Yaoundé, de retour de visite chez un ami. Profonde rupture de la boîte crânienne jusqu’à l’orbite de l’œil gauche, un traumatisme crânien sévère, une grave fracture de la mâchoire, de nombreux hématomes au visage et sur le corps ainsi que plusieurs dents cassées.

Ramassé par des passants vers 2 heures du matin, il sera admis aux urgences et le corps médical tentera le tout pour le tout pour le sortir de là. La mobilisation des journalistes culturels et autres s’est fait sentir sur les réseaux sociaux. Jacques était secrétaire général chargé de la communication de la FACC depuis le FESPACO 2009, lui l’ancien président de l’association camerounaise Cinepress. Malgré son jeune âge, il a été responsable des éditions Terre africaine durant trois ans, puis rédacteur publicitaire à l’agence de communication Idées Neuves. Il est promoteur d’une maison d’édition, book’in, qui vient de publier son premier livre, un essai sur la systémiologie. Déjà, le lundi 15, juillet à l’issue d’une intervention chirurgicale les médecins affirmaient qu’il perdra .un Œil. Le jeudi 26 juillet 2012, après une seconde intervention, c’est la vie qu’il a perdu. Les machettes et gourdins assassins ont eu raison de cette plume de liberté et de courage. La main assassine n’est certainement pas celle que l’on croit. On aimerait tout de même savoir qui a fait ça. Jacques est mort, son âme crie justice ! Qu’il repose en paix dans la terre de ses ancêtres.

 

Ludovic O. Kibora

 


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