Le pétrole noircit les relations entre les deux Soudan

Publié le dimanche 4 mars 2012

Les relations diplomatiques
entre les autorités des deux
Soudan sont tendues. Le
dossier pétrolier en est la
cause. La grande partie des
ressources pétrolières est située au
Soudan du Sud. Toutefois, les
infrastructures permettant d’exporter
cette ressource sont installées dans le
Soudan de Khartoum. Conséquence :
les deux pays se disputent le droit
d’exportation du pétrole. De ce fait, la
tension est vive entre Khartoum et
Djouba depuis que le Soudan a décidé
de prélever 23% des exportations de
pétrole du Soudan du Sud. Pour
Khartoum, ce prélèvement en nature
correspond aux taxes de transit du
pétrole sur son sol, et il sera appliqué
jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé. Du
côté du Soudan du Sud, cette ponction
déplait et Djouba la qualifie de « vol » à
répétition. Pagan Amoum, chef
négociateur pour le Soudan du Sud
affirme que le Soudan a à plusieurs
reprises confisqué des quantités
énormes de pétrole et cela sans l’avis
de Djouba.
Le Soudan du Sud a ordonné l’arrêt de
sa production de pétrole en raison du
différend avec le Soudan. « Le
gouvernement a donné instruction au
ministre du pétrole et de l’extraction
minière de prendre les mesures en vue
d’un arrêt complet de la production de
pétrole
 », a déclaré Barnaba Marial
Benjamin, ministre sud-soudanais de
l’Information. Le conseil des ministres
a décidé cette mesure ce vendredi 20
janvier.
98% des revenus du Soudan du Sud et
60% de ceux du Soudan du nord sont
liés au pétrole. Et la partition a fait
perdre à Khartoum environ 36% de ses
revenus pétroliers.
Khartoum réclame un droit de passage
de 36 dollars par baril pour le pétrole
sud-soudanais, alors que Djouba
propose 70 cents. Pour l’instant, aucun
consensus ne se dessine. Outre cela, le
Soudan du Sud à travers la voix de son
ministre de la Justice menace d’intenter
un procès contre toute compagnie qui
achète ou achètera du pétrole auprès de
Khartoum.
Le président du Soudan, Omar el-
Béchir, est prêt à rencontrer son
homologue sud-soudanais Salva Kiir
afin de « résoudre le problème par la
négociation
 ». La rencontre pourrait se
tenir en marge du sommet de l’UA
prévu pour fin janvier à Addis Abeba.

Par Ramata Soré


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