Lucarne citoyenne de l’Evé 239

Publié le mercredi 15 août 2012

Lucarne citoyenne
Vivo Energy joue du dilatoire contre les travailleurs

Jusqu’où la direction de Vivo Energy veut-elle aller dans son refus
d’appliquer le protocole d’accord qui le lie à ses travailleurs ? L’inspection
du travail n’avait pu départager les deux parties d’où le recours à l’arbitrage
de la Cour d’appel. Les conclusions de l’arrêt tiennent en deux point : d’abord
elle dit que ’’ l’article 1er du protocole d’accord signé entre Burkina &
Shell et ses travailleurs trouve pleinement à s’appliquer’’. Ensuite, que
’’Burkina & Shell est tenu au paiement des différentes indemnités prévues au
protocole à tous les travailleurs hostiles au transfert’’. On croyait donc que
l’affaire était pliée, d’autant que la direction de Vivo Energy s’était engagée
devant la direction générale du Travail à s’exécuter, si l’arbitrage tranchait
en faveur des travailleurs. Mais voilà qu’elle refuse maintenant d’appliquer la
sentence arbitrale de la cour d’appel. L’affaire est donc aujourd’hui en
cassation. Bien que désespérée, la procédure est somme toute normale. Seulement,
Vivo Energy se pliera t-elle devant la décision de cette cour ? On peut en
douter, au regard du refus d’appliquer la sentence arbitrale de la Cour d’appel,
alors que le pourvoi en cassation ne la suspend pas. Vivo Energy fait donc du
dilatoire, comptant sur le temps pour émousser la combattivité des travailleurs.
Mais ces derniers qui ne sont pas dupes ont engagé une lutte à la fois sur le
front judiciaire et social. L’avenir dira qui aura le dernier mot.


BICIAB :
Annulation dejugé l’autorisation
de licenciement de Mme Niodogo

On reparle du faux constat d’huissier qui a permis à la direction de la
BICIAB de licencier madame Niodogo Djelika, ex conseillère clientèle à la BICIAB
et surtout ex déléguée du personnel porte parole des travailleurs en grève
pendant la crise sociale de 2010. En parfaite complicité avec la direction
générale de la BICIAB, la directrice régionale du Travail du Centre d’alors
avait caché le faux constat d’huissier à madame Niodogo pour l’empêcher de le
dénoncer. C’est cette forfaiture que le tribunal administratif de Ouagadougou
vient de corriger par le jugement n°78 du 8 mai 2012 annulant l’autorisation qui
avait été accordée à la BICIAB de licencier madame Niodogo. En ne faisant pas
appel de cette décision judiciaire, le ministère du travail de la sécurité
sociale et de la Fonction publique reconnaît implicitement sa faute. Mais cela
ne nous semble pas suffisant. Il faudra aussi, si ce n’est déjà fait, demander
des comptes à ce haut fonctionnaire qui a délibérément fourvoyé son ministre. Ne
rien faire reviendrait à faire le lit de l’impunité. Il faut ôter l’envie aux
agents de l’Etat de suivre de tels exemples ! D’une manière générale, il faut
nettoyer les écuries d’Augias, en extirpant les mauvaises graines de la chaine
judiciaire. C’est une exigence de bonne gouvernance.


Diligences d’huissier
tentative de
réintégration de
Sidi Mohamed Guigma à son poste de travail

Décidément, la direction de la BICIAB continue son bras de fer avec la
justice burkinabé. Après le refus de la direction régionale du travail
d’accorder un blanc seing pour le licenciement de M. Guigma et le rejet par M. 
le ministre de tutelle du recours formé par la direction de la BICIAB, il ne
restait plus à la BICIAB qu’à réintégrer purement et simplement l’agent
injustement sanctionné. Ne voyant rien venir, M. Guigma a engagé une action en
référé au terme de laquelle une ordonnance de référé a été rendue le 22 mai 2012
par le tribunal de travail de Bobo-Dioulasso. Muni de cette ordonnance, il s’est
présenté à l’agence régionale le 24 juillet dernier en compagnie d’un huissier
de justice : " je ne peux m’engager à cette réinstallation dans la mesure où
monsieur Guigma a dû recevoir une lettre de licenciement. Une procédure est en
cours et j’attends la décision qui en sera issue. "Décidément, le dilatoire est
devenu l’arme de dissuasion de la direction de la BICIAB depuis que les
complicités mafieuses commencent à se
dévoiler.


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