Assainissement : A chaque ministre son lot de latrines pour les populations

Publié le mercredi 15 août 2012

C’est un mot d’ordre gouvernemental que chaque ministre essaye de mettre en œuvre, comme il peut, chez lui. Luc Adolphe Tioa a instruit ses ministres de construire les latrines pour les populations. Son ministre de l’Habitat est allé le 5 août faire don de 20 latrines dans la commune de Namissigma au Yatenga.

 

Ce sont deux villages de sa province que le ministre Yacouba Barry a choisi dans un premier temps pour exécuter le mot d’ordre de son chef de gouvernement. Bagyalgo et Konogan dans la commune rural Namissigma, à 20 km au Nord de Ouahigouya. Un apport symbolique de 10 latrines par village exécuté selon un mode de transfert des connaissances imaginé par Wate/Aid. En effet, les formateurs de l’ONG se déplacent dans les villages et forment les maçons locaux à la construction des latrines types. Ce transfert de connaissance met à la disposition des populations locales un savoir faire qui a deux avantages : créer des emplois et rapprocher l’offre de service pour tous ceux des villageois qui voudraient se construire une latrine. L’idée de départ effectivement c’est de se servir des latrines « dons » comme une sorte de viatique qui va créer une émulation dans les villages. Les responsables communaux devant continuer la sensibilisation, pour inciter chaque famille à posséder une latrine. Mais de la coupe à la lèvre il y a de l’espace. La politique gouvernementale devrait s’accompagner d’un process en matière de communication, pour créer un modèle familial idéal accessible. La dissémination au niveau des villages seraient alors l’œuvre des communes.

Le village de Bagyalgo qui a servi de théâtre pour la matérialisation du don ministériel, a un fait un heureux bénéficiaire. Le propriétaire de la concession qui a reçu la latrine d’inauguration. Les 9 autres, dont les noms n’ont pas été divulgués attendront impatiemment. L’initiative du ministre devrait certainement déborder sur d’autres villages, puisque de généreux donateurs ont bien voulu l’accompagner avec des dons de 20 autres latrines. En moyenne, une latrine, du type Water/Aid coûte 49 000 f cfa, environ. C’est pas cher dans l’absolu, même si 48% des burkinabè vivent avec moins de 80 000 f cfa par an. Pour ceux là évidemment, il va falloir imaginer un soutien, dans la réalisation des latrines. Les dons ministériels ont souvent le désavantage d’être dirigé vers des personnes qui ne sont pas forcément dans le besoin. Or en procédant autrement, en ciblant les plus démunis ceux qui ont les moyens, par fierté, se seraient fait construire leur latrine. De cette façon l’effet boule neige, escompté, allait se produire vite. 

 Si on doit atteindre un des objectifs des OMD, il faut forcément promouvoir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans nos villes et nos villages. Pour inciter d’avantage les populations peut-être faudrait-il associer la technique Water/Aid avec l’approche de… qui fait la promotion des excrétas comme fumure organique aussi efficace dans la production céréalière que les fosses fumières. Si les gens doivent dépenser 50 000 f cfa pour faire un trou, autant le rentabiliser par le multi-usage.

 

NAB


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