Catastrophe de Fukushima : Quels risques pour le Burkina ?

Publié le mercredi 15 août 2012

Au Burkina, on n’a pas beaucoup communiqué sur les risques de radioactivité qui planent sur nos têtes depuis la catastrophe de Fukushima. On aurait pu au moins s’attendre à ce que ceux qui brandissent l’étendard de la lutte contre les OGM se mobilisent sur la question, au nom du sacré saint principe de précaution. Qu’à cela ne tienne. Thierry Ki, le président de la toute nouvelle Fédération des jeunes pour la Paix Mondiale (elle a vu le jour en 2010) sillonne les rédactions des journaux pour les convaincre de la nécessité de dénoncer le silence coupable de nos autorités sur les risques que font peser les radioéléments sur la santé des populations depuis cette catastrophe. En effet, peut-on aujourd’hui situer les Burkinabé sur les conséquences du fameux nuage radioactif qui évoluait dans l’atmosphère ? Quand on sait que le vent ne connait pas de frontière, n’y a-t-il pas lieu pour les Burkinabé de craindre d’être contaminés ? Il faut savoir que ce nuage draine des radioéléments, sources potentielles de cancer du colon, de la thyroïde, du poumon, du sein etc… Et ce n’est pas tout. Il est admis, que suite à la catastrophe, 11500 tonnes d’eau radioactive ont été déversées dans l’océan Pacifique. On sait par ailleurs que les composants électroniques qui entrent dans la fabrication des produits électroniques (portables, télé, ordinateurs etc..) produisent déjà de la radioactivité. Quelles conséquences sur les hommes et par conséquent sur les burkinabé, grands consommateurs de produits électroniques japonais, quand le ¼ des plaquettes de silicium nécessaire à la fabrication des semi-conducteurs est produit à 200 km de Fukushima ? Voilà autant de questions qui rendent plus que jamais actuel l’Appel de Leadership Afrique (association œuvrant à la promotion du développement africain) aux gouvernements africains à :

Se doter de systèmes de détection de radioactivité dans les aliments (solides et liquides) ;

 Mettre en place un contrôle systématique des produits en provenance des pays de l’Est et des pays asiatiques. Car les industriels peuvent faire transiter leurs produits par des pays peu regardants pour nous les envoyer ensuite ;

Accentuer le contrôle de l’étiquetage et celui de l’origine des produits ;

 Mettre en place une organisation pérenne pour le suivi de ces contrôles ;

 Informer les voyageurs et les importateurs et communiquer publiquement sur les mesures de protection/prévention en suivant les recommandations de l’ASECNA, de l’IATA et de l’OACI ;

Harmoniser le système de contrôle dans les espaces africains de libres circulations des personnes et de biens comme l’UEMOA, la CEDEAO ou la SADEC ;

Se rapprocher de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de la FAO et de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) pour mettre les systèmes de contrôle au standard international ;

Si des cas sont avérés, penser à criminaliser la commercialisation de tels produits sur le territoire ;

Mettre en place dans chaque aéroport un dispositif de contrôle de la radioactivité des personnes en provenance des pays d’Asie concernés, ainsi que leurs bagages.

 Mettre en place un dispositif de veille permanente par des services conjoints (SANTE, COMMERCE, DOUANES, TRANSPORTS, METEO) afin de suivre l’évolution du nuage radioactif et des décisions Internationales en matière sanitaire. 

Faut-il attendre que les Africains meurent de ces ‘’morts mystérieuses’’ pour qu’on daigne enfin sonner la mobilisation ? Si rien n’est fait par les organisations de veille citoyenne, c’est ce qui risque en effet d’arriver. Les nations occidentales qui ont pris la mesure du danger ont mis en place des mesures de surveillance et de prévention nécessaires. Les Africains sans être responsables de cette pollution à l’échelle mondiale ne la subissent pas moins. C’est l’occasion pour eux de renforcer la pression en faveur du fonds mondial contre la pollution. Ce dont les nations pollueuses ne veulent pas pour le moment. Mais ce n’est surtout pas une raison de baisser les bras !

 

GBN


Commenter l'article (0)