Mouss Diouf :Triste fin d’un grand acteur

Publié le dimanche 5 août 2012

Finir comme une légume, voilà le destin qui a été finalement celui du « flic le plus sympathique de France », l’acteur au grand cœur, Mouss Diouf. Depuis trois ans le colosse africain, Pierre Moustapha Diouf , qui avait fréquenté les rings de boxe à l’adolescence, luttait difficilement contre un mal pernicieux, Après deux AVC (Accident vasculaire Cérébral) successifs : le premier survenu sur scène pendant qu’il jouait le 23 février 2009 son one-man-show « Naturellement humain » au Théâtre du Gymnase, le second au restaurant, quatre mois après, Mouss n’était plus le fringant acteur qu’on aimait tant voir à l’écran ou sur les scènes de théâtre. Celui grâce a qui de nombreux téléspectateurs Burkinabè ont adoré les séries TV françaises, tels que « Julie Lescaut » ou « Navarro » a tiré définitivement sa révérence le samedi 7 juillet 2012 au petit matin dans son appartement de Marseille (France) sous les yeux de Sandrine son épouse et Isaac (7 ans) son dernier enfant .

Mouss dans une première union avait eu deux filles (Tessa en 1988, Selena en 1995) avec Sylvie. Né en octobre 1964 à Dakar, c’est à Bobigny en région Parisienne où il est arrivé à l’âge de 4 ans, que ce gaucher de 1, 89 mètre va croiser la chance sur son chemin. Le travail à la dure fera le reste, avec le succès à la clé. Jérôme Savary le fait monter sur scène dès 1985 non pas pour faire la boxe, mais pour jouer au théâtre. Avec « le bal des cocus », il met le pied à l’étrier, puis les rôles se suivent et ne se ressemblent pas. Déjà dans son Sénégal natal, tout bébé, il était apparu dans le film Le Mandat, du célèbre romancier et réalisateur sénégalais Sembène Ousmane. Grâce à la magie du cinématographe, le monde entier va le découvrir à travers des séries télé (« Le Lyonnais », « Navarro », « David Lansky »), et des films grand public (« Lévy et Goliath », de Gérard Oury, « L’union sacrée », d’Alexandre Arcady, ou « On peut toujours rêver », de Pierre Richard.). Au Faso comme ailleurs en Afrique, on apprécia surtout l’inspecteur N’Guma qu’il incarnait dès 1991, aux côtés de Véronique Genest dans la série « Julie Lescaut ». Mouss vole de succès en succès, avale petits rôles et grands, sur les planches et à l’écran. Très généreux il fait du business tout en apportant de l’aide à ceux qui n’ont pas eu la même chance que lui. Mouss fait de l’art utile et s’investit dans les bonnes œuvres en France et au Sénégal. Le 8 janvier 2003, Mouss Diouf présente son premier one-man-show, « Avant, quand j’étais noir », quelque temps après il lance le second : « Naturellement humain ». Il rêvait d’être pilote, il n’a eu qu’un CAP de serrurier. Toutefois, grâce à son talent il a volé autrement à travers le monde et semé la graine de la diversité et du partage, jusqu’à sa mort. Ses obsèques ont été célébrées le lundi 09 juillet, selon le rite musulman, au Cimetière d’Auriol à côté de Marseille, en présence de sa famille, des amis de toujours, du monde artistique et une foule d’admirateurs. Depuis 2009, Mouss Diouf n’avait pas lutté que contre la maladie. Des mésententes sérieuses entre son épouse et sa famille sénégalaise ont émaillé ses séjours à l’hôpital. Un film diffusé en avril dernier sur la chaine française M6, le montrant sur son lit de malade a scandalisé de nombreux téléspectateurs, Ses filles menacent d’ester en justice. Sandrine qui avait déjà maille à partir avec sa belle famille est encore au centre de la polémique. 

De là où il est désormais, Mouss avec son sourire légendaire, son sens de l’improvisation, enverra certainement dans le silence de la nuit, à travers le souffle léger du vent marin, les murmures qui apaisent les cœurs et les âmes des vivants, ces mortels. N’est-ce pas un poète sénégalais qui écrivait il y a bien longtemps de cela, qu’en Afrique plus qu’ailleurs « les morts ne sont pas morts ». Adieu artiste !

 

 Ludovic O Kibora

 


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