Mini cafouillage à la Fédération Burkinabè de Football

Publié le dimanche 5 août 2012

A-t-on besoin de réinventer la roue à la Fédération burkinabé de foot ? L’équipe fédérale commandée par le Colonel Sangaré a voulu trouver une autre formule de tirage au sort de la Coupe du Faso. C’est raté ! Elle ne s’est pas montrée non plus gentleman dans l’enrôlement des entraîneurs de l’EFO pour la cause nationale.

 

Le derby EFO/ASFA-Y en 16e de finales de la Coupe du Faso ! C’est du jamais vu. Pourtant, ce match qui est une finale de rêve d’une coupe nationale s’est déjà jouée. Verdict, l’EFO est restée sur les carreaux ! A qui la faute ? Certainement à l’EFO. Elle n’avait pas à se faire sortir aussi matinalement de la compétition. Sauf que là, la FBF n’a pas laissé le choix à un des deux monstres de notre football.

Car on a beau dire que l’EFO et l’ASFA-Y sont des tigres en papier, les deux clubs restent les plus populaires de notre planète foot. Alors comment la FBF est-elle coupable dans l’élimination précoce de l’EFO ? Certes les supporters Bleu et blanc crient au vol tant le match EFO/ASFA-Y a été émaillé d’incidents. Mais là n’est pas notre propos. Le mode du tirage au sort adopté nous paraît en déphasage avec la logique sportive. D’ordinaire, la méthode consiste à faire deux chapeaux.

D’une part, il y a les têtes de série où on retrouve les gros bras. En face, les petits poucets sont regroupés dans le chapeau B. Les têtes de série ne peuvent pas et ne doivent pas s’affronter avant plusieurs niveaux de croisements. La Coupe du Faso d’avant l’équipe fédérale actuelle se jouait de cette façon. C’est sans doute injuste mais accepté et même souhaité en sport. Le foot a sa logique que la logique ignore. Le Burkina n’allait peut-être pas jouer la Centrafrique aux éliminatoires de la CAN 2013 si le tirage au sort avait mis toutes les équipes dans le même panier. La coupe du Monde, l’Euro, la Ligue des champions européenne, la coupe de France, celle d’Italie…bref, toutes les compétitions crédibles sur la planète foot suivent la logique des têtes de série.

Nous nous posons la question de savoir comment la FBF a-t-elle pensé innover en appliquant une telle mesure ? A tout point de vue, elle ne permet pas à l’équipe fédérale de s’épanouir. Car sportivement, la compétition est biaisée. Sur le plan commercial, la mobilisation du public, le derby EFO/ASFA-Y anticipé fait sauter un rendez-vous important, une raison de garder la mobilisation autour d’une compétition. Et dire que la même fédération, à juste titre d’ailleurs crie sur tous les toits que le public n’est pas au rendez-vous, prend des décisions qui s’inscrivent dans un élan de recul.

La fédération a aussi fait preuve de manque de galanterie en nommant des coachs de l’EFO aux postes d’entraîneurs nationaux. En effet, le titulaire de l’Etoile a été appelé à la tête des Etalons juniors.

Et comme si cela ne suffisait pas, son adjoint en club, Albert Frédéric Bambara se voit endosser le costume d’entraîneurs des Etalons Espoirs ! Du coup, tout l’EFO assiste impuissant à l’éviction complète de son staff. En cours de saison sportive, le coup est dur. En plus, la manière n’a pas été mise. Aucun document officiel n’a été adressé au club pour lui signifier que la cause nationale devait être au dessus de la cause personnelle. L’information aurait été donnée à l’Etoile verbalement.

La FBF a-t-elle pris le soin de vérifier les clauses de contrats que les deux techniciens ont signé avec leur club ?

A-t-il respecté le droit du club en cas de rupture de contrat ? Nous écrivons plus haut qu’au nom de la cause nationale, les intérêts individuels se devaient d’être tus. En cela, le club ne peut pas et ne doit pas demander une compensation financière avant de laisser partir ses techniciens. L’EFO est déjà braquée contre la FBF.

Elle pense qu’elle est la mal aimée pour n’avoir pas soutenu la candidature du président actuel, Sita Sangaré. Il ne faut plus lui donner des prétextes.

 Par J.J Traoré


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