Droit de reponse : Le MATDS à L’Evénement

Publié le dimanche 5 août 2012

Monsieur le Directeur

de Publication,

 

Dans votre journal N°236 du 25 juin 2012, dans la rubrique « Lucarne citoyenne », à la page 4, figure un article intitulé : « Le MATDS bafoue-t-il les droits des personnes handicapées ? ».

 

L’article déclare en substance que le nommé Palenfo Donas Alfred (pour Palenfo Donas Alexis), admis au concours de recrutement des élèves contrôleurs GSP en 2011, a été victime d’un accident de la circulation qui a entraîné l’amputation de ses deux jambes. Que malgré son handicap, l’intéressé serait convaincu qu’il pouvait continuer sa formation et servir à un niveau plus élevé.

L’article affirme en outre que la direction de l’école nationale de police, n’ayant pas prévu ce cas de figure, a demandé et obtenu du ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, le licenciement de l’assistant Palenfo.

Et de conclure que l’école bafoue les droits des handicapés, comme si ceux-ci avaient vocation à demeurer des subalternes.

 

Monsieur le Directeur

de Publication,

 

Dans le but d’éclairer l’opinion et sur la base des informations rassemblées, permettez-moi de relever les observations suivantes :

 

La personne dont fait référence le journal ne s’appelle pas Palenfo Donas Alexis mais Palenfo Donas Alfred. Il n’a jamais subi à l’école nationale de police une formation de trois ans car le cursus de formation des agents, assistants et contrôleurs GSP dure deux ans.

 

Le nommé Palenfo Donas Alfred n’a pas été licencié par le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité. Il a été exclu de l’école nationale de police sur proposition du directeur au vu de sa situation au plan physique qui n’est pas compatible avec les exigences de la formation.

 

En effet, comme le journal indique que, monsieur Palenfo Donas Alfred est un assistant de la garde de sécurité pénitentiaire qui a été déclaré admis au concours professionnel de recrutement des élèves contrôleurs GSP. Malheureusement, le 11 juillet 2011, soit trois mois avant la rentrée à l’école nationale de police, il a été victime d’un accident de la circulation routière qui a entraîné l’amputation de ses deux jambes jusqu’aux cuisses. Aujourd’hui, l’intéressé se déplace à l’aide d’un fauteuil roulant. Dès que la direction de l’école nationale de police a été informée de cette situation, elle a pris langue avec la hiérarchie de l’intéressé ainsi qu’avec la fonction publique pour poser le problème afin qu’une solution soit trouvée, étant donné que son état physique ne lui permettait pas de suivre la formation. Malheureusement, aucune solution n’a été proposée à l’intéressé qui s’est effectivement présenté à la rentrée académique le 3 octobre 2011.

 

Je voudrais signaler tout d’abord que le concours auquel le nommé Palenfo Donas Alfred a été déclaré admis, lui ouvre en principe, la voie à une formation initiale de contrôleurs GSP et non une formation continue où l’on peut faire le choix des matières. La formation des contrôleurs GSP, à l’instar de toutes les formations initiales qui se déroulent à l’école nationale de police, consiste en une formation de type militaire et une formation pédagogique, constituant un tout indissociable consigné dans le programme pédagogique.

 Elle est destinée, pour le cas des contrôleurs GSP, à doter les élèves de connaissances et de compétences à même d’assumer toutes les missions sans exclusive, confiées aux contrôleurs GSP dans le cadre des textes d’orientation des emplois spécifiques. Il n’est donc pas possible de dissocier le programme et d’éliminer des matières pour faire face à la situation que vit désormais le nommé Palenfo.

 

Dans le texte portant organisation et fonctionnement de l’école nationale de police ainsi que dans le règlement intérieur de l’école, tous les cours sont obligatoires. Le port de la tenue règlementaire est obligatoire tout au long de la formation. La formation étant de type militaire, les activités physiques et sportives sont quotidiennes. Elles sont constituées de cours spécifiques comme l’éducation physique et sportive (EPS) et les gestes et techniques professionnelles en intervention (GTPI), mais aussi de marches, de cross, de simulations et démonstrations pratiques et de manœuvres physiques et militaires de toutes sortes qui se déroulent de jour comme de nuit tout au long de la formation.

 

Je voudrais indiquer ensuite, que la situation du nommé Palenfo Donas Alfred est une situation particulière qui interpelle l’administration toute entière et non la seule école nationale de police dont le dispositif de formation n’est pas adapté à ce type de handicap. Même s’il ne se trouvait pas en situation de scolarité, il eut été nécessaire de le réformer pour le retirer du service actif car ne répondant plus aux exigences des emplois spécifiques assignés au grade d’assistant GSP.

C’est pourquoi l’école ne peut donner la formation qu’à ceux qui sont aptes, étant donné que les attributions que doivent remplir les contrôleurs GSP exigent de façon primordiale, l’aptitude physique. En d’autres termes, on ne peut donner à une personne physiquement inapte, une formation qui ouvre à un emploi où l’aptitude physique est une condition non négociable. Je pense d’ailleurs que si l’accident avait été antérieur au concours professionnel, l’intéressé ne se serait pas présenté audit concours ou alors, aurait vu sa demande rejetée, compte tenu de son état.

 

L’exclusion du nommé Palenfo Donas Alfred de l’école nationale de police n’est pas un acte qui bafoue le droit des handicapés, pas plus qu’elle ne constitue une discrimination inacceptable. Cependant, force est de reconnaître que le type de handicap dont l’intéressé est victime, n’est malheureusement pas compatible avec les exigences de la formation qui, comme je l’ai dit tantôt, est un tout indissociable et structurée à dominante militaire.

Pour illustrer quelque peu la situation, prenons un autre cas de figure. Par exemple, que dirait-on si, après avoir été recruté comme chauffeur, le postulant au poste perd sa vue avant la prise de service ? Pourrait-il recevoir une formation à la conduite ? Pourrait-il assumer ce poste ? Ou devrait-on essayer de trouver un arrangement qui, sans l’admettre à ce poste, pourrait tout de même reconnaître ses mérites ?

Toutefois, nous disons que le nommé Palenfo Donas Alfred reste, malgré son handicap, un agent de l’administration qui doit être respecté. Nous estimons également que l’administration dispose de moyens pour reconnaître ses mérites en revalorisant sa carrière autrement que de l’exposer à une formation dont les exigences lui sont absolument insupportables au regard de son état. Nous disons enfin que la réponse à la situation du nommé Palenfo Donas Alfred est une situation préoccupante qui nécessite une réponse globale et intégrée. Par conséquent, il ne serait pas opportun de la réduire à la seule responsabilité de la direction de l’école nationale de police ou du ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité. Qui plus est, l’accident dont a été victime cet élément et qui a entraîné l’amputation de ses membres inférieurs a eu lieu trois mois avant la rentrée scolaire.

 

Telle est, Monsieur le Directeur de Publication, le droit de réponse que je tenais à exercer pour éclairer l’opinion sur la situation du nommé Palenfo Donas Alfred qui, permettez-moi de le répéter, n’a pas été licencié mais exclu de l’école nationale de police pour état physique incompatible avec les exigences de la formation n

 

Félix KAMBIRE

Le Directeur de la Communication et de la Presse Ministérielle (DCPM) MATDS

 

NDLR

Monsieur le directeur

Permettez-nous de dire que vous avez une approche superficielle de la
question. A ce niveau de responsabilité, le problème ne doit pas être abordé
d’un point de vue uniquement technique. Nous sommes d’accord sur une chose.
Palenfo Donas Alfred est exclu de l’école de police parce qu’il a été victime
d’un accident de travail qui lui a valu l’amputation de ses deux jambes. Pour
autant, il n’a pas perdu les autres facultés ! Il est tout à fait capable de
suivre tous les cours compatibles avec son état physique. Soit, Donas Alfred ne
peut pas poursuivre des détenus en fuite, ni même les conduire au tribunal. Mais
de grâce, les aptitudes exigées des contrôleurs GSP ne se limitent pas à la
seule dimension physique. S’en tenir à cette dimension exclusive, c’est manquer
tout simplement de vision. C’est pourquoi par delà les responsables de l’école
nous nous sommes adressé au ministre. C’est à lui qu’incombe la responsabilité
de doter son département d’une politique sociale dans laquelle l’agent n’est pas
un simple instrument technique. Retenez bien cette chose cher monsieur : ce
n’est pas l’homme qui est fait pour servir la politique mais c’est plutôt la
politique qui est faite pour servir l’homme. Nous sommes convaincu que si Donas
Alfred Palenfo a de bonnes aptitudes intellectuelles, il peut être très utile à
sa profession et à son pays, nonobstant son état physique, lequel du reste n’est
pas désespéré. Ce n’est pas le ministre Albert Ouédraogo de la promotion des
droits humains (que nous interpellons du reste) qui nous démentira sur cette
question.


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