CAN 2012 : Douche froide pour les etalons !

Publié le dimanche 4 mars 2012

Les Etalons sont déjà dos au mur
dans une CAN qu’on croyait être la
leur. La défaite (2-1) contre l’Angola
dans le premier match de notre
groupe a un goût amer. Les Etalons
ont simplement refusé les 3 points.
Pourtant, le Burkina s’est surpassé
dans cette CAN pour son équipe. Il
faudra désormais un exploit.

Le plus redoutable, c’est le
lendemain des défaites. Et là,
les Etalons doivent y faire
face. Malgré la gueule de
bois, la vie doit reprendre. Le
coach doit trouver les mots justes pour
remobiliser sa troupe. Car le onze
burkinabè a sans doute rejoué le match,
toute la nuit durant. Hélas, c’est le
temps des regrets. Le Burkina a perdu
le match qu’il ne fallait pas perdre. En
plus, l’Angola était un morceau viandé.
Le jour suivant, les Etalons ont fait un
léger décrassage. Pour évacuer la
défaite, il faut se mettre à courir, à
transpirer. Dès lors, le rendez-vous de
la Côte d’Ivoire va occuper les esprits.
En loupant les faciles trois points face à
l’Angola, le onze burkinabè n’a plus
d’autre choix. Il doit marcher sur
l’éléphantesque équipe de la Côte
d’Ivoire ! Mais les cadets, champions
d’Afrique 2011 ont écrit un scénario
que les Saint Thomas du foot
burkinabè doivent relire. Eh oui, on
peut perdre son premier match et se
qualifier au tour suivant, voire gagner
la compétition. Les Etalons doivent ça
à la Nation tant le contribuable a fait
des efforts pour eux. En recevant les
Etalons, le Comité local d’organisation
a voulu loger les Etalons dans un hôtel
de 3e zone. Très énergiquement, le
Burkina a réagi. D’abord un immeuble
à trois niveaux a été trouvé pour abriter
l’équipe. Mais après réflexion, les
Etalons s’installent au coeur de la
capitale, Malabo, à l’hôtel SOFITEL
voisin de la présidence locale de la
République. Ils ne logeront donc pas
dans l’hôtel de la CAF très en deçà, il
est vrai du confort requis pour une
équipe nationale. Le nouveau riche n’a
véritablement pas mis le coeur à
l’ouvrage pour sortir des logements à la
hauteur d’une équipe nationale.
N’étant pas une Nation de foot, les
exigences, voire les caprices du roifoot
lui échappent. Mais que dire si la
CAF a avalisé ! « Les hôtels ont fait
l’objet d’une inspection préalable et
ont reçu la mention bon pour abriter
les équipes de la CAN », a osé avancer
le SG de la CAF lors de sa conférence
de presse. La Guinée Equatoriale a bien
compris. Cette CAF là peut tout
accepter. Tout sauf la remise en cause
de son propre confort. Les délégués
CAF, Issa Hayatou en tête, se sont
installés à l’Hôtel Hilton, le Lybia de
là-bas. Le Burkina n’est pas le seul
pays à avoir renoncé au logement
officiel. La Côte d’Ivoire et même le
Soudan ont également décidé de
déserter le site d’accueil de leur équipe
respective. Ce choix n’est pas sans
conséquence. Car, en la matière, les
textes de la compétition stipulent qu’en
cas de changement de lieu
d’hébergement, les frais
inhérents sont à la charge
de l’équipe. Les Etalons
dans ce local ne pourront
pas dormir à 2 par
chambres. Option très
économique et idéale pour
les sportifs.
L’infrastructure en
question ne dispose pas de
chambre équipée à cet
effet. Du coup, ce sont des
chambres individuelles qui
ont été attribuées aux
joueurs. En plus, le
Burkina devra s’acquitter
de sa facture carburant. La
CAF, suite au refus du
Burkina de loger dans le
local initialement réservé
pour son équipe, a décliné
toute responsabilité
concernant les frais de
carburant. Qu’à cela ne tienne. Le
Burkina a décidé de se faire respecter à
travers son équipe. La Côte d’Ivoire a
convoité l’hôtel des Etalons sans
succès. Un confrère ivoirien ayant
découvert l’hôtel des Etalons n’a pas
pu retenir sa langue. « Le Burkina n’est
plus petit dèh », s’est-il écrié ! En plus,
la Côte d’Ivoire craint les Etalons du
Burkina. En conférence de presse
d’après son premier match gagné
contre le Soudan, François Zahoui, le
sélectionneur des Eléphants, n’a pas
tari d’éloges pour les Etalons qu’il dit
craindre et respecter. C’est la preuve
que le complexe de supériorité
longtemps entretenu par la Côte
d’Ivoire à notre égard a évolué. Mais
face à la Côte d’Ivoire, le match des
supporters paraît déséquilibré. La
cinquantaine de supporters du Burkina
devra faire du miracle pour venir à bout
du brouhaha des milliers de supporters
des Eléphants. Installés dans un
quartier de la banlieue de Malabo, les
supporters burkinabè ont rallié la
capitale Equato-Guinéenne par vol
spécial. Pays pétrolier, le Burkinabè,
c’est évident ne peut pas y vivre à son
aise. L’Union nationale des supporters
des Etalons, avertie préalablement de la
cherté de la vie à destination, a fait les
provisions à Ouagadougou. En fait, les
supporters burkinabè entendaient tout
importer avec eux. Ainsi, produits
d’alimentation (viande, pomme de
terre, spaghetti…) ustensiles de cuisine
(fourneaux, plats, assiettes…),
congélateurs ont été achetés à
Ouagadougou et soigneusement
emballés pour Malabo. Les supporters
ont même acheté des postes de
télévision écran plasma qui leur
permettront de suivre les matchs ! Sauf
qu’à l’aéroport, ce sera la panique.
Yacouba Jacob Barry, président de
l’UNSE et ses compagnons, la mort
dans l’âme, ont dû renoncer à une
partie de leur bouffe, faute de place
dans l’avion. Une fois à Malabo, il
fallait donc trouver d’autres solutions.
Malabo est une capitale très calme.
Ville coquette où les HLM, des R+8
royalement battis attendent occupants,
cité africaine où les heures de pointe
ne riment pas avec embouteillages,
cette capitale où les portraits géants du
président, père-fondateur, Obiang vous
disent bonjour à tous les coins de la rue
n’a rien d’une capitale qui reçoit un
grand événement. Malabo n’a même
pas daigné faire sa toilette pour
accueillir le plus grand événement
sportif du continent. Dans les rues,
rien. Très rarement, voit-on les
affiches de la CAN encore moins des
drapeaux des pays invités. Même à
l’hôtel Hilton, on a omis de monter les
couleurs de la CAF ! Bref, la CAN ne
semble pas préoccuper les Equatoguinéens.
On comprend aisément que
l’équipe du 2e pays hôte ne soit pas
logée dans la capitale, mais plutôt à
Bata sans que personne ne s’en
émeuve. Le hic est que le président du
CO-CAN est satisfait de cette situation
de morosité. « Vous ne sentez pas la
CAN ? Pourtant partout, la fête est
là », soutiendra t-il visiblement agacé
par la question des journalistes. Et une
fois de plus, la CAF, à travers son
secrétaire général, va défendre
l’indéfendable. « La ferveur dont vous
parlez est relative. Personnellement, je
l’a sens », dira t-il malgré la
désapprobation des journalistes. En
ville, le discours des Equato-guinéens
est tout autre. Pour nombre d’entre eux,
la CAN est une futilité qui n’a sa place
dans leur programme que le week-end.
En fait, c’est dès l’aéroport que l’on
réalise rapidement le manque
d’engouement dans cette compétition
pour les populations locales. L’accueil
est froid. Et mieux, les visiteurs
subissent toutes sortes de misères lors
des formalités d’usage. Et là encore, la
CAF a dû hausser le ton pour voir
l’assouplissement des mesures. En
effet, il a été demandé à Issa Hayatou
« himself », le grand manitou du ballon
rond africain, de faire le test de SIDA à
l’aéroport de Malabo avant d’être
accepté sur le territoire national. Et
cette condition devait être appliquée à
tous les convives de la compétition. La
CAF a réagi énergiquement, menaçant
de délocaliser séance tenante
l’événement avant de voir la mesure
levée. Même la victoire de l’Equipe
nationale de Guinée Equatoriale en
match d’ouverture n’a véritablement
pas changé les choses. Chez le voisin
gabonais, il semble qu’il y a un léger
mieux. Mais ce n’est pas non plus une
CAN fiévreuse. Il ne reste plus alors
qu’à compter sur la qualité du jeu, le
niveau de la compétition pour se
consoler.

Par J J Traoré


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