Le flou qui arrange bien des gens !

Publié le lundi 23 juillet 2012

Les responsables en charge de l’organisation semblaient pris dans un dilemme face à l’arrivée massive de ces candidats à l’inscription. Malgré le prospectus qu’ils ont eux-mêmes mis en circulation stipulant les conditions à remplir pour s’inscrire sur les listes, ils n’en affirmaient pas moins sans aucune nuance que tout burkinabé peut s’inscrire d’où qu’il vienne. Et pourtant la loi en cause édicte quelques conditions préalables

 

Ce sont les articles 48 et 49 du code électoral qui contiennent ces conditions : Art 48 : Sont inscrits sur les listes électorales :

tous les électeurs qui ont leur domicile dans le département ou la commune ou qui y résident depuis six mois au moins ;

ceux qui ne résident pas dans la commune ou le département et qui figurent depuis trois ans au moins sans interruption au rôle de la contribution des patentes ou qui ont des intérêts économiques et sociaux certains et qui auront déclaré vouloir y exercer leurs devoirs électoraux ;

ceux qui sont assujettis à une résidence obligatoire en raison de leur fonction ou profession.

Article 49 : Doivent également être inscrites sur la liste électorale, les personnes qui, ne remplissant pas les conditions d’âge et de résidence lors de la formation de la liste, les rempliront avant la clôture définitive.

Mais c’est surtout l’alinéa 2 de l’article 48 qui fait débat, notamment dans sa seconde partie où la condition à remplir c’est de posséder dans la circonscription d’enrôlement des intérêts économiques et sociaux certains. A-t-on jamais défini ce concept ? Si tant est qu’il est défini, le contenu de cette définition n’est pas connue. Or il n’est pas certain que ceux là même qui sont chargés d’appliquer les textes aient une bonne maîtrise du droit électoral, à plus forte raison le citoyen lamda. La loi qui pose cette condition aurait du également prévoir les moyens par lesquels on peut en faire la preuve. Surtout qu’il n’y a pas de jurisprudence connue sur la question. Certes, la logique juridique bannit les voies de fait et impose de recourir aux instances administratives compétentes en matière de contentieux électoral. Le problème c’est qu’il n’y a aucune volonté de jeter un peu de lumière dans ce flou dans la mesure où cela a toujours profité à ceux qui ont les moyens. Les responsables nationaux du CDP en sont si conscients qu’ils avaient freiné des quatre fers les contestations qui fusaient des bases du parti lors des dernières consultations locales. C’est en effet la boite de Pandore qui peut submerger le parti, d’autant qu’en la matière, il n’est pas irréprochable ! Ces pratiques ne sont nullement le fait d’une consigne des partis mais tout le monde sait que ce sont les candidats qui en sont à la fois les instigateurs et les bénéficiaires. Mais dans la mesure où ça arrange les partis gagnants, on peut fermer les yeux sur ces choses là tant que l’on ne se fait pas prendre ! Sapouy, Kasso dans le Ziro, Douré et Ménaga dans la commune de Kokhologo ont pu s’opposer victorieusement aux cohortes de candidats venus pour s’inscrire parce que ces dernières ont manqué de discrétion. Mais combien sont-ils à s’être frauduleusement inscrits à travers le Burkina ? Nul ne le sait. Il faudra bien un jour compléter le dispositif juridique électoral et entreprendre le nécessaire travail d’éducation à la citoyenneté, si l’on veut que s’enracine dans notre pays une véritable culture démocratique. Aussi longtemps que l’on ne fera rien dans ce sens, il faut s’attendre à ce que les populations se rendent justice elles-mêmes. Et il y a des risques que dans ce cas, le processus électoral connaisse des violences de plus en plus grandes.

 

GBN

 

 

Zone 1

Est 328 812

Cascades 149 938

Sud ouest : 177 235

Kenedoudou et Tuy 131 181

Total : 787 166 / 1 533 0025 51, 34 %

Zone 2

330 487 centre est

340678 centre ouest

378236 Mouhoun

1 049 401 Total / 1 930 770 potentiel, 54,36
%


Commenter l'article (0)