Kimi foot 2012 : Un échec programmé

Publié le jeudi 19 juillet 2012

On a beau regardé cette photo des vedettes invitées,
on y voit aucune figure qui donne l’eau à la bouche.

Kimi foot 2012 n’a fait qu’un simple effet d’orage laissant, au passage plus d’un amoureux du foot sur sa faim. La pluie des stars annoncées n’étaient pas au rendez-vous de Ouaga. Plus que jamais, il faut sauver le soldat Kimi foot tant l’idée est noble et utile.

 

Si Kimi foot n’existait pas, il fallait le créer. Sika Kaboré et son association n’ont peut-être pas réalisé l’impact de leur activité sur notre sport-roi. Il est vrai que l’objectif premier de Kimi foot est de récolter des fonds au profit d’un programme de la santé préventive de l’enfant et de la femme. C’est plus que noble. Le sport au service de la bonne cause. L’Association n’a donc pas droit à l’échec. En plus, accessoirement, le rendez-vous Kimi foot est un coup de pouce à la timide offensive diplomatique du football burkinabé. En effet, le roi-foot n’est plus qu’une simple discipline sportive. C’est une marque. Avant d’être, un joueur qui intéresse un club de l’eldorado européen on est originaire d’un pays qui compte dans le nouveau découpage géographique du monde de football. Disons-le tout net, le Burkina ; à ce niveau a tout à faire. Nombre de pays ont pris une avancée sur le notre du fait de l’activisme de leurs ambassadeurs. En termes clairs, sur la planète foot, quand un jeune talent est le compatriote de Roger Milla, de Drogba, de Rabat Majer, de Abédi Pélé…et qu’il frappe à la porte d’un club, il n’est pas vu avec le même œil que s’il dispose d’un passeport burkinabé ou nigérien. Notre pays, pour l’heure ne dispose pas de figures emblématiques du foot qui font autorité. A défaut donc, cette messe de kimi foot qui réuni régulièrement des sommités du ballon rond sur nos terres peut aider le pays à se forger une identité.

L’Association Kimi tout en se dotant d’une tribune pour récolter ses fonds offre une belle vitrine au foot national qui en a grand besoin. Il reste maintenant à la bonne mise en exécution de l’idée. Là hélas, le 16 juin passé, la 2e édition a livré une pale copie. Pour cause, les vedettes ont boudé l’appel de Ouaga. Juste Abédi Pélé et son fils, Jordan sociétaire de l’OM ont fait office de guest stars. La présence de l’ancien Lions Indomptable, Raymond Kala, venu en catastrophe pour tenter un temps soit peu de faire oublier l’absence fort remarquée du parrain, Rigobert Song n’a été qu’une bien maigre consolation. Franchement, il n y a avait aucune tête d’affiche. Mais à qui la faute ? peut-on en vouloir au vedettes courtisées ? Pour être franc, le Comité n’a pas pris les mesures nécessaires pour écarter l’échec. Il a fait preuve de rigidité coupable sur le calendrier, conséquence de la raté. Comment comprendre la coïncidence de l’activité au mariage de Kolo Touré à Abidjan ? « Un Eléphant » se passe la corde autour du coup, il est prévisible que la mobilisation de la sélection ivoirienne et l’ensemble de ses stars allait être totale. Du coup, l’organisation en s’entêtant de maintenir sa date se devait de faire sans la légion ivoirienne qui aurait pu sauver la situation. Mieux, le même week-end était programmé les éliminatoires de la CAN 2013. Rigobert Song, actuel manager des Lions Indomptables avait une importante occupation pour se donner, à fond à la préparation de l’événement. Son absence tient là son explication.

 

le public Ouagalais ne pouvait pas compter sur le plus gros salaire de football actuel.

Il est fort à douter que préoccuper par le sort de ma sélection nationale du Cameroun n’a pas pu activer son réseau pour sonner la grande mobilisation ce 16 juin. Par ailleurs, vu que Drogba et les Eléphants seraient absents, la seule présence de Samuel Eto’o aurait suffi. Mais Kimi foot, en fidélisant ses rapports avec Song (c’est la 2e fois qu’il est le parrain) a choisi son camp dans la rivalité entre les deux hommes. Déjà, lors de la première édition, la présence de Eto’o avait été arrachée in extremis par les plus hautes autorités du Cameroun appuyées par le président de la CAF, Issa Hayatou. Cette fois-ci, Rigobert Song ayant été reconduit dans un contexte où la guerre entre les deux hommes est plus qu’ouverte, le public Ouagalais ne pouvait pas compter sur le plus gros salaire de football actuel. Mais que diable, pourquoi l’organisation a-t-elle maintenu sa date du 16 juin ? Un report d’une semaine n’était-il pas bien indiqué ? On ne peut que s’interroger sur les raisons réelles du maintien de cette date étant entendu que la coïncidence des dates n’a surpris personne. Par ailleurs, on peut aussi reprocher au Comité d’organisation d’avoir engagé les négociations tardivement. 

Le rêve de faire venir le lutin argentin du Barça, Léo Messi et bien d’autres acteurs de la Liga Espagnole a été caressé par l’organisation. Son émissaire a même séjourné en Espagne. Mais là aussi, ce sera un échec total. Car ce n’est pas en fin de saison qu’on introduit ce type de demandes. En plus, la Liga dispose de circuits pour ce type de projets qu’il faut connaître et exploiter. L’organisateur a cru pouvoir jouer son propre guide et chasser victorieusement les stars de la Liga. Il l’a appris à ses dépens. Mais la plus grosse maladresse du Comité est venue du côté de la communication. Elle a été quasi inexistante. Comment dans ce paysage médiatique national où les télé offre plusieurs plateaux est-il possible d’organiser un tel événement sans franchir la porte d’une seule télévision ? Non content de n’être pas allé vers les médias, le Comité a pêché par suffisance. Un de ses membres influents a même balancé sur la face d’un journaliste qu’il ne devait rien attendre de l’organisation. « Nous avions l’information, vous autres journaliste vous devez venir vers nous. En principe vous devez nous payer même pour l’avoir » a-t-il laissé entendre. Sans doute il n’a pas compris que l’information est différente de la promotion.

Du reste, ce même responsable a refusé à plus d’un journaliste l’accréditation utile pour couvrir l’événement ! Rien d’étonnant que la presse n’ait pas été associée aux activités parallèles liées au séjour des invités. Le matin du match, les convives étaient chez le Moro Naba. La presse a été déclarée personna non gratta. Là, on comprend. Ayant constaté la pauvreté de la mobilisation des stars, l’organisateur n’a pas voulu que la presse constate la réalité du ratage avant l’heure. La stratégie était de garder le mystère sur les présences de sorte à ne pas décourager le public attendu au stade. Mais finalement, ce qu’on a voulu éviter n’a pu l’être. C’est devant un stade désert que le match de levée de rideau a commencé. Le drame est que le chef de l’Etat, Blaise Compoaré a fait le déplacement du stade. Pour masquer la réalité, les portes du stade ont été ouvertes. Un gala qui devait aboutir à une levée de fonds pour une cause très noble a dû renoncer à la récolte de recettes. Incontestablement, cette édition ratée risque de plomber kimi foot. Pourtant, l’activité à plus d’une raison de se pérenniser. Ne serait-ce qu’elle a permis aux Etalons version Paul Put d’engranger leur première victoire face aux joueurs retraités !

Par J J Traoré


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