Droit de réponse : Polémique sur la gestion du PADL/CLK

Publié le jeudi 19 juillet 2012

Mis en cause dans un écrit publié dans le N° 234 dans l’Evénement, le Coordonnateur national du Projet d’Appui au développement local des provinces de la Comoé, Leraba et Kénédougou, M. Dominique DYEMKOUMA s’était fendu d’un droit de réponse que vous avez pu lire dans notre édition du 10 juin dernier. A son tour, Gustave Sanou réagit dans l’écrit ci-dessous. 

 

Suite à l’écrit paru dans l’évènement numéro 234 du 25 Mai 2012, en rapport avec mon arrestation « pour détournement d’une motopompe » suivie de mon emprisonnement, j’ai lu avec intérêt ce que vous appeliez votre part de vérité à travers le droit de réponse publié dans l’évènement numéro 235 du 10 Juin 2012. A mon tour, je voudrais réagir à votre tentative de détournement des responsabilités dans la gestion calamiteuse du projet

 

Je rappelle que j’ai moi-même informé la police de ce que je suis détenteur de deux motopompes PADL avec pièces justificatives à l’appui. Concernant la première motopompe, les pièces justificatives sont délivrées par le projet (fiche de sortie du magasin, ticket de versement de la somme due). Pour ce qui concerne la deuxième motopompe achetée, les deux pièces citées sont accompagnées par la décharge du revendeur.

Ce que j’attendais de vous c’était de me démontrer les preuves de ce détournement notamment par la présentation de documents qui contredisent ceux que le magasinier a délivrés. Si j’ai pu soustraire les motopompes comme vous le dites, elles ont du appartenir certainement à un lot que vous m’avez destiné pour être remis aux bénéficiaires. Dans ce cas, vous auriez du présenter la liste de ces motopompes référencées, la date d’expédition, leur destination avec la copie du bordereau de réception que j’aurai signé par le passé. L’article interdisant aux cadres du projet d’utiliser le matériel de production offert par le projet pourrait être éventuellement présenté. C’est tout ce qu’on attend de vous et non les propos diffamatoires et contradictoires que vous avez tenus. Ce n’est pas digne d’un responsable, Docteur de surcroît. 

Monsieur le coordonnateur, les causes de mon accusation paraissent donc profondes. Vous me trouvez difficile ; on ne peut pas plaire à tout le monde. Au lieu de m’employer, vous avez voulu m’utiliser à vos fins. Il n’y a que vous, la comptabilité et l’équipe provinciale du Kénédougou comme vous le dites dans votre écrit qui avez cette perception des choses. Vous m’avez écarté en tant que Chef d’Antenne pour mieux opérer dans le faux et dans l’usage du faux. Le juriste rural avant de quitter le projet en 2007 vous a écrit ceci, je cite : « Vous voulez gérer les cadres du projet comme vos domestiques, cela est inacceptable. Vous n’aimez pas les initiatives créatives. Tout ce qui ne vient pas de vous est suspect et doit être voué aux gémonies puis jeter aux orties. Vous n’aimez pas les cadres qui réfléchissent mais plutôt ceux qui sont prêts à subir vos différentes humiliations sans plainte ni murmures » fin de citation.

Dès ma prise de service en 2006, vous m’avez réprimandé pour avoir transmis aux Maires de ma province lors de l’atelier d’information sur le projet, la liste des projets éligibles au PADL/CLK. Comment pouvaient-ils alors savoir ce que le projet devrait réaliser pour leur commune si nous ne leur donnons pas l’information ? Un des principes de votre gouvernance c’est bien la rétention de l’information

Vous m’avez affecté 3 fois entre Orodara et Banfora : en Mai 2006 pour Orodara, en Décembre 2007 pour Banfora m’obligeant à déscolariser mes 3 orphelins en pleine année scolaire pour Banfora et 9mois plus tard en Septembre 2008 vous me rameniez à Orodara provocant le redoublement de mes enfants que je ne pouvais pas abandonner.

Vous m’avez mis en congé de 40 jours soit du 12 Mars au 20 Avril 2011 dans la période de préavis au titre de mon arriéré de congé avec tout mon personnel afin de ne pas payer les indemnités de congé à la fin du contrat.

Vous avez procédé immédiatement à la fermeture de l’Antenne pendant que j’étais en congé en faisant rapatrier tout le mobilier de bureau à Banfora le 16 Mars. J’ai repris service le 20 Avril 2011 sans bureau soit 10 jours avant la date de clôture officielle du projet.

En Avril 2007 vous m’avez blâmé pour avoir adressé deux lettres à Monsieur le Directeur Provincial de l’Agriculture du Kénédougou lui demandant le transfert de compétence qu’il continuait d’exercer malgré ma prise de service en 2006. J’ai dû approcher votre secrétaire particulière pour lui demander d’intercéder afin que ma carrière encore longue ne soit affectée.

Vous m’avez mal noté en 2006 pour mauvais entretien du bien public suite à mon accident avec le véhicule qui s’est renversé lors d’une mission à Orodara comme si j’étais le chauffeur.

Vous m’avez privé de carburant pour mes sorties terrain depuis 2009 suite à mon rapport de suivi de la réalisation des forages par le projet dans le Kénédougou. Car dites-vous, vous ne m’avez pas recommandé une telle mission et que l’Hydraulicien était bien indiqué pour cela.

Vous avez refusé d’assurer le transport de ma famille à la fin de mon contrat alors que vous l’avez fait pour certains comme cela est prévu dans les 5 décrets.

Pour décrire toujours votre caractère par rapport à l’ensemble des cadres :

Vous avez confisqué les réfrigérateurs destinés aux antennes et la borne fontaine destinée aux blocs des cadres du service technique ne pensant qu’à vous-même durant toute la durée du projet. Qu’en avez-vous fait ?

Vous avez confisqué l’enveloppe de 150 000 000 Frs destinée au renforcement des capacités des cadres et cela jusqu’à la fin du projet. Interpellé par la mission de supervision de Juillet 2010, vous avez soutenu que les cadres avaient un très bon niveau et qu’aucun d’entre eux n’avait du reste demandé à être formé. Vous avez été instruit sur le champ par ladite mission de faire parvenir un plan de formation de tous les cadres dans un délai de deux mois. Quelle méchanceté !

Suis-je blâmable quand je manifeste mon impatience quand au règlement de mes droits qui sont du reste entièrement budgétisés par la BAD ? L’argument selon lequel c’est le gouvernement qui doit payer n’est qu’un prétexte. Ne mêlez pas le gouvernement à vos manèges qui répondent à d’autres motivations. Ce que le gouvernement attend de vous, c’est de l’efficacité qui garantisse la survie du projet. C’est une honte qu’un projet considéré comme phare ne soit pas renouvelé et que vous avez de la peine à clôturer.

 Vous avez géré le projet du début à la fin sans utiliser deux vocabulaires : « contraintes et difficultés », qui pourtant sont indispensables dans la vie de tout homme d’action. Deux mots qui n’ont jamais existé dans la mise en œuvre d’un grand projet comme le PADL/CLK. Pas étonnant qu’avec un tel management tout soit au beau fixe. Certes tout n’est pas négatif dans l’exécution du projet mais nous aurions dû faire 4 fois mieux que ce qui a été fait.

 Monsieur le coordonnateur, vous dites être propre et que vous n’avez pas besoin d’un râteau du projet pour vos propres besoins, contrairement à moi qui dépouille les producteurs en rachetant ou en soustrayant leurs motopompes, contribuant ainsi à les appauvrir. Je m’en vais vous démontrer le contraire. Il est évident qu’en émettant des factures comme celles que je vous présente ci-dessous pour des travaux qui n’ont jamais existé, on peut bien se passer d’un râteau du projet

Ce tableau ci-dessous est le résumé de la facture N°060/EZM/2010 du 02 Septembre 2010 pour travaux d’aménagement de bas-fonds pour le compte des Conseils Villageois de Développement de neuf (09) communes du Kénédougou.

Cette facture d’un montant total de 205 314 000 Frs payée par chèque N°0000465 le 20-12-2010 à l’ordre du compte Coris Bank N°054019241017-39 est 4 fois fausse et je m’en vais vous le prouver :

1.Du titre de la facture « aménagement sommaire de bas-fonds » : ce sont des travaux de labour plat que le projet effectue en saison sèche dans le cadre des cultures de saison sèche et non des aménagements. Aménager un bas-fond répond à des préalables comme les levées topographiques, la matérialisation des courbes de niveau, la construction des diguettes après le labour etc… Le bailleur a demandé l’aménagement de 600 ha de bas fond de riz dans la phase du projet. C’est ce qui est écrit dans le rapport d’évaluation du projet. L’option du projet pour les labours de saison sèche fut de promouvoir la petite irrigation dans les localités où la ressource en eau est disponible.

De l’effectivité des travaux : En 2010 aucune opération de labour ne s’est opérée dans la province du Kénédougou puisque j’étais là. Je serai étonné que vous soyez intervenu dans 40 villages du Kénédougou sans que je ne sois au courant ne serait-ce que dans les villages où j’ai exploité (Fon et Kourinion). Vous voudriez nous présenter les procès-verbaux de réception de ces 40 bas-fonds signés des bénéficiaires comme recommandé par le manuel de procédure qui est formel là-dessus. Vous nous épargnerez des attestations de bonne fin d’exécution signées par le seul responsable provincial de l’Agriculture car ces documents ne confirment pas l’effectivité des travaux et leur acceptation par les bénéficiaires. (Très important)

Du coût unitaire de réalisation : de l’approche du programme riz pluvial (PRP) le coût moyen pour l’aménagement définitif d’un Hectare de bas-fond est de 75000Frs avec le tracteur du projet. Ce coût intègre les levés topographiques, l’établissement des plans, le carburant pour le labour, l’implantation, la confection des digues, des diguettes et la construction des casiers. Vous avez refusé l’acquisition d’un tracteur complet par le projet pourtant recommandé par le bailleur dans le rapport d’évaluation. Vous aviez vos objectifs en optant pour la contractualisation qui vous permet de maximiser vos profits. Vous conviendrez toutefois que les labours plats qui sont réalisés au Burkina Faso ne peuvent coûter 114 000 Frs l’hectare, même si c’est du labour sec.

De l’authenticité de la facture : l’existence réelle de l’entreprise EZM est à vérifier car vous disposer de plusieurs entêtes d’entreprises à la comptabilité du projet, en exemple : AGCOT, TTA, E.SA.F.F, Club Zinfra, Motor, ASM, CGB, CTC, SOPAGS, EPT, le Prestataire etc (ci-joint des copies). Je me pose alors la question de savoir si vous ne disposez pas également de cachets pour vos forfaits ? Pour le profane que je suis, il n’est pas normal que vous disposiez des entêtes d’entreprises par devers vous. Parmi ces entreprises deux à trois représentent la même personne. Le numéro de téléphone de l’entreprise EZM le 50-31-39-18 n’est pas fonctionnel. N’est-il pas curieux pour une entreprise qui exécute un marché de 205 314 000 Frs ?

N’est-ce pas un prête-nom où vous êtes cosignataire du compte Bancaire Coris Bank N°054019241017 Clé 39 ? C’est à vérifier.

Vous consultez le même fournisseur pour un marché qui postule sous plusieurs noms pour être retenu pour le moins disant. C’est le cas de l’entreprise EPT qui a réalisé 75 forages pour un coût global de 592 500 000 Frs et la réception de tous ces ouvrages est toujours réalisée entre votre fidèle Hydraulicien et un représentant de l’entreprise. Je n’ai jamais été associé à une réception d’ouvrage ni les bénéficiaires (Maires ou Responsable CVD).

Cette facture présentée ne concerne que le seul cas de la province du Kénédougou en une année. Mais il y a aussi la Léraba et la Comoé. Vous comprenez aisément qu’avec un tel revenu annuel on pourrait bien tenir bien de monde en l’envers dans un pays comme le nôtre. Entre vous et moi, qui a dépouillé les producteurs, les responsables CVD et les Maires de commune ? Le manuel de procédures est formel vous l’avez dit : il met les collectivités territoriales au-devant de la scène, ce sont eux qui sont les maître d’ouvrage et devraient par conséquent organiser les procédures de passation des marchés à partir des fonds que le projet leur aurait affecté. Vous avez opté de tout ramener à vous et à vous seul.

Du reste, je suis disposé à vous remettre les preuves de mes propos si cela vous intéresse mais à condition que la brigade de gendarmerie de Orodara soit prise pour témoin car c’est la zone concernée. Ainsi vous pourrez m’y rencontrer en toute sécurité avec les 40 PV de réception de ces travaux. Aussi je souhaite que les structures indiquées prennent en main ce dossier pour retrouver toutes vos factures émises depuis 2004 pour vérifier leur authenticité.

Vous avez certes fait des labours dans plusieurs villages du Kénédougou par le passé mais en triplant les superficies. Je pourrai aussi le prouver. Mais 1801 hectares de bas-fonds aménagés en 2010 pour la seule province du Kénédougou, sans compter les années précédentes, il n’y aurait que les pistes et les plans d’eau que vous n’auriez pas aménagés Mr le Coordonnateur.

La justification des sorties de carburant par la signature de carnets entiers par les chauffeurs sont des pratiques courantes pour vous permettre d’accomplir vos actes de charité. Ceux qui vous croient ou qui prétendent vous connaître vous connaissent mal.

Vous n’avez cultivé que la haine, l’hypocrisie la méchanceté et le mensonge dans le projet avec l’encadrement rapproché de vos meilleurs élèves dont l’hydraulicien, le comptable, la secrétaire et le Directeur Provincial de l’Agriculture du Kénédougou.

Je me félicite d’avoir été le plus médiocre de votre école.

Que le seigneur vous donne longue vie et que la lumière de la vérité nous éclaire tous dans les jours à venir.

Respectueusement à vous n

Cyr Gustave SANON

Ingénieur Agronome


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