Education(suite) : Le Professeur Paré, « le seul spécialiste »

Publié le jeudi 19 juillet 2012

L’ambassadeur Paré est un missionnaire patriote ! L’ancien président de l’Université de Ouagadogou, actuellement ambassadeur en France continue d’assurer ses cours à l’Université de Ouagadougou. « C’est par patriotisme », a laissé entendre l’ambassadeur à ses aimables étudiants. Sans vantardise. Le Pr. Joseph Paré a précisé à un groupe d’étudiants qu’il a payé son billet d’avion Paris-Ouaga-Paris, de sa propre poche pour venir assurer ses cours à l’Université. Pour cela, il voudrait que les étudiants lui accordent un traitement à la hauteur de son patriotisme. Mais apparemment il n’aurait pas été satisfait de l’accueil que la corporation ANEB de LAC lui a réservé. Le 13 juin 2012, alors qu’il donnait son cours de sémiotique, un cours d’option en 4ème année de Lettres Modernes, il a été prié par l’ANEB de l’UFR, de surseoir au cours en attendant la proclamation définitive des résultats de la 3ème année de Lettres. Sans quoi, les étudiants disent ne pas savoir à qui est destiné ce cours d’autant que certains attendent toujours leurs résultats. C’est en ce moment que le professeur leur a appris qu’il a payé son billet d’avion de lui-même pour venir donner le cours. La précision importante que l’ambassadeur n’a pas manqué de révéler aux étudiants c’est qu’il est « le seul spécialiste en sémiotique » et par conséquent s’ils ne le laissaient pas liquider le cours d’ici au 23 juin, ce serait une matière de perdu. Il semblerait que le Pr. Paré n’est pas seul à être « le seul spécialiste » dans une matière donnée. L’Université foisonne de « seul spécialiste » de telle ou telle autre matière si bien qu’on se pose la question de savoir ce que ces matières deviendront quand ces enseignants « seul spécialiste de… » ne seront plus en mesure d’assurer leurs cours. Déjà avec les nominations aux postes d’ambassadeurs qui sont ouvertes autant aux enseignants qu’aux diplomates, tout le monde n’est pas le Pr. Paré pour se délester du prix d’un billet d’avion pour les beaux yeux des étudiants. Nous avons retrouvé le Pr. Paré le samedi 16 juin dans la salle de conférence de Ouaga 2000. Il était aux premières loges, assistant à l’AG d’installation du nouveau bureau exécutif de la Fédération associative pour la paix avec Blaise Compaoré (FEDAP/BC). On ne saurait dire si l’ambassadeur Paré a fait une mission pour la FEDAP/BC et en profite pour évacuer ses cours ou s’il a fait une mission pour l’Université et en profite pour mener ses activités politico-associatives. Qu’importe, c’est déjà bien de vouloir faire d’une pierre deux coups. Il reste à veiller à ce que chaque coup se fasse dans le respect des règles.

 BO

 


L’ANEB impose sa loi au département
de Lettres modernes

Les étudiants de la 1re année de Lettres Modernes ont effectué leur rentrée
universitaire 2011-2012 le 4 juin dernier. Après un an de ’’chômage technique’’
passé à la maison, c’est avec enthousiasme qu’ils ont fait leur entrée sur le
campus de Zogona. Mais très vite des problèmes se sont posés avec leurs ainés de
l’ANEB (association nationale des étudiants burkinabè). Ces derniers
n’entendaient pas voir les bacheliers de 2011 débuter les cours alors que
l’année universitaire 2010-2011 court toujours. Ils ont ainsi demandé aux
étudiants la 1re année de les laisser finir leur année. " Il est même préférable
que les bacheliers de 2011 restent à la maison en attendant qu’on trouve une
solution aux problèmes. " Aurait déclaré un responsable de l’ANEB au Ministre
des enseignements secondaire et supérieur, le Pr. Moussa Ouattara, lors de son
passage à l’Université le 22 mai dernier. Pour le délégué de la 1re année,
Olivier Kam, les ainés "sont responsables du retard occasionné dans l’UFR/LAC
(ndlr : Unité de formation et de recherche en lettres, arts et communication) et
en particulier le département de Lettres Modernes". Ce que soutient le délégué
intérimaire de la 2e année, Aziz Diabaté. Selon lui, le retard vécu est " due à
l’ANEB " qui au lieu de faire une grève de courte durée, ils en ont fait jusqu’à
trois (3) mois " s’insurge Olivier Kam. Selon ce dernier, il s’agit d’un
groupuscule qui a subi les conséquences du retard. En effet, justifie-t-il, "
dès la reprise des cours en février dernier, les enseignants ont mis la pression
pour évacuer les cours. De fait, certains n’ont pas su s’y prendre ". N’étant
donc pas situés sur leur sort, les frondeurs ne savent pas s’il faut suivre les
cours en 1re ou en 2e année alors que les cours ont commencé dans les deux
promotions. "Et si on compose un devoir des deux cotés quel sort sera réservé à
ceux qui ne sont pas encore situés par rapport à leurs résultats"
s’inquiètent-ils. Mais, après avoir passé un an à tourner les pouces à la
maison, Olivier Kam et les siens ne veulent plus se laisser conter : " il n’est
pas question de suspendre les cours tel que souhaité. " Le problème s’est par la
suite déporté entre les éléments de la promotion de la 2e année. En effet, dès
que leurs résultats sont sortis, l’administration n’a pas tergiversé pour
programmer les cours. Les recalés de la session devaient attendre leurs
résultats définitifs avant de débuter les cours. Ils ont donc jugé que cette
manière de procéder ne les arrangeait pas. Mais pour l’ANEB : "il ne peut pas y
avoir de cours avant les résultats de la session" nous confie un militant. Pour
lui, il n’est pas question de débuter les cours tant que tous les étudiants
n’ont pas leurs résultats définitifs. La classe d’Aziz Diabaté était ainsi
divisée en deux clans : d’un coté ceux qui étaient pour le début des cours (les
plus nombreux) et de l’autre, ceux qui étaient contre. Mais avec la bénédiction
de l’ANEB, la minorité s’est imposée. Ce qui fait dire à Diabaté, qu’il s’agit
"d’une association qui n’a pas une conception démocratique de la gestion des
étudiants " même si par ailleurs elle a le mérite de se battre pour la cause des
étudiants. Dans cette ambiance, les frondeurs ont boycotté à deux reprises les
cours de la 2e année. Il s’agit du "cours introductif de poésie africaine
francophone ". Un cours dispensé par le Pr Issou Go, directeur du département de
Lettres Modernes. Avec la sortie des résultats de la session la semaine
dernière, c’est finalement le lundi 18 juin dernier que la 2e année a pu débuter
de façon effective les cours. Ce qui augure une période d’accalmie n

Basidou
KINDA


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