Des étudiants apprécient les revendications de l’ANEB : « C’est noble mais exagéré »

Publié le dimanche 30 septembre 2012

A entendre certains, tous les étudiants manifestaient le désir de finir les cours avant d’aller en vacances. L’ANEB aurait agi donc sans tenir compte de l’avis général. « Ils n’ont pas tenu compte de la masse, car disent-ils, ce n’est pas la masse qui fait la lutte » a déploré Daniel Bazié, étudiant en 3e année de SEG. Pour lui, les causes étaient nobles mais la lutte n’a pas été suivie dans la mesure où ¼ des étudiants de l’UFR ne sont pas sortis. Dans ces conditions, ils ont montré à l’administration qu’ils étaient faibles par derrière « Selon le nouveau calendrier, 90% des cours étaient effectués. Il y a des promotions qui ont demandé alors qu’on leur permette de finir leurs programmes avant d’aller en vacances » précise Sayouba Savadogo, LM3. Pour ces étudiants, la stratégie de lutte de l’ANEB n’est pas la bonne bien que la cause soit noble. D’où le fait que certains se sont résignés par la suite. « Au départ, j’étais pour l’ANEB. Parce que le chevauchement des sessions est contraire aux textes, la question des congés contraire également aux textes, les dix (10) jours pour composer les sessions » a dit Delphine, étudiante en Histoire. Et d’ajouter la cause c’est : « le manque de matériels, la disponibilité des enseignants ou des salles » Elle regrette tout de même la poursuite de la lutte d’où son désaccord avec l’ANEB. Dans ce climat, notons que certains étudiants préfèrent ne pas prendre position. C’est le cas d’une étudiante en 2e année géographie qui a préféré garder l’anonymat. Mais elle fait comprendre tout de même que « L’ANEB protège les intérêts des étudiants. Certes, il y a le retard, mais il faut un certain délais pour que le cerveau se repose : 10 jours pour préparer la session, c’est peu » On parle également des enseignants qui bloquent les copies tant qu’ils ne sont pas payés. De fait, on finit en novembre, les résultats tombent en janvier. Ils programment la 2e session en mi-février pour délibérer en mars. Résultat, la rentrée 2011-2012 s’est effectuée en avril. « Alors qu’ils payent les arriérés » a martelé cette étudiante. Mais en attendant, la 1re année de Lettre Modernes affiche zéro (0) admis à la session du 1er semestre composée le 10 août 2012 pour cause de boycott. Certains étudiants écopent d’un zéro (0) pour avoir boycotté un devoir le 10 septembre dernier. Ces mesures seraient conformes au texte du 9 décembre 2008 qui stipule que : « Toute activité boycottée pour fait de grève est considérée comme faite »

 

Conditions de vie des étudiants

 

Depuis le 31 août, les restaurants universitaires sont fermés. Le 5 septembre c’était le tour des cités. Une seule cité appelée Cité vacances fonctionne actuellement. Certains devant poursuivre les cours à l’UFR/LSH ou ceux qui préparent leur session en SEG sont obligés de migrer vers cette cité. « D’autres ont ramassé leurs affaires venir dans cette citée la nuit (celle du lundi 17 septembre 2012) » confie Bibata Sawadogo, étudiante en 3e année. « Entre 5 et 7 étudiantes sont arrivées ici (dans la villa qu’elle habite) hier et occupent les deux chambres qui restaient ». Dans ces conditions où les restaurants sont fermés la restauration est devenue un problème pour les étudiants. « On est obligé d’aller à la rue maintenant pour manger » souligne Bibata. Opportunités d’affaires pour les vendeuses de repas qui auraient augmenté les prix. « Avant on achetait à manger chez une femme à 200f le plat. Subitement aujourd’hui (date du mardi 18 septembre), c’est 250f » se plaint Jérémie Coulibaly, étudiant en 1re année de SEG. Jérémie à ses parents à Banfora. Il estime difficile pour lui de rentrer pour revenir en octobre. Il est donc allé à la cité vacances à 1000f le mois où il prépare la session du 2e semestre. Une situation difficile surtout sans le Foner. Sayouba Savadogo va encore plus loin. « La situation est difficile dans une période de crise alimentaire. Beaucoup d’étudiants ont leurs parents qui sont au village. Du fait de la crise, ils n’arrivent pas à leur venir en aide. Ajouté au manque du Foner, la situation est très critique » a déploré cet étudiant en 3e année de Lettres Modernes. Dans ces conditions de vie et d’études, certains étudiants ont préféré faire de la main-d’œuvre. Karim Tondé et Joseph B. Bado, tous étudiants en 1re année de Géographie, sont de ces étudiants. Non loin de l’Université, il y a un chantier en construction. Ils y vont et gagnent 1500f /jour chacun. Ils ramassent la terre et creusent des trous à 1500f le mètre cube (m3) pour une profondeur de 2m. « Certains étudiants laissent les cours pour venir chercher l’argent de poche » fait savoir Bado. « Au regard de la situation, d’autres viennent me demander quelque chose et par solidarité je leur en donne si je le peux » a-t-il ajouté.

 

Basidou KINDA


Commenter l'article (0)