Au juste qui règlemente les bordures des routes nationales ?

Publié le mardi 10 juillet 2012

Par Newton Ahmed Barry

Evidemment au moment où l’autorité de l’Etat fout son camp, la gestion des accotements des routes nationales bitumées est le dernier des soucis des gouvernants. Pourtant, on pourrait bien s’en mordre les doigts un jour. Le spectacle est saisissant et préoccupant à la fois, lorsqu’on regarde le long de nos routes nationales. Les cultures se font maintenant sur les accotements. 

 

Il n’est pas rare de voir les paysans gratter et semer sur ces espaces qui sont le prolongement naturel des ouvrages. Pourtant la loi dit clairement que les routes nationales (article 34 de la RAF loi N° 14/96), « bénéficient de mesures particulières de gestion et de protection avec leurs emprises et dépendances légales ». Pourquoi alors les services déconcentrés du ministère des Infrastructures, qui est en l’occurrence la tutelle désignée à l’article 37, ne dit rien ?

 

Il y a manifestement un laissez aller dans la gestion du domaine public. Une autre illustration, la continuation de l’installation anarchique des habitations et des champs.

 

De nouvelles friches sont opérées sans aucune réglementation. Sur le principe d’un droit coutumier reconnu, certaines personnes se livrent à une spéculation dangereuse des terres rurales.

 

Or la prescription contre laquelle, il n’est pas possible de déroger, c’est l’évaluation de l’impact environnemental. L’Etat l’impose comme préalable à tout aménagement dans le domaine foncier. Comment alors en exonérer d’autres acteurs identifiés dans la loi ?

 

Les terres se raréfient, ce n’est un secret pour personne, alors au lieu d’aligner les lois, il faudrait assurer l’application effective de celles existantes. Au regard de la dureté des conflits dans le milieu rural autour de la terre, on peut considérer finalement que cultiver les abords des routes principales est anecdotique. Sauf que ce faisant on ouvre la voie à une violation en série des dispositions essentielles à la cohésion sociale dans le pays.

 

Avec les cultures qui sont faites jusque sur les accotements des routes principales, ce sont les pistes à bétails qui sont aussi remises en cause. Or avec les routes, les pistes à bétail sont désignées à l’article 34 comme bénéficiaires de mesures particulières de gestion et de protection.

 

Ces ouvrages, comme les fonds de terre riverains des cours d’eau (article 77) devraient aussi voir leurs environnements immédiats supporter une servitude sur une largeur bien déterminée. L’action publique n’a de sens que dans le principe de précaution. Il ne faut pas laisser des habitudes s’installer. Peut-être par la force régalienne, l’Etat pourrait à tout moment corriger le préjudice.

 

Et les dommages sur l’environnement ?

Eux ne se rattrapent presque jamais. Déjà et nous en avons souvent parlé, l’Etat a démissionné de la lutte contre les feux de brousse avec tous les ravages sur l’environnement qui vont avec.


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