Que les politiciens arrêtent de nous prendre pour des cons !

Publié le mardi 9 avril 2019

La réconciliation nationale est aujourd’hui la thématique prisée des hommes politiques du Burkina. Ils ont tous ce mot à la bouche mais n’en mettent pas le même contenu. Comment peut-il en être autrement vu le contexte qui dans lequel le concept est apparu. Il est en effet apparu au lendemain de l’insurrection populaire dans la bouche du chantre du Tékré, Hermann Yaméogo et par la suite, d’autres l’ont adopté, les uns par conviction ou par intérêt, d’autres, par pur opportunisme. La réconciliation nationale ne pose aucun problème dans son principe. L’histoire même du Burkina la commande et cela ne date pas de l’insurrection populaire. Il suffit de rappeler le diagnostic posé par le collège de sages, lequel a donné naissance à la commission sur la réconciliation nationale. On en connait la suite. Le processus a été dévoyé parce que les dirigeants de l’époque se sont refusé à mettre en œuvre les recommandations pertinentes. Une occasion manquée qui a eu comme conséquence inéluctable, les crises successives qui ont marqué le pouvoir de Blaise Compaoré et qui ont culminé avec l’insurrection populaire.
Aujourd’hui, ce sont les partisans du même Blaise Compaoré qui remettent la réconciliation nationale à l’ordre du jour. Comme frappés d’amnésie, ils se sont mis à accabler le mouvement insurrectionnel et la Transition qui en a suivi. A leurs yeux, c’est cela la source de tous les maux du Burkina et en particulier l’exclusion. Avec une vision aussi sélective que réductrice, difficile de réunir le consensus national souhaité sur la question. Quand on veut faire de Blaise Compaoré la figure centrale de la réconciliation, donnant l’impression que sans lui c’est le chaos persistant et par conséquent faisant de son retour au pays, la clé magique qui nous ouvrira le chemin du bonheur, on n’est pas loin de prendre les Burkinabè pour des imbéciles. Tout de même si pendant plus de 27 ans, l’ancien président n’a pas été en mesure de nous apporter le bonheur et qu’au contraire pour de nombreux Burkinabè son règne a été plutôt synonyme de deuil et de larmes, on ne voit pas ce que son retour pourrait leur apporter de mieux. Il faut arrêter de nous vendre des illusions.

« Je suis pantois quand j’entends un leader de l’opposition dire que lui président, il fera rentrer tous les exilés politiques. Alors qu’il nous dise ici et maintenant ce qu’il compte faire et que l’actuel président n’a pas fait, pour les convaincre de rentrer. »

Si nous ne sommes pas capables de nous débrouiller sans lui, alors comme le dit l’autre, broutons du foin, c’est ce que nous méritons. Comprenons-nous bien. Nous ne sommes pas contre le retour de Blaise Compaoré au pays. Nous sommes de ceux qui pensent qu’il a eu grandement tort de partir. S’il veut revenir comme de nombreux signaux le laissent croire, rien ne l’en empêche. Certes, il a des comptes à rendre à la justice. Ayant dirigé ce pays pendant vingt-sept ans, il doit avoir le courage d’affronter une institution qu’il a largement contribué à mettre en place. Les Burkinabè sont admiratifs de son ancien premier ministre Luc Adolphe Tiao. Pourquoi ne poserait-il pas de gestes semblables ? Il faut que certains arrêtent de nous pomper l’air avec de faux débats. Blaise Compaoré a la solution à son problème.
Je suis pantois quand j’entends un leader de l’opposition dire que lui président, il fera rentrer tous les exilés politiques. Alors qu’il nous dise ici et maintenant ce qu’il compte faire et que l’actuel président n’a pas fait, pour les convaincre de rentrer. Les Burkinabè ne veulent pas de la marchandise en contre bande. Attention, on a aussi droit au respect, les culs terreux que nous sommes. Si certains ne veulent pas tirer les bonnes leçons de notre histoire nationale et s’amusent à croire que tout est permis, sans doute parce qu’on est en politique, ils l’apprendront à leur dépens. Tôt ou tard !

Par Germain Bitiou NAMA


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