Violations des droits humains : La France épinglée

Publié le mardi 9 avril 2019

On la connait -entre autre autres- comme ce pays de la ‘Communauté internationale’ qui se joue le parangon de vertu en matière de droits humains et ne cesse de brandir cette discipline pour vilipender les gouvernements qui s’en prennent à leur peuple. Ironie du sort, le mouvement des « gilets jaunes » a permis de voir l’autre face de la France qui se veut la « patrie des droits de l’homme ». De structures militantes comme le Centre Europe-Tiers Monde de Genève (CETIM) a produit un rapport accablant le régime du président Macron de « violation massive » des droits humains. Même des dirigeants généralement présentés comme des pionniers de violations des droits l’homme donnent du ton contre le déferlement de la violence policière contre les gilets jaunes.

Le CETIM est organisation non gouvernementale (ONG) dotée du statut consultatif général au Conseil des Droits de l’Homme de l’Organisation des Nations unies. Elle profité de la 40e session des 25 février – 22 mars 2019, précisément au point 4 de l’ordre du jour « Situations relatives aux droits de l’homme qui requièrent l’attention du Conseil » pour déposer un rapport décrivant les violations des droits humains par le gouvernement actuel. On se rappelle qu’après plusieurs jours des manifestations des citoyens français, le président Macron, a décidé dans une de ses sorties, de « ne pas changer de cap ». Les manifestants également de leur côté campent toujours sur leur positions. Malheureusement pour eux, ils subiront plusieurs des actions de répression policières et d’autres voies de faits. Le bilan présenté n’est reluisant pour un pays qui se prétend démocratique et soucieux du respect des droits humains. Depuis le début de la mobilisation des gilets jaunes, le rapport fait état de 11 morts accidentelles. Plus de 2 000 personnes blessées. Et au moins une centaine d’entre elles l’ont été très grièvement. Des médecins faisant état de traumatismes qualifiés de « blessures de guerre » (arrachage de mains, éborgnement, défiguration, fractures multiples…), dues notamment à des tirs de Lanceur de balle de défense (LBD) ou à des éclats de grenades. Plusieurs personnes se trouvent à ce jour dans le coma. D’autres ont subi des chocs psychologiques comme les jeunes adolescents (élèves), forcés de s’agenouiller tête baissée, mains derrière la nuque, entassés dans des fourgons, et dans des cellules. Le rapport va dans les détails pour indiquer que le 1er décembre 2018, par exemple, 7 940 grenades lacrymogènes ont été tirés, également 800 grenades de désencerclement et 339 grenades de type GLI-F4 (munitions explosives), 776 cartouches de LBD, mais aussi 140 000 litres d’engins lanceurs d’eau. Considérant la période du 17 novembre 2018 au 7 janvier 2019, un décompte provisoire -et assurément non exhaustif- enregistre 6 475 interpellations et 5 339 mises en garde à vue. Sur tout le territoire national, plus d’un millier de condamnations ont été prononcées par les tribunaux. Bien que la plupart des sanctions fassent l’objet d’aménagements (tels que des travaux d’intérêt général), beaucoup sont des peines de prison. Aussi dénombre-t-on 153 mandats de dépôts. 519 convocations par des officiers de police judiciaire et 372 autres en audiences correctionnelles. À Paris, 249 personnes ont été jugées en comparution immédiate, 58 condamnées à des peines de prison ferme, 63 à des peines de prison avec sursis. À La Réunion, les peines de prison moyennes pour les gilets jaunes locaux sont de 8 mois fermes. En date du 10 janvier 2019, quelque 200 personnes liées à ces événements restaient encore emprisonnées en France.

La France devenue la risée des « dictateurs »

Des dirigeants décriés saisissent ces violations pour interpeller le gouvernement français. Le président russe, Vladimir Poutine, a demandé aux « autorités parisiennes de s’abstenir de tout recours excessif à la force, conformément aux principes humanistes ». Dans la même veine, Recep Tayyip Erdogan, le président turc dont son pays est présenté comme la plus grande prison des journalistes, a « condamné les violences à Paris » et a accusé la police française « d’être coupable d’usage excessif de la violence », comme le rapporte le site d’information Al-Araby. Le président turc ajoute que : « Les policiers de ceux qui ont tourné notre police en ridicule, qui les ont critiqués, qui ont affirmé que notre police était cruelle, regardez ce que fait leur police maintenant. Même l’ancien président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, connu pour ses déclarations scandaleuses sur Israël s’est lâché sur Twitter contre la France. Il a interpellé Emmanuel Macron en lui demandant « d’écouter les demandes et d’y répondre de la meilleure des manières ». On se rappelle qu’en 2009, sa réélection qui a été contestée dans la rue a été violemment réprimée. Et c’est ce Mahmoud Ahmadinejad qui, désormais prodigue des conseils à la France des droits de l’homme. Il signale au président Emmanuel Macron qu’ « aucun pouvoir ne peut s’opposer à son peuple ». Voilà qui est dit !

Hamidou TRAORE


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