FDS et enjeux des réseaux sociaux à l’ère du terrorisme

Publié le mardi 12 mars 2019

En janvier dernier, nous avions attiré l’attention sur une photo publiée par un internaute sur un réseau social. Ce dernier accompagnait l’image de ce commentaire : « Voici ce que l’armée russe fait aux téléphones mobiles saisis aux soldats en mission : ils ne peuvent les utiliser normalement que pendant leurs temps libres. Quand je pense à ces photos diffusées via WhatsApp depuis les théâtres d’opération au Burkina ». En tout cas, très souvent, ce que nous voyons n’est pas loin d’un reportage de guerre réalisé par nos hommes sur le terrain des opérations. On sait pertinemment que certaines images ne sauraient se retrouver sur les réseaux sociaux ou internet que grâce à eux. On se demande si nos gars mesurent les dangers qu’ils encourent pour leur propre sécurité et par ricochet celle de la population qu’ils ont pour mission de protéger. On trouvera des gens dans l’opinion pour cautionner ce comportement des hommes sur le terrain. Pour eux, cela permet de ne pas cacher la vérité censurée par les autorités. Soit ! Sauf qu’on fait dans le voyeurisme dont les conséquences pourraient être dramatiques. Au même moment, quand les éléments de la sécurité et de la défense sont victimes d’embuscades, il se trouve les mêmes personnes pour dénoncer des infiltrations au sein des policiers, militaires et gendarmes qui donneraient leur position. Ce n’est certes pas une piste à écarter mais il y a une donne très importante qui n’est pas prise en compte, c’est l’usage fait par les forces de défenses et de sécurité elles-mêmes des réseaux sociaux et internet. D’une manière générale, de nombreux Burkinabè en font un mauvais usage de ces espaces de communication. De ce mauvais usage, les hommes de tenue en sont plus vulnérables.

Il est impératif que nos ministères concernés s’inspirent de l’exemple de leur collègue français (si ce n’est déjà fait) en créant en leur sein des cellules réseaux sociaux. L’enjeu est de taille. Les militaires sont des cibles et les contenus qu’ils partagent sur les réseaux sociaux et internet peuvent s’avérer compromettants pour la sécurité nationale.

Aujourd’hui, il y a des terminaux, à savoir des applications des différents réseaux sociaux et autres sites internet qui quand on les télécharge vous demandent des autorisations. Et sans réfléchir, nous validons, ainsi de suite. Prenons l’application Facebook (pareil pour WhatsApp). Il suffit d’aller dans Paramètre (sur les téléphones intelligents) et ensuite dans Applications et gestionnaires d’applications. Vous cliquez sur ce dernier point et allez sur Facebook. En cliquant sur autorisation vous apercevez des éléments cochés : Appareil photo, microphone, position, pour ne citer que cela. Les autoriser, c’est leur permettre d’agir même à votre insu. On laisse ainsi une mine d’informations sur vos faits et gestes. On imagine dans ces conditions les traces qu’un militaire imprudent pourrait laisser à la disposition de personnes malveillantes qui se connecteraient à distance à son téléphone.
Idem sur Google. Dès lors que vous activez votre position ou la géolocalisation sur votre téléphone, vous enclenchez du coup le système de traçabilité. Il suffit que l’on s’introduise dans votre téléphone (ou ordinateur) pour suivre l’historique et dans le menu de vos mouvements. Pour revenir aux photos, une image vaut vraiment mille mots. C’est en effet une mine d’informations dans la mesure où il est possible de déterminer le type d’appareil photo, l’auteur, la localisation et bien d’autres données remarquables pouvant intéresser une personne malveillante. Certains pays l’ont compris. C’est le cas de la France. Son ministère de la défense a, en effet, élaboré en 2016, un « guide du bon usage des réseaux sociaux » destiné aussi bien aux militaires qu’aux civils y travaillant ainsi qu’à leur entourage pour une navigation « en toute sécurité » sur ces nouveaux espaces publics de communication. Il est impératif que nos ministères concernés s’inspirent de l’exemple de leur collègue français (si ce n’est déjà fait) en créant en leur sein des cellules réseaux sociaux. L’enjeu est de taille. Les militaires sont des cibles et les contenus qu’ils partagent sur les réseaux sociaux et internet peuvent s’avérer compromettants pour la sécurité nationale.

Par Basidou KINDA


Commenter l'article (0)