5e Conférence du G5 Sahel : On multiplie les manœuvres pour vaincre le terrorisme

Publié le mercredi 20 février 2019

Après la présidence du G5 Sahel assurée par Issoufou Mahamadou du Niger, c’est au Président Roch Marc Christian Kaboré que revient la charge d’assurer les rênes de l’institution. Tenue le 5 février dernier au Palais des conférences de Ouaga 2000, la 5e conférence des chefs d’Etat du G5 Sahel a vu la participation, en plus des chefs d’Etat concernés, des institutions acquises à la cause des victimes du terrorisme. Celles-ci ont réitéré leur soutien au G5 Sahel. Dans un contexte de recrudescence des attaques terroristes, le Président entrant, dit s’atteler à affiler les armes que lui présente la palette contre le terrorisme.

C’est à Roch Marc Christian Kaboré, Président du Burkina Faso qu’échoient les rênes de la présidence du G5 Sahel. Un an durant, il présidera à la destinée de cette institution qui a pour but de bouter le terrorisme hors des frontières des 5 pays membres que compte l’institution. Apres avoir associé ses exploits à ceux de ses prédécesseurs, c’est une institution en plein réaménagement que le Président nigérien file au Président Roch Kaboré. Il n’a cependant pas manqué de fustiger les meurtres perpétrés par ces « sans foi ni loi ». Le président sortant déplore également la situation des victimes collatérales, notamment les familles endeuillées et le cas des écoles fermées.
Roch Kaboré pour sa part compte tout d’abord consolider les acquis de ses prédécesseurs mais également s’atteler à poursuive les objectifs du G5Sahel. « Il faut tout d’abord veiller à pérenniser les actes posés par mes prédécesseurs aussi poursuivre le renforcement et l’accélération de l’opérationnalisation de la force conjointe. Faire en sorte que les projets économiques et sociaux soient rendus visibles aux yeux des populations. Travailler à la résilience pour que nos pays ne servent de réservoir au recrutement des terroristes » a-t-il dit.
Présentes à cette 5e conférence des chefs d’Etat, les institutions amies ont réitéré leur soutien indéfectible aux pays du G5 Sahel. Et l’occasion faisant le larron, les chefs d’Etat ont appelé les partenaires au respect de leurs engagements, l’indisponibilité de la ressource financière faisant entorse à l’espoir des pays sahéliens, le G5 Sahel.

Une batterie d’armes pour traquer l’ennemi

Face à la situation qui prévaut dans l’espace communautaire, les chefs d’Etats optent à leur tour pour des mesures toutes aussi drastiques. Pour ce faire, l’institution progresse dans sa structuration et affine ses méthodes. Basé chez Issoufou Mahamadou au Niger, le réseau des Institutions Nationales de Défense des Droits de l’homme (INDH) du G5 Sahel est sur pied. Il permet de prévenir les conflits inter communautaires que les terroristes selon lui exploitent. Il facilite également la consolidation de la trinité Peuple Gouvernement et Armée a expliqué le président sortant.
Le centre du fuseau des renseignements, installé dans le même pays est lui aussi opérationnel. Quant à la plate-forme régionale de Coopération en Matière de Sécurité et ses démembrements nationaux, eux également sont sur pied.
Le collège de défense du G5 Sahel est tout aussi fonctionnel et est basé à Nouakchott en Mauritanie. Débutées depuis mai 2018, les activités du collège sahélien de sécurité quant à elles progressent bien à Bamako au Mali. La composante police est en passe d’être mise en place. Elle agira dans les trois fuseaux à savoir le fuseau Est (Tchad-Niger), Centre (Niger Burkina Mali) et Ouest (Mali Mauritanie) avec des unités d’investigations spécialisées, des brigades, des pôles judiciaires spécialisés ainsi que les autres éléments de la chaine pénale, telle que l’administration pénitentiaire.
Sur pied depuis novembre 2015, la Force Conjointe est répartie dans les trois fuseaux. Elle mène déjà des actions au niveau des trois fuseaux. Le Président Roch Kaboré, dit vouloir la renforcer « pour qu’elle atteigne sa pleine puissance ». Face à la recrudescence des attaques, les chefs d’Etat appellent toute fois les populations à cultiver la tolérance pour une cohésion sociale et de collaborer étroitement avec les forces de sécurité et de défenses dans la lutte contre le terrorisme.

Un P.I.P pour amadouer de potentiels terroristes

« Le terrorisme et le crime organisé sont des symptômes. Nous sommes déterminés à nous attaquer à la maladie dont ils sont le reflet : la pauvreté et les inégalités » a lancé Issoufou Mahamadou. C’est dire que les chefs d’Etat veulent s’attaquer à la misère et c’est à cela que servira le Plan d’Investissement Prioritaire. Validé à Bamako en juin 2017, le PIP est constitué de 105 projets et compte réaliser des infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques, mais va également renforcer la gouvernance, la défense, la sécurité, la résilience et le développement humain dans les zones frontalières fragiles exposées aux menaces terroristes. Pour un besoin de six (6) milliards d’euros, la première phase du plan va de 2019-2021.On y injectera environ deux (2) milliards or la conférence de coordination des partenaires et bailleurs de fonds organisée à cet effet le 6 décembre dernier à Nouakchott a enregistré 2,4 milliards d’annonces.

Des réaménagements pour plus de performance

Le pays des hommes intègres va bientôt abriter le Centre Sahélien d’Analyse des Menaces et d’Alertes précoces( CSAMAP). C’est à la 5e session ordinaire du conseil des ministres tenu à Ouagadougou le 3 février dernier que cela a été décidé. La création d’une compagnie aérienne « R sahel » est en marche. Cela a été adopté les 27 et 28 septembre 2018 à Ndjamena. Pour les chefs d’Etat du G5 Sahel, cette guerre asymétrique ne peut se gagner sans une approche globale des alliés .Ils ont donc instruit les ministres en charge des transports pour sa mise en œuvre. Une étude de faisabilité d’un chemin de fer à partir de ressources propres est également prévue.

« La bonne nouvelle du Japon » pour appuyer le G5

« Le Japon à une bonne nouvelle pour vous. Avant fin mars, le parlement japonais va approuver un projet d’assistance financière à hauteur de 23 millions de dollars américains dont 2,7 pour le pays des hommes intègres ».C’est ce qu’a annoncé l’émissaire du Japon lors de la conférence. Il a expliqué que le Japon appréciait la détermination des africains à résoudre la lutte contre le terrorisme. Ce montant vient s’ajouter à l’aide que le Japon a déjà accordé aux pays du G5 dans le domaine de l’assistance humanitaire, du développement et de la sécurité.

De gros moyens annoncés

423 millions d’euros. C’est ce dont le G5 Sahel a besoin pour son aboutissement à terme. Les promesses se chiffrent à 431 millions. Les ressources disponibles pour la première année de fonctionnement étaient de 294 millions. La conférence de Bruxelles tenue en février 2018 a permis de mobiliser 414 millions. En tenant compte des annonces faites après la conférence, les promesses se chiffrent à 431 millions environ dont 267 millions de dollars effectivement versés.

Assita SANOU

Recommandation

Les chefs d’Etat du G5 Sahel ont réitéré leur appel au conseil de sécurité des Nations Unies à examiner favorablement leur requête de placer la force conjointe du G5 Sahel sur le chapitre 7 de la charte des Nations Unies. Ils plaident en faveur d’une coopération plus étroite entre le G5 Sahel et les Nations Unies.


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