Campagne africaine des clubs africains : Les pas de géant du ‘‘nain’’ SALITAS

Publié le jeudi 24 janvier 2019

Ce n’est pas la première fois qu’un club burkinabè se retrouve à la porte des juteux matchs de poules en campagne africaine. Mais l’exploit de SALITAS est si retentissant que nous allons y aller de notre couche de tarte, tant le club qui est l’un des derniers nés du Fasofoot, a fait un pied de nez aux barrons du championnat national. Ainsi, on dira que là où les grands ont l’habitude de se casser le nez, un bébé marche triomphalement !

La SALITAS a vaincu le signe indien du foot burkinabè. C’est un fait, en campagne africaine, le Maghreb s’apparentait à une montagne infranchissable pour les clubs burkinabè. Dès qu’un club arabe est sur la route d’un de nos représentants en campagne africaine, la question est savoir comment sera-t-il renvoyé à ses chères études. Sinon, l’élimination est actée ! Tous y ont laissé leur peau, et maintes fois. L’ASFA-Y, l’EFO, l’USFA, le RCK…tous les grands, les gros budgets, les clubs historiques, les triples, quadruples, quintuple champions, les plus populaires, bref tous, sauf un tout petit nouveau-né : SALITAS. On pourra tenter de nous dire que de par le passé, des clubs comme le RCK, l’ASFA-Y et l’EFO ont réussi un coup devant les clubs maghrébins. C’est vrai qu’un œil dans le rétroviseur indique des faits qui ressemblent à ce qui est dit. Pour tempérer notre enthousiasme, d’aucuns diront que SALITAS n’a franchi que le premier tour et est à un tour de la porte des matchs de poule. Ce n’est pas faux. Car pour parfaite cette légende en cours d’écriture, le représentant burkinabè doit encore marcher sur son prochain adversaire qui n’est pas encore connu. Mais nous mettons quiconque au défi de nous dire lequel des clubs historiques burkinabè a eu l’insolence d’aller battre sur sa pelouse un club arabe en campagne africaine ? C’est là que SALITAS prend le costume de héros national. Et dire que ce n’est qu’un bébé ! En effet, ce club fondé par l’ancien ministre des sports, le colonel Yacouba Ouédraogo, en est à sa deuxième saison dans le championnat national de D1. Mais il a apporté la preuve qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Tout Burkinabè qui aime le football appelle de ses vœux qu’enfin un club burkinabè accède dans le très lucratif tour des matchs des poules de la campagne africaine. Car la CAF en augmentant la prime servie aux clubs qui y accèdent porte désormais à 125 millions de FCFA le montant minimaliste donné à chaque formation qui jouera au moins un match des phases de poule ! En ligue des champions, la prime est doublée. Nos clubs si pauvres, qui vivent aux crochets de la subvention de l’Etat, salivent depuis la nuit des temps sur ce jackpot mais ne peuvent y accéder, car la concurrence est rude. Pour y arriver, il faut marquer de petits pas comme Salitas est en train de le faire. C’est en cela que nous ne devons pas négliger l’exploit réaliser face à AL MASRY, le club égyptien que notre représentant a sorti et qui se trouve être le club de Aristide Bancé. Il reste encore un dernier petit pas, et le bonheur s’ouvrira.

La clé d’un exploit

Comment ce petit poucet a pu réussir là où les grands se sont cassé les crampons ? Le président de SALITAS que nous avons eu au téléphone dit devoir cette belle performance de son club à l’association des journalistes sportifs du Burkina Faso (AJSB). « Nous nous sommes adossés au jugement de l’AJSB pour faire notre recrutement. Et nous remarquons qu’il est mieux maîtrisé. Nous avons pris surtout les joueurs du mois de l’association et les résultats sont ce que vous voyez », a avancé le président de SALITAS, le colonel Yacouba Ouédraogo. Il n’a pas tort de se fier au jugement des journalistes. Sans être des spécialistes du ballon rond, ils sont les témoins les plus avertis qui suivent les joueurs souvent bien plus que les techniciens eux-mêmes. Les journalistes se révèlent comme le baromètre du football national, car ils sont obligés, par devoir professionnel, de consommer tous les matchs, même les plus exécrables. Le prix institutionnalisé par l’AJSB, qui récompense, chaque mois, peut être un indicateur de performance pour les techniciens. Le colonel a eu raison de renvoyer l’ascenseur à l’AJSB. Son clin d’œil va renforcer la notoriété de ce prix AJSB. Une autre raison, et pas des moindres, qui pourrait expliquer la performance de SALITAS, se trouve au niveau de l’organisation du club. Cette formation sportive n’a pas de grand moyens, ni de sponsors. Mais il a su maitriser sa masse salariale, au point de ne point manquer à ses engagements financiers. Mieux, le colonel fondateur du club nous a laissé entendre qu’un compte bancaire a été ouvert au nom de chacun des sociétaires et les salaires se paient par virement bancaire. Conséquence, le joueur peut contracter un prêt. On dira que ce n’est qu’un détail, mais dans le foot moderne, ce sont les détails qui font les exploits. D’ailleurs, ce détail vaut tellement son pesant d’or qu’aujourd’hui tous les clubs semblent être abonnés au régime de « l’incapacité de payer les salaires des joueurs ». C’est l’effet à la mode : 3 ou 4, voire 5 mois sans salaire. Et comment vouloir un meilleur rendement ? En faisant la différence à ce niveau, SALITAS ne peut que récolter les dividendes. Au titre des atouts du club, on n’oubliera pas ses installations de qualité. Les joueurs, pour leurs entraînements, disposent d’une pelouse ordinaire et d’une pelouse synthétique. Comparé au cas de certains grands, les terrains d’entraînements ont perdu, pour ceux qui en avaient, leur gazon, au point que la grande majorité se prépare sur la terre battue. A l’arrivée, on ne peut pas escompter de bonnes performances. Il y a eu une solidarité nationale autour de ce petit club lors du match retour. Ce geste est à saluer. C’est ensemble que nous réussirons le positionnement de nos clubs. Aussi, un accompagnement
des sponsors ne semble pas un geste de trop pour aider SALITAS a enfin franchir le fameux pallier salvateur.

J J TRAORE


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