L’année en 18 dates clées

Publié le jeudi 24 janvier 2019

18 février : le voyage de non-retour du cinéaste Idrissa Ouédraogo

Figure emblématique du cinéma africain des années 1980-2000, Idrissa Ouédraogo s’est éteint à l’âge de 64 ans des suites de maladie. Il a oeuvré pour le rayonnement du cinéma burkinabè et africain dans le monde en décrochant le prestigieux Grand Prix du jury du Festival de Cannes en 1990, avec son film Tilaï. C’est avec ce film qu’il fut aussi le premier Burkinabè à remporter l’Etalon d’or de Yennega la même année. Le “Master for ever” laisse une quarantaine de films à la postérité.

27 février : ouverture du procès du putch de septembre 2015

C’est ce jour que le général Gilbert Diendéré et ses 83 co-accusés dans le cadre du putsch du 16 septembre 2015, ayant fait 14 morts et 270 blessés, ont été présentés devant la barre de la chambre de première instance du tribunal militaire. À l’heure où on s’achemine vers la fin des auditions, on note trois grands absents dans le box des accusés, malgré des éléments probants qui les incriminent. Il s’agit du haut commandement militaire burkinabè, du général Vagondo Diomandé, chef d’Etat-major particulier du président Alassane Ouattara, et de Guillaume Soro, président de l’assemblée nationale ivoirienne.

2 mars : Attaque de l’Etat-major général des armées

Les assaillants ont attaqué presque simultanément l’Etat-major des armées et l’ambassade de France. Bilan officiel : 8 militaires tués, 80 blessés et 8 assaillants abattus. Plusieurs plaques d’immatriculation de vélomoteurs et de voitures, renvoyant aux caractéristiques des engins roulants utilisés ont été découvertes près de 3 mois après dans une villa occupée par des terroristes à Rayongo.

22 mai : démantellement d’une cellule terroriste à Rayongo

L’unité spéciale d’intervention de la Gendarmerie nationale (USIGN) a mis hors d’état de nuire une cellule terroriste, composée de de deux Burkinabè et de deux Maliens du groupe Al Mourabitoun, qui projetait d’attaquer Ouagadougou courant juin. L’assaut s’est déroulé au quartier Rayongo, dans l’arrondissement 11 de la capitale où la cellule a été localisée dans une villa. Dans cette opération l’USIGN a malheureusement perdu le Maréchal de logis-chef, François de Salle Ouédraogo.

24 mai : divorce d’avec Taïwan

Après 24 ans, le Burkina Faso a choisi de rompre ses relations diplomatiques avec Taïpei, scellées depuis 1994 sous Blaise Compaoré. Le Burkina Faso rejoint ainsi les autres pays africains, à l’exception du royaume du Swaziland qui garde toujours ses relations avec Taïwan. Selon le ministre des affaires étrangères, Alpha Barry, cette rupture s’explique par « l’évolution du monde et les défis socio-économiques actuels” du Burkina et du continent qui commandent une réconsidération de position.

26 mai : Ouaga et Pékin signent la reprise de leur coopération

Le ministre burkinabè des affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, et le conseiller d’Etat et ministre chinois des affaires etrangères, Wang Yi, ont signé la reprise des relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et le Burkina Faso. Par cet acte, ils ont matérialisé un nouveau départ entre les deux pays.

12 au 14 juin : conférence sur la réforme du système des rémunérations

D’une part, cette conférence avait pour objectif de proposer des solutions au risque d’insoutenabilité des salaires par le budget national. D’autre part, elle devait permettre l’équité entre les salaries de l’Etat. Un comité technique a été mis en place pour proposer des projets de réformes. Ce comité a finalisé la première phase des travaux. La réforme qui porte sur la “mouture nouvelle de la grille salariale des agents publics” et “la mouture de l’avant-projet de décret portant définition et rémunération de la haute fonction publique, partant du président du Faso au chef de service”, ont été transmis au premier ministre le 17 décembre. Une réunion de cabinet autour du chef du gouvernement a examiné lesdits projets, et le comité de suivi s’est réuni le 24 décembre. De ces concertations naîtront des projets de décrets qui seront soumis au gouvernement pour examen et adoption. L’entrée en vigueur est prévue pour janvier 2019.

2 juillet : Ouverture officielle de l’ambassade du Burkina Faso à Pékin

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré et son homologue chinois, Xi Jinping, ont procédé à l’ouverture de l’ambassade du Burkina en Chine.

12 juillet : Ouverture officielle de l’ambassade de Chine à Ouagadougou

Pour acter définitivement la reprise de la coopération diplomatique de son pays avec le Burkina, le vice-premier ministre chinois, Hu Chunhua, a procédé à l’ouverture de l’ambassade de la Chine à Ouagadougou.

30 juillet : une nouvelle loi électorale divise la classe politique

Son adoption le lundi 30 juillet 2018 a attisé la controverse. D’un côté, la majorité présidentielle soutient qu’il s’agit d’une avancée démocratique et que, pour la première fois, la diaspora burkinabè va enfin voter. De l’autre côté, le Chef de file de l’opposition affirme le contraire, vu que la loi limite les documents d’enrôlement à la carte nationale d’identité et au passeport pour les élections de 2020.

26 septembre : Clap de fin pour Missa Hébié

Le réalisateur de la serie télé à succès, « Commissariat de Tampy », de « L’As du lycée », du « Fauteuil » et de la « Cellule 512 », n’aura plus de nouvelles réalisations. La Faucheuse l’a frappé alors qu’il était sur le plateau de tournage de sa nouvelle série « L’ami fidèle » en vue du cinquantenaire du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou en 2019.

29 septembre : Marche-meeting du CFOP

Le Chef de file de l’opposition politique a dénoncé la gouvernance chaotique du Mouvement du peuple pour le progrès et de ses alliées. Selon Zéphirin Diabré, depuis l’accession de Roch Marc Christian KABORE au pouvoir, “les maux que les Burkinabè dénonçaient sont toujours là en pire” : l’insécurité, la misère et la précarité, la crise du logement et l’oubli des habitants des quartiers non-lotis, le chômage des jeunes et des femmes, une justice instrumentalisée, le retour en force de l’accaparement du pouvoir et la politisation de l’administration, une économie en panne. Le tout dans un contexte d’insécurité grandissante et meurtrière.

26 octobre : ouverture de la 15e édition du SIAO

Le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou a, une fois de plus, mis à l’honneur, la culture et l’artisanat du Burkina Faso et divers pays d’Afrique et du reste du monde du 26 octobre au 4 novembre. Il a déroulé un tapis rouge à Madagascar, invité d’honneur, au regard de sa grande vitalité culturelle et de son artisanat riche et diversifié. Lors de cette édition, 19 prix ont été décernés dont le plus prestigieux est le grand prix du Président du Faso. D’un montant de 6,5 millions de FCFA. La Côte d’Ivoire a remporté le prix de la première place du meilleur stand pays, d’une valeur de 3 millions de FCFA. Elle est suivie du Niger qui a obtenu 2 millions et du Cameroun qui est reparti avec 1,5 million.

9 novembre 2018 : les premières archives sur Sankara transmises

Un premier lot de documents d’archives, comprenant les dossiers des ministères français de l’Europe et des Affaires étrangères ont été transmis par voie diplomatique au juge burkinabè en charge du dossier Thomas Sankara. L’examen de ces documents a conduit à l’inculpation du colonel major Alain Laurent Bonkian, conseiller du chef d’Etat major général des armées jusqu’à son décès dans la nuit du 25 décembre 2018 de suites de maladie.

15 novembre : Inauguration de l’échangeur du Nord

Situé dans le quartier Tampouy de Ouagadougou, à l’intersection des routes nationales N°2 (Ouagadougou-Ouahigouya) et N°22 (Ouagadougou-Kongoussi), de la voie ferrée et à l’interface de deux barrages urbains, c’est incontestablement le plus grand échangeur parmi les 4 que compte la capitale. Selon le ministre des infrastructures, il “va permettre de désengorger l’un des nœuds routiers les plus encombrés de la ville et participera au bouclage du futur boulevard de contournement de la ville de Ouagadougou ».

29 novembre : Marche de la CCVC

A l’appel de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC), plusieurs milliers de personnes, y compris les partis de l’opposition politique, ont battu le pavé. Ils ont exigé la baisse des prix des hydrocarbures, l’audit indépendant de la SONABHY et de la SONABEL, l’identification et la saisie des biens et des fonds détournés par les dignitaires du régime de Blaise Compaoré, l’audit du secteur minier et la relecture (au bénéfice de la nation) des conventions passées avec les sociétés d’exploitation minière, et l’arrêt des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales.

5 décembre 2018 : La justice française autorise l’extradition de François Compaoré

La cour d’appel de Paris a donné son feu vert pour l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, mis en cause dans l’assassinat de Norbert Zongo. Mais la justice burkinabè devra encore patienter car la livraison du colis ne semble pas pour bientôt. En effet, ses avocats ont formulé un pourvoi en cassation. François Compaoré a été arrếté en octobre 2017 à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle suite à un mandat d’arrêt émis le 5 mai 2017 par la justice burkinabè

18 décembre : le fonds commun passe de 55 milliards à 8,9 milliards

C’est la conséquence de la loi de finances 2019. En son article 19, il est écrit que la prime de motivation servie aux agents publics de l’Etat ne saurait excéder 25% de la masse salariale des bénéficiaires. Le FC passe donc de 55 milliards de francs CFA en 2018 à 8,9 milliards en 2019, selon une simulation de notre confrère, L’Economiste du Faso, dans sa parution du 24 décembre 2018.

Par Gaston B. SAWADOGO et Raphaël Aspavati


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