Extradition de François Compaoré : Ce n’est plus qu’une simple question de temps

Publié le vendredi 25 janvier 2019

L’aigle a beau voler, son corps finit toujours par reposer sur la terre ferme ; tel pourrait être le cas François COMPAORE qui, depuis une vingtaine d’années use et abuse de subterfuges pour se soustraire à la Justice dans l’affaire Norbert ZONGO. Et après moult péripéties, nous en sommes à une victoire d’étape. Date légendaire s’il en est, le 13 décembre marque depuis déjà deux décennies, la date anniversaire de l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert ZONGO et ses trois compagnons d’infortune. Le suspect sérieux de cette mise à mort crapuleuse n’est autre, selon toute vraisemblance, que François COMPAORE, l’ex-petit président. Timing symbolique, pour un assassinat historique, le 5 décembre dernier, soit 8 jours avant le 20e anniversaire du crime de SAPOUY, la Justice française rendait un avis favorable à la demande d’extradition de François COMPAORE vers le Burkina. Et ce fut un ouf de soulagement émis par tout un peuple.
Certes, le chemin vers un procès est encore long, très long, tant les obstacles et autres tergiversations juridiques et judiciaires ne cessent d’être hérissées par Me Oliver SUR, avocat du prévenu, et toute sa galaxie. Non contents de proclamer désespérément urbi et orbi que le dossier est vide, ils s’accrochent dorénavant, tels des naufragés, à une planche de salut au « faux en écriture » du juge Burkinabè, ZERBO. Ce qui n’est autre qu’une argutie, une entourloupette, pour mieux gagner du temps.
En effet, Me Pierre Olivier SUR entend surtout voir suspendre la procédure. C’est dire qu’il faut s’armer de patience, car ce n’est pas demain ou après- demain que l’on verra François, menottes aux poings, conduit à Ouagadougou. Le mis en cause, qui appréhende comme la peste de devoir s’expliquer sur son forfait, joue les prolongations et s’est pourvu en cassation, abandonnant ainsi ce brûlot aux grands juges qui auront la possibilité soit de casser le jugement, soit de le confirmer. Et quand les voies de recours seront toutes visitées, il appartiendra à la France de signer un décret d’extradition, lequel pourra aussi être attaqué devant le Conseil d’Etat. Une procédure faite de labyrinthes qui pourrait prendre 6 mois, voire cinq ans. Mais, tout porte à croire que François COMPAORE, qui a fait de la fuite en avant dans ce dossier une raison d’espérer, ne pourra plus se soustraire longtemps à la Justice du pays des hommes intègres. En tout état de cause, il nous est loisible de penser que c’est la fin d’un long suspense, même si nous n’en sommes pas encore à l’épilogue. Quoi qu’il en soit, même si cet avis ne signifie ne pas voir François tout tremblant et balbutiant devant un juge, les Burkinabè ne doivent pas bouder leur plaisir pour cette victoire d’étape qui prouve, si besoin en est, que le dossier est d’une robustesse à toute épreuve.
En effet, parlant justement de la solidité de ce dossier, un de nos compatriotes, rompu à la chose judiciaire, estime la main sur le cœur que ce dossier, loin d’être vide, est aussi lourd que du béton armé, car monté avec la parcimonie qui sied, c’est-à-dire selon les strictes règles de droit et avec tout le sérieux nécessaire.
A force de pugnacité, de perspicacité, nous finirons par y arriver. Et rendons à César ce qui lui revient, car si ce dossier est à ce stade, c’est aussi grâce à l’entregent du Président Emmanuel MACRON, qui dans son désormais historique discours de Ouagadougou tenu le 28 novembre 2017, avait promis de tout mettre en œuvre pour répondre favorablement à la requête des autorités Burkinabè, sans pour autant remettre en cause l’indépendance de la Justice. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune président français a tenu promesse, car si rien n’avait été entrepris, il est à parier qu’avec les embrouillaminis et autres entourloupettes de Me Pierre Olivier SUR, principal avocat de François COMPAORE et ancien bâtonnier des tribunaux français, ce dossier aurait reçu du plomb chaud dans l’aile.
D’ailleurs, il est à se demander bien pourquoi François et son aîné Blaise tentent à tout prix de se soustraire à la Justice d’un pays où personne ne risque encore la peine de mort et où ils disent n’avoir rien à se reprocher ? Et visiblement, si François n’avait pas partie liée avec ce quadruple crime, pourquoi craint-il de le proclamer à haute et intelligible voix devant le juge ?
Il aurait pu, comme il l’a fait dans l’affaire David OUEDRAOGO, comparaître depuis devant une parodie de procès, puisque pendant une trentaine d’années le pays était leur exclusive propriété ?
Les dés sont désormais jetés et François a beau courir, il s’expliquera tôt ou tard sur le dossier Norbert ZONGO. Ce n’est qu’une simple question de temps.

Oumarou BOLY


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