Journée mondiale contre l’Accident Vasculaire-Cérébrale : L’AVC est la cause de 60% de décès dans les hôpitaux du Burkina

Publié le mercredi 19 décembre 2018

Le 29 octobre est décrété par les Nations-Unies, Journée mondiale contre l’Accident vasculaire (AVC). Pour marquer cette date au Burkina, la Société de Neurologie du Burkina (SONEB), a organisé à Ouagadougou une conférence publique sur « les facteurs de risques vasculaires et la prise en charge de l’AVC ». Au regard des ravages et la recrudescence de la maladie et le coût exorbitant de la prise en charge, les animateurs de la conférence ont conseillé des actions de prévention.

60% des décès enregistré dans les formations sanitaires du Burkina sont dû au seul AVC. Mais, la bonne nouvelle est que, à en croire le docteur Halidou Kafando, cette maladie est « évitable et contrôlable ». Ainsi, dans sa croisade contre l’AVC et pour permettre aux populations de l’éviter, la SONEB développe des stratégies. L’une d’entre elles consiste à maximiser sur la prévention. Comme quoi mieux vaut prévenir que guérir. C’est pour cela qu’elle fait sienne le triptyque « informer, éduquer, communiquer ». Et dans cette logique, et sur les instigations du Professeur Jean Kaboré, président de la SONEB, une action de sensibilisation sur l’AVC a été organisée. Ainsi, les docteurs Halidou Kafando et Anselme Dabilgou ont disséqué des questions importantes afférentes à l’AVC. Le premier médecin a donné des éclaircissements sur les facteurs de risque cardio-vasculaire comprenant les facteurs modifiables et ceux non modifiables. Mais avant il a expliqué qu’un AVC est provoqué par l’interruption de la circulation sanguine dans une partie du cerveau. Et en absence de sang, les cellules peuvent être endommagées. Il ajoute que ces dommages peuvent avoir différents effets en fonction de la partie du cerveau où l’interruption s’est produite. Ce qui pourrait affecter le corps, la mobilité et la parole. Il en est de même pour la manière de penser et de ressentir de la victime. Le Docteur Halidou Kafando affirme que « l’un des meilleurs moyens d’améliorer le résultat d’un AVC est d’en reconnaitre les symptômes et de solliciter rapidement une aide médicale ». Pour revenir sur les facteurs, Dr Kafando cite l’âge, le genre et l’hérédité comme des facteurs non modifiables. En effet, la pathologie frappe les personnes de tout âge et de tout sexe. Lorsque dans la lignée un ascendant a fait la maladie, on est également disposé à la contracter. Au titre des facteurs modifiables, le conférencier mentionne des facteurs comportementaux comme la consommation de l’alcool, du tabac. Le docteur a expliqué que quel que soit la quantité d’alcool ou de tabac consommée, on augmente son risque d’AVC. D’autres causes comme, la sous-alimentation, le stress, la sédentarité c’est-à-dire l’inactivité physique expose également à la maladie. L’alimentation où la consommation de soda, du sucre, du sel est très élevée au détriment des fruits est également facteur de risque. Le Dr Halidou Kafando, ne cessait de recommander un changement de comportement consistant à la pratique du sport (45 minutes au moins et trois fois dans la semaine), la consommation de fruits et légumes.
Dans la foulée, le docteur Anselme Dabilgou a quant à lui traité le thème « Accident Vasculaire Cérébral. Quelle prise en charge à la phase aigüe ? ». Son intervention a fait ressortir des difficultés notamment une carence en matériels que rencontrent les formations sanitaires dans la prise en charge des AVC. Par exemple, il a évoqué l’absence de véhicules médicalisés qui devraient être utilisés pour le transport des patients qui montrent des signes d’AVC. Le docteur a aussi mentionné l’inexistence de matelas anti escarres qui est un équipement très utile pour la prise en charge de patients à un niveau critique de la maladie. Il a par ailleurs indiqué que les médicaments pour le traitement sont très couteux. Comme son prédécesseur, le Dr Dabilgou a aussi insisté sur l’adoption de comportements permettant d’éviter l’AVC. Si malgré tout la maladie arrive, le docteur assure qu’elle peut être traitée et qu’en collaborant avec l’équipe soignant par le respect du suivi d’objectifs, des progrès peuvent être enregistrés.

Hamidou TRAORE


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