Concours directs 2012 Vivre les réalités pour comprendre les difficultés

Publié le dimanche 3 juin 2012

Deux heures vingt cinq minutes (de 11h 30’ à 13h 55’). C’est le temps que Soungalo Apollinaire Ouattara, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, a passé sous le soleil pour s’imprégner des réalités des dépôts des dossiers des concours 2012 dans le but de multiplier les guichets où besoin se fait sentir. En effet, le 10 mai dernier, soit trois jours après le début des dépôts de candidatures, le Ministre Ouattara, a effectué une visite éclair sur certains sites dont l’ISTIC, le stade du 4 aout en passant par le stade municipal.

Le choix de ces sites se justifie par le fait qu’il s’agit « des sites à problèmes traditionnels » sinon, il y avait au total 15 sites avec 140 guichets répartis dans 30 jurys à Ouagadougou. La visite a commencé par le Centre d’Evaluation et de Formation Professionnelle de Ouagadougou. Il s’agit là d’un des centres de saisie des données des candidats à savoir le choix du concours et du centre, le récépissé et toute autre donnée indispensable sur le candidat.

Cette inspection du ministre sur les sites était plein de symbole pour les candidats de voir leur premier responsable venir vivre leurs réalités. C’était le moment pour les uns et les autres de poser leurs problèmes. Ils semblaient avoir les mêmes préoccupations notamment l’avancée ‘’ à pas de caméléon’’ des rangs. A ce niveau le ministre a été clair : « ce rythme est normal. Rien ne sert d’aller vite et commettre des erreurs de recensement. » A 12h 45, certains candidats disent être lassés d’attendre alors qu’ils sont là depuis 5heures du matin. Immédiatement, d’autres ont reconnu leur responsabilité à ce niveau : les intégrations (un candidat peut venir et par affinité s’aligner devant un autre). « Pour les questions d’intégration ça c’est nous même » a fait savoir un candidat. Et pour le petit test, le ministre demande à un postulant « tu es là depuis quand ? » Depuis 10 heures répond celui-ci. Alors que par derrière un autre fait savoir qu’il est là depuis 5heures. Et Soungalo Ouattara de leur demander une auto-discipline : « Nous comptons sur une jeunesse qui s’auto-discipline, qui se responsabilise ». Pendant ce temps d’autres prétendants se plaignaient du soleil d’aplomb sous lequel ils étaient arrêtés. Certes, il y avait des tentes (pour une 1re fois d’ailleurs mais elles ne pouvaient contenir tout le monde). Le ministre de la fonction publique a trouvé cette préoccupation au delà des moyens dont il disposait et dans un franc-parler a laissé entendre « je ne peux pas couvrir le soleil avec mes dix (10) doigts ».

Le ministre en tête en tête avec les candidats

Des problèmes de programmes ont également été évoqués lors de cette inspection du ministre. Des concurrents qui ont acheté des programmes aux abords des rues, se retrouvent désorientés. Cela a été le cas de Mohamed Dabré sur le site du stade municipal. Dans le programme qu’il tenait en main, il y avait par exemple des imperfections au niveau du concours des éducateurs sociaux. Selon le programme officiel, ce concours se fait à partir du niveau Bac assorti d’un engagement de servir cinq (5) ans en milieu rural. Dans le document de M.Dabré, il n’y avait pas d’engagement et le diplôme souhaité était le BEPC. Le ministre a profité de l’occasion pour attirer l’attention de tous les candidats de se référer toujours aux documents officiels. Ces programmes proviendraient du coté de l’immeuble Lamizana et le ministre de la fonction publique a fait savoir que cet immeuble ne sert plus de source pour une information officielle comme cela se faisait les années antérieures.

Les candidats ont posé également des questions relatives à la ‘’suppression’’ de certains concours (non programmés cette année)Réponse du ministre : cela ne s’est pas fait « de façon mécanique. Il s’agit de besoin administratif, une gestion prévisionnelle ». Une manière de dire qu’il ne suffit plus de recruter parce qu’il le faut mais parce que le besoin se fait sentir : « on ne peut pas ouvrir des concours où il n’y a pas de besoin » dit le ministre Soungalo Ouattara. Pour se faire comprendre davantage, il a pris le cas des gestionnaires des ressources humaines (GRH) dont le nombre est déjà pléthorique au point que certains d’entre eux sentent l’usure de l’oisiveté. Une autre raison avancée par le ministre de la fonction publique, est le coût exorbitant pour l’organisation des concours. Il serait alors irraisonnable d’organiser un concours pour une (1) ou deux (2) personnes qui va occasionner un coût aussi onéreux qu’un concours pour cent (100) personnes. Les concours à faible effectif se feront alors par accumulation pour gagner en termes de moyens. Le Ministre Soungalo Ouattara a tenu à rassurer sur cette nouvelle donne (la non ouverture de certains concours cette année) qui n’entrainera pas la réduction des postes à pourvoir. Loin s’en faut, l’accent sera mis sur un certain nombre de secteurs plus prioritaires à savoir la santé, l’éducation ou encore l’agriculture. Parlant de coût, on estime à 750 millions de francs CFA, l’organisation des concours de cette année. Au total, 51 concours sont ouverts pour 6000 postes à pourvoir. Et comme chaque année, le ministère évalue entre 150.000 et 200.000 candidats pour environ 500.000 candidatures. Cela est dû au fait que chaque postulant dépose au moins pour deux (2) concours.

Par Basidou Kinda


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