Commune rurale de Logobou : « Ces mains invisibles qui siphonnent les recettes municipales » : le maire s’en défend

Publié le mercredi 25 avril 2018

13 conseillers ont déposé une plainte le 11 septembre 2017 contre le maire et son équipe au tribunal de grande instance de Diapaga pour malversations. Le maire Kondioa Yonli est accusé d’escroquerie, de mauvaise gestion des ressources de la commune, après la tenue d’une session le 14 juin 2017. David Ouali, l’un des conseillers municipaux frondeurs, a animé un point de presse le 2 avril dernier quant à la situation dans sa commune. Suite à cela, le maire et son équipe ont fait une sortie le 5 avril pour donner leur version des faits.

Faux et usage de faux, détournements des fonds et de recettes publics, détention illégale des biens publics, escroquerie, menace de mort et conflit d’intérêt (en tant que maire, il s’octroie des marchés en utilisant d’autres entêtes), ce sont là, les accusations portées à l’encontre de Kondioa Yonli, Maire de la commune rurale de Logobou, dans la province de la Tapoa. A en croire David Ouali, les faits remontent au 14 juin 2017. C’est ce jour que le Conseil municipal a examiné la gestion budgétaire 2016 de l’équipe dirigeante de Kondioa Yonli. Cet examen a démontré qu’il y a des « irrégularités » dans les recettes de la commune, ainsi qu’une exagération dans les dépenses de la mairie. Il s’agit de la réalisation de 4 forages à 27 900 000, la construction de trois salles de classes à 20 996 584, de la construction des logements sociaux dans la commune à 22 841 875. Il y a problème parce que ces infrastructures n’existeraient nulle part dans cette commune. En plus de cela, des surfacturations sont observées à plusieurs niveaux. C’est le cas au niveau de la subvention du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS). Selon David Ouali, le représentant a confié n’avoir pas reçu d’argent pour les CSPS. Il aurait fallu que le problème soit soulevé avant que les CSPS n’entrent en possession de leur dû. Au niveau du sport également, il y aurait eu aussi un détournement pour les arbitres. L’un d’entre eux aurait reçu 12 000F, alors qu’en réalité, son service était facturé à 60 000 F. D’autres collègues n’ont eu que 2000 FCFA. Cette session budgétaire a donc donné lieu à de nombreuses contestations. Au vu de toutes ces irrégularités, David Ouali et ses camarades, ont déposé une plainte à la gendarmerie de Diapaga contre le maire et une partie de son équipe. Cette plainte serait restée sans suite selon le porte-parole des conseillers. En lieu et place de cela, le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation a effectué une mission d’enquête.
Ainsi, une mission d’investigation, conduite par les inspecteurs techniques des services du ministère de l’administration a eu lieu du 15 au 20 octobre 2017 à Logobou. Les conclusions de cette mission, contenues dans un rapport ont révélé des décalages de date entre le recouvrement des recettes et leur enregistrement dans le certificat mensuel des recettes. De ce fait, la mission des inspecteurs est parvenue à la conclusion que la gestion financière de la commune de Logobou, connait des insuffisances, eu égard à la compétence des différents acteurs intervenant dans la chaine financière et budgétaire.
Pour David Ouali, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), aurait demandé le retrait de la plainte pour une résolution politique de l’affaire. Il profite ainsi, interpeller le Président du Faso, la justice de Diapaga, l’ASCE/LC, le RENLAC pour qu’ils se penchent sur cette question.

« La gestion de la mairie de Logobou, ne souffre d’aucune anomalie »

La réaction du maire ne s’est pas faite attendre. Dès l’entame de la conférence de presse du 5 avril, le conseiller régional de l’Est, Paripouguini Lompo, au nom du maire, a fait comprendre aux journalistes que cette situation est politique. « Le conseiller David Ouali était aussi candidat au même poste que moi, mais il n’avait pas eu la caution de l’ensemble des autres conseillers MPP » a expliqué le maire. Quoique qualifié d’illettré, le maire par la voix de son conseiller, dit avoir occupé plusieurs postes de responsabilités avant d’être élu maire. Selon le Conseiller, il est reproché au maire d’avoir détourné la somme de 57 millions de FCFA depuis son arrivée en 2016. Chose qu’il trouve aberrante, car il n’en est rien. Ensuite, selon lui, la mission d’investigation n’a pas pu relever des cas de détournements de sa part. « Les conclusions ont révélé qu’aucune recette n’a été détournée, mais plutôt des décalages de dates d’enregistrement des recettes au niveau du trésor de Diapaga » martèle le maire. Il conclut ainsi, que la gestion de sa mairie ne souffre d’aucune anomalie.
Enfin, traitant le conseiller David Ouali de menteur, il défie ce dernier de lui montrer 12 autres conseillers frondeurs qui, dit-il, épousent sa cause. Par ailleurs, il précise que toutes les dépenses incriminées sont en réalité celles de 2016 qui ont été engagées par la délégation spéciale.

Mariam SAGNON (Stagiaire)


Commenter l'article (0)