BICIAB Luc Vidal, l’homme qui défie les lois du Burkina

Publié le samedi 2 juin 2012

Le contentieux qui oppose la direction générale du travail à son désormais ex-agent Sidi Mohamed Guigma a connu une évolution vertigineuse. Sidi Mohamed Guigma vient de recevoir une notification de licenciement dans une lettre datée du 10 mai dernier. Cette décision repose la question du respect des lois sociales par les employeurs au Burkina

 

« les procédures relatives à votre statut au sein de notre entreprise ayant été observées, nous vous notifions par la présente votre licenciement pour compter du 10 mai 2012, conformément à la décision unanime du conseil de discipline du 8 février 2012 qui a acté la faute professionnelle qui vous est reprochée, à savoir la dissimulation d’une différence dans votre caisse, ainsi que la perte de confiance à votre endroit. » En reprenant textuellement les arguments formés contre Sidi Mohamed, la direction de la BICIAB administre la preuve qu’elle n’a que faire de la décision de la direction régionale du Travail des Hauts Bassins qui les avait pourtant rejetés. Le rejet de l’autorisation de licencier par l’institution sociale avait été décidé après avoir entendu toutes les parties prenantes : travailleur et employeur, représentants du personnel et d’autres personnes ressources.

Faut-il rappeler que la différence de caisse (de 30 000) dont parle la direction n’a pas été constatée chez M. Guigma mais plutôt chez le caissier central et si faute il y a elle ne lui est pas imputable. On est en plein dans la théorie du chien prétendu enragé parce que telle est la décision de son maître. Sans doute la direction de la BICIAB sentait que le recours formé auprès du ministre ne pouvait prospérer. En décidant de se passer de cette décision, M. Vidal montre toute la considération qu’il porte non seulement aux lois et aux procédures, mais il s’engage dans une procédure de défiance de l’autorité de tutelle. La direction générale de la BICIAB n’est pas à une défiance près. Convoqués dans une procédure de référé dans le cadre d’une action en réintégration par Sidi Mohamed, les responsables de la BICIAB ont snobé le tribunal du travail. Par deux fois, ils n’ont pas obtempéré. Ce n’est qu’à la troisième fois que leur conseil s’est enfin manifesté et cela sur le tard. Le tribunal a néanmoins accepté d’examiner le moyen prétendument nouveau qu’il avait introduit, mais cela ne semble pas avoir changé grand-chose.

La BICIAB a en effet été sommée de réintégrer (le délibéré a été rendu public ce 22 mai) le plaignant avec paiement de ses arriérés de salaires et une astreinte de 50 000FCFA jour, en cas de retard, et 150 000FCFA de dommages et intérêts. Voilà jusqu’où l’entêtement d’un homme peut conduire. Cet homme a-t-il le droit de s’amuser avec notre argent ? Faut-il le rappeler, la BICIAB appartient à chaque burkinabé, parce que l’Etat est partie au capital social de cette banque. La justice est passée mais il appartient à l’Etat que force reste à la loi. Et ça c’est pas gagné d’avance. On a encore en mémoire les précédents de Total Burkina et de la défunte compagnie Air Afrique. On semble de ce côté plus soucieux de faire bonne figure devant « Doing Business » que d’ exiger le respect des règles sociales qu’on s’est soi- même données.

Nous n’aurons de cesse de rappeler les cas de madame Niodogo, cette autre ex-déléguée du personnel que le tribunal administratif de Ouagadougou vient de rétablir dans ses droits en infirmant le montage juridico-mafieux qui a permis à Luc Vidal de la licencier. Il s’agit là d’un autre cas dont la BICIAB devrait en tirer toutes les conséquences de droit. Sans oublier le cas plus récent de madame Niampa, l’assistante de direction du tout puissant DG. Et nous ne parlons pas de ces nombreux cadres qui ont dû émigrer vers d’autres cieux parce que l’atmosphère était devenue invivable à la BICIAB. Le cas de Luc Vidal est un véritable défi à l’autorité de l’Etat, sommé de montrer son sens de l’équité et de la justice !

En rappel, la BICIAB est une filiale de la BNP Paribas.


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