Adieu Natama : « Venu avec le souffle de la vie, tu repars avec le vent de l’espoir »

Publié le mercredi 20 février 2019

Arraché à l’affection de sa famille le 18 mars dernier, le leader, le diplomate, sénateur (JCI) et ambassadeur a été accompagné à sa dernière demeure, le 22 mars dernier à Ouagadougou. Parents, amis, collègues, frères d’arme, collaborateurs…sont venus exprimer leur compassion et soutien à la famille éplorée mais également lui dire adieu.

Il repose désormais au cimetière de Gounghin. Jean Baptisme Natama ! Ce nom évoque pour la plupart des citoyens burkinabè ce candidat qui lors des élections présidentielles de 2015 a dit non à l’aide de l’Etat octroyée aux différents candidats pour battre campagne. Nul besoin de rappeler que des projets d’envergure nationale, il en avait. C’est à 54 ans qu’il a été brisé dans son élan par la faucheuse et sans avoir eu le temps de dire Adieu. « Je me demande pourquoi ! Il avait des projets et on ne s’y attendait même pas »dira son frère cadet Abel Natama. Pour le prêtre présent, « on ne meurt jamais sans avoir été quelque part à un moment utile a quelqu’un ». Mais Jean Baptiste Natama aura été non seulement utile pour son pays mais aussi pour toute l’Afrique à travers les différents postes occupés comme leader, diplomate et ambassadeur.
Au cours de ces moments douloureux la parenté à plaisanterie s’y est invitée. Salifou Ouédraogo président de l’association gourmantché-yadsé et Rasmané Ouédraogo représentant également l’association et parent à plaisanterie du défunt sont venus à leur façon soutenir la famille. « Etant parents à plaisanterie, nous partageons les mêmes joies et peines et aujourd’hui nous sommes dans une situation de peine. On doit savoir apaiser cette douleur en y introduisant la parenté à plaisanterie pour soulager les cœurs meurtris. Cette peine ne devrait pas nous emporter. Nous sommes également là pour accompagner notre grand frère, fils et petit-fils à sa dernière demeure ». « Il n’a jamais baissé les bras et c’est ce que nous devons faire sinon il ne sera pas content de nous » poursuivra-t-il.
Le représentant de la jeune Chambre Ouaga Soleil (dont le défunt a d’ailleurs assuré la direction), présent à ces lieux retient du défunt un homme courageux, volontaire, droit et humain.
Pour le prêtre lorsque la mort ravit un être cher, les souvenirs et le désarroi se bousculent dans les esprits. Mais il faut s’efforcer de se souvenir du parent, du proche, du confident, de l’ami et de l’homme exceptionnel qu’il a été dans nos vies. Jean Baptiste NATAMA est venu avec le souffle de la vie dira-t-il mais il est reparti avec le vent de l’espoir. L’espoir d’avoir accompli avec les vivants un pas vers la liberté.

Assita SANOU

Jean Baptiste NATAMA est né le 30 Aout 1964 a Léo dans la province de la Sissili. Après son certificat d’étude primaire obtenu en 1976, il est inscrit au prytanée militaire du Kadiogo d’où il sortira avec son diplôme de préparation militaire supérieur et le diplôme de bachelier de l’enseignement du second cycle. Dès lors il entame la carrière militaire qui le conduira dans les prestigieuses écoles de formation militaire à Pô au Burkina Faso, au TOGO, en France et au Maroc. Il est nanti d’une licence en philosophie, d’un diplôme d’études approfondies en droit et d’un diplôme d’études spécialisées DESS en stratégie et diplomatie. Au cours de sa carrière professionnelle, il assume de hautes fonctions militaires. Il a également servi dans l’administration civile comme diplomate lorsqu’il a été mis à la disposition du ministère des affaires étrangères en 1993. A ce niveau, il s’est consacré au « maintien de la paix en Afrique » en prenant part à plusieurs opérations de l’Union Africaine et des Nations unies notamment dans les grands lacs et au Darfour. Sur la base de ses compétences en relations internationales, il a été sollicité en 2006 par le gouvernement pour occuper le poste de secrétaire permanent du mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) et du Nouveau Partenariat pour l’Afrique et le Développement. Il dirige à ce poste l’écriture du rapport du MAEP sur le Burkina Faso, un rapport publié en 2008 très critique vis-à-vis du régime de Blaise Compaoré. En 2012, il est appelé par la présidente de l’Union africaine Mme Zuma pour diriger son cabinet. Il en démissionne en 2015 pour se présenter à la présidentielle de novembre de la même année dans son pays. Au-delà du combattant et diplomate, il a également été un littéraire passionné. Il laisse plusieurs ouvrages et publications à la postérité.

A. S


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