Ministère des sports et des loisirs : Les bons points du nouveau ministre

Publié le mercredi 20 février 2019

Le nouveau ministre des sports, Daouda Azoupiou a marqué des points à travers son approche très innovatrice dans son premier contact avec les structures du monde du sport. A présent, on attend qu’il prenne les bonnes décisions.

Le nouveau ministre des sports, Daouda Azoupiou, ce n’est pas faux de dire qu’il n’est pas un produit du cru. Appelé à la tête du département, il doit d’abord découvrir le monde du sport afin de bien asseoir sa vision. Pour les acteurs du monde du sport, on attend de voir à quels rythme, vitesse et intensité la chose sportive sera gérée. Partant, les premiers pas de la nouvelle autorité sont scrutés, chacun voulant se faire une opinion. Pendant ces prises de contact, le ministre Azoupiou n’est pas toujours à l’aise dans le jargon sportif. Il le sait d’ailleurs. C’est pour cela qu’il est souvent aphone. Mais il marque vite des points dans la forme de son approche. Le journaliste sportif que nous sommes voit passer le 9e ministre des sports. Mais jamais un ministre ne s’est déplacé vers les fédérations sportives pour établir son premier contact. C’est une première que le nouveau ministre est en train de réaliser. Il a quitté son bureau feutré pour se rendre aux sièges des différentes fédé les unes après les autres pour toucher du doigt leurs réalités. La réalité des sièges des structures sportives est révélatrice de leur gestion et de leur situation réelle. Sur le terrain seule une fédération, celle du football est bien lotie. Elle dispose de son siège qu’elle peut faire visiter à n’importe quel visiteur sans pâlir. Exception faite de ce cas du foot-roi, les autres fédé vivent des situations minimalistes à des degrés différents. Il y a d’abord le lot des fédé les moins mal loties. Leurs sièges sont des réduits mais au moins elles les en ont. Car il y a pire. Des organisations sportives se résument au sac de leur secrétaire général ou de leur président ! Evidemment, il ne faut pas être étonné que le patrimoine de la fédé soit confondu à celui du président. Il n’y a rien d’étonnant que le secrétaire général, quand vient le moment des élections s’il n’est pas reconduit s’évanouisse avec lui la mémoire de la structure. En un mot, on trouve ici la cause profonde de la mauvaise gestion de nos associations sportives. En faisant son tour de propriétaire, le ministre Azoupiou a dû se rendre compte que le sport ne peut donner les résultats escomptés s’il n’est pas appuyé sur un minimum organisationnel. Sous la transition, le col David Kabré, alors appelé au ministère avait mis la main là où il fallait de façon conjoncturelle. Il avait loué un immeuble à 3 niveaux pour abriter le gros lot des fédés, « les sans domiciles fixes (SDF) » ou celles qui sont logées indécemment dans des box. Mais la fin de la transition a également mis un terme à cette solution. Dans quel sens iront les sports sous la houlette de leur ministre actuel sur cette question ? La construction du sport national passe par plusieurs défis. Les besoins sont énormes. Et toutes les solutions doivent être envisagées si l’on veut des résultats probants. A ce propos, une solution à portée de main qui semble être moins considérée. En effet, grâce à la coopération nipponne, le Comité national olympique et des sports burkinabè (CNOSB) a pu réaliser un complexe sportif au cœur de l’antre du sport, l’INJEPS. L’ouvrage dispose d’une capacité d’accueil impressionnante pouvant servir de sièges à une large majorité des 27 fédérations sportives reconnues au Burkina. Mais les bâtiments sont peu exploités pour l’heure. La faute à l’absence de connexion au réseau électrique. La facture s’élève à environ 30 millions de FCFA pour faire descendre l’électricité au moyen d’un transformateur qui reste à acquérir. Il se trouve que le donateur a laissé ce volet de la dépense qu’il considère comme un domaine de souveraineté nationale au Burkina. Mais le CNOSB ne dispose pas de ce montant. Pourquoi le ministère des sports ne sauterait-il pas sur la question pour offrir des sièges aux fédé ? Le CNOSB étant la fédé mère de toutes les fédé, ce n’est pas elle qui demandera à encaisser. La sortie de terrain du ministre doit lui permettre de voir ce genre de question mais surtout d’aller dans ce sens. Il est vrai qu’il se dit porteur d’un message du chef de l’Etat qui en appelle à la mobilisation, au combat pour des résultats, mais dans un petit coin de sa tête, les problèmes que lui égrènent les structures fédérales germent des solutions qui, pour certaines devraient être urgentes. C’est à ce prix que le ministre Azoupiou parviendra à trouver sa place dans ce monde du sport burkinabè.

J J TRAORE


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