Mairie de Ouagadougou : Des seuils d’approbation des marchés publics, on en reparle !

Publié le jeudi 29 mars 2018

Le maire Behouindé Armand a remis sur la table le polémique dossier des seuils d’approbation des marchés publics. On se souvient que le 18 janvier dernier à la première session de l’année, les conseillers municipaux de l’opposition l’avaient obligé à retirer les trois délibérations querellées. Il s’agissait des délibérations portant seuils d’approbation des marchés de gré à gré, des appels d’offres restreints ainsi que ceux pratiqués au niveau de la commission d’attribution des marchés. Les seuils pour les deux premières délibérations qui étaient de 50 millions devaient passer à 500 millions tandis que le seuil pour la commission d’attribution des marchés qui était de 100 millions passe à 1 milliard. Inadmissible avaient crié à l’unisson les conseillers frondeurs qui ont usé de sifflets stridents pour imposer leur dictat. Faisant mauvaise fortune bon cœur, le maire Behouindé avait levé la session en formulant le vœu que la nuit portera conseil. A la reprise de la session le lendemain, les trois délibérations problématiques ne figuraient plus dans l’ordre du jour, le maire Behouindé habité par la sagesse, (la nuit a effectivement porté conseil) les ayant retirés, non sans avoir constaté et regretté l’impossibilité d’obtenir un accord autour de son projet. Aux journalistes, le bourgmestre un tantinet amer avouait :il y a un déficit de communication. On ne peut que le féliciter de cette franchise. C’est en effet l’aveu clair et franc que le dialogue n’est pas la chose la mieux partagée au sein du Conseil municipal de Ouagadougou. Le constater c’est déjà un début d’une prise de conscience qu’il y a quelque chose à faire.
Il nous revient que le… les trois délibérations en question sont revenues sur la table du Conseil municipal. Cette fois, elles ont été adoptées sans les cris d’orfraie que nous avons connus la dernière fois. Des éclats de voix il y en a certes eu, à en croire une source. Les conseillers de l’opposition n’ont pas entériné les délibérations mais ils n’ont pas quitté la salle, mieux la même source introduite nous apprend qu’ils ont même été d’une contribution positive.

« L’évolution des seuils d’approbation des marchés publics ne doit pas être une opération politicienne. Elle doit être à la fois utile et efficiente dans l’intérêt des populations de la commune. Evidemment il ne suffira pas de le déclamer pour emporter l’adhésion de l’opposition »

Cette évolution est à notre avis la résultante de deux engagements croisés. D’abord du côté du maire Behouindé, il a fallu mieux expliquer son projet et donner des gages à l’opposition. L’évolution des seuils ne doit pas être une opération politicienne. Elle doit être à la fois utile et efficiente dans l’intérêt des populations de la commune. Evidemment il ne suffira pas de le déclamer pour emporter l’adhésion de l’opposition. Et c’est là que cette dernière aurait fait montre à la fois de pugnacité et de pertinence. Sachant qu’elle ne peut empêcher le vote des délibérations, elle s’est intéressée à la mise en place de dispositions de contrôle et de suivi. Entre autres, le maire devra se soumettre et cela de façon stricte au devoir de redevabilité. Difficile de faire obstacle à des requêtes légitimes surtout quand on assure la main sur le cœur qu’on n’est guidé que par l’intérêt des citoyens de sa commune. Au finish, on doit reconnaître l’élégance de la démarche des conseillers de l’opposition qui, après avoir joué les idiots utiles ont fait montre d’un sens de la responsabilité et du souci de protection des ressources publiques. Le message qu’ils laissent par leur refus de donner quitus au maire, peut être entendu comme celui de la méfiance à l’encontre du bourgmestre et son équipe et plus généralement à l’encontre du MPP, qui à leurs yeux ne sont pas des exemples de vertu. Ils ont sans doute leurs raisons et ils sont surtout dans leur rôle.
Comment ne pas penser à cette autre chambre, celle des députés qui sur cette autre question du PPP a plutôt recherché une victoire à la hussarde. Peut-être qu’avec un peu de pédagogie et de méthode on aurait pu éviter la rupture. On dit que la vie est un apprentissage permanent. Il faut donc espérer que s’installe durablement dans notre pays une culture du dialogue et de la tolérance

Par Germain B. NAMA


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