« Prix Macky Sall du dialogue en Afrique » : Une consécration panafricaine de Naaba Bãogo

Publié le mercredi 20 février 2019

L’année 2017 s’achève sous de bons augures, par une reconnaissance panafricaine de Naaba Bãogo, 37e souverain du royaume de Ouagadougou. Sa Majesté a été en effet honorée par une récompense à l’échelon africain. Le « Prix Macky Sall du dialogue en Afrique » lui a été décerné ce 22 décembre à Ouagadougou. Doté d’un trophée, symbolisant un baobab, d’une médaille et d’un chèque de plus de 32 millions de francs CFA, cette distinction reconnait et récompense le rôle central joué par le souverain dans l’issue heureuse de la crise de septembre 2015 (coup d’Etat du Général Gilbert Diendéré). Un cadeau du président sénégalais en quête de pardon pour le rôle assez trouble qu’il a joué lors de sa médiation dans ces événements pour le compte de la CEDAO ? Assurément pas ! Le jury du prix est indépendant, tout comme l’est, du reste, son initiateur, le Centre Indépendant de Recherche et d’Initiatives pour le Dialogue politique et social en Afrique (CIRID). Une ONG fondée en 1996, à Genève (en Suisse), par le diplomate et écrivain burundais, Déo Hakizimana, et qui a institué ce prix le 2 juin 2016, avec pour parrain le Président Macky Sall du Sénégal. A travers ce prix, c’est l’extraordinaire qualité de dialogue du souverain et son action positive sur l’échiquier national qui sont reconnues à l’échelle du continent. Cette distinction couronne une posture unique en son genre, faite de longues années d’efforts et d’humilité pour contribuer à la consolidation de la paix et au dialogue social au Burkina.
La distinction du souverain est d’autant plus remarquable que, pour cette première édition de ce prix, des nominés de taille se bousculaient au portillon, tels les évêques de RD Congo, qui ont aussi œuvré dans leur pays pour l’accord de paix de la Saint-Sylvestre lequel n’a pu, hélas, tenir toutes ses promesses. La réussite du dialogue burkinabè a sans doute été déterminante. Comme quoi, il n’est point besoin de se jeter à corps perdu dans l’arène politique pour être utile à son pays. Chacun, à la place naturelle qui est la sienne, soit dans un système ecclésial, soit dans un système traditionnel ou autre, peut servir au mieux son pays. Avis à nos têtes couronnées qui se bousculent aux portes du pouvoir politique dans un étonnant mélange des genres. Alors même que c’est à la place naturelle qu’elles occupent qu’elles peuvent être peut être plus efficaces. Beaucoup de ces têtes couronnées ont perdu foi dans le système traditionnel dont elles continuent, cependant et imperturbablement, la perduration mécanique. A l’inverse de Naaba Bãogo qui, lui, a toujours fait confiance à l’extraordinaire qualité du résidu solide et millénaire que ces illustres ancêtres, bâtisseurs de royaumes, lui ont légué. Le souverain de Ouagadougou est assurément un grand baobab.

AL


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