La cedeao montre des dents

Publié le samedi 2 juin 2012

La cedeao a haussé le ton, à 48 heures de la fin de la période de l’intérim. Kadré Désiré Ouédraogo a menacé les membres de la junte et leurs soutiens civils de sanctions individuelles et collectives s’ils entravaient le processus « laborieusement mis en place par les chefs d’Etat de la communauté ». Le président de la commission n’a pas détaillé les sanctions encourues « individuellement ». Par conte ce qui est déjà dans le pipeline « c’est l’activation automatique » de l’embargo diplomatique, financier qui avait été déjà imparfaitement appliqué contre le Mali.

Si l’attelage actuel « Dioncounda-Diarra » était empêché de fonctionner, les sanctions seraient automatiques. Un cas de figure qui mettrait rapidement le Mali à genou. L’économie du pays est totalement désorganisée, depuis le 22 mars. Les militaires se sont violemment pris aux institutions de l’Etat, détruisant les régis financières du pays. L’accord cadre qui a rétabli les institutions et la constitution n’a pas permis la reprise des activités dans l’administration. Les travailleurs ne seront pas payés, pour le deuxième mois consécutif à la fin mai. Les ressources se font de plus en plus rares. La junte qui a pillé les régis dispose d’un trésor de guerre avec lequel il paye une partie de l’armée. Pendant combien de temps peut-elle encore tenir ? Il est difficile de l’affirmer. Par contre la société d’électricité du Mali a prévenu, dans une récente conférence de presse de son directeur général, qu’elle ne tiendrait pas une semaine, si un nouvel embargo devait être imposé au pays. Déjà les maliens vivent des délestages plus ou moins sévères.

Depuis le départ de Dioncounda pour des soins en France et la décision des partisans de la junte d’investir Sanogo, comme président de la transition, le pays retient son souffle. L’investiture annoncée à la fin de la convention des pro putsch, devrait avoir lieu ce 25 mai. Mais jusqu’au moment où nous mettions sous presse, la réponse du capitaine Sanogo n’était pas connue. Franchira t-il le Rubicon ? Comment la grande masse de maliens silencieux vont-ils réagir ? La survie du pays est engagée.

 

Au moins 25 Burkinabè tués dans des violences à la frontière avec le Mali

Au moins 25 Burkinabè ont été tués entre mardi 22 et jeudi 24 mai 2012 lors
d’affrontements intercommunautaires à la frontière entre le Mali et le Burkina
Faso, a-t-on appris auprès du gouvernement burkinabè. Le ministre burkinabè de
l’Administration territoriale, Jérôme Bougouma, a déclaré à l’AFP qu’« un
conflit intercommunautaire entre Peuls originaires du Burkina Faso et des Dogons
maliens » survenu dans le village malien de Sari (centre), à quelques kilomètres
de la frontière, « a fait 25 morts au moins côté burkinabè ».

Source : RFI


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