« Nous sommes exclus du comité de suivi du CCRP »

Publié le samedi 2 juin 2012

A l’orée du premier anniversaire du parti de l’Union des Forces Centristes (UFC) créé le 25 mai 2011, son président Issa Balima nous a rendu visite. L’UFC se veut le cadre de réflexion et d’action politique de la jeunesse burkinabé. L’équipe de rédaction a voulu en savoir davantage sur la situation actuelle du comité de suivi du CCRP et ce qui prévaut au sein de l’opposition qui semble divisée sur sa participation à la mise en œuvre des conclusions du CCRP.

 

Quel est l’objet de votre visite à l’Evénement ?

C’est une visite de courtoisie que nous avons programmée pour tous les organes de presse qui nous ont accompagnés et ça se poursuit aujourd’hui avec l’Evénement. Demain nous seront ailleurs et ainsi de suite et nous aurons l’occasion de dire de vive voix merci à toute la presse dans toutes les composantes qui nous ont accompagnés depuis que nous existons.

 

Comment voyez-vous les élections législatives et municipales couplées avec le nouveau report des élections et le retard dans l’enrôlement biométrique ?

Optimiste nous le sommes mais nous pensons qu’au-delà de l’optimisme, il faut que tous les acteurs soient nettement conscients de leur responsabilité pour sortir de la situation de méfiance généralisée et enfin s’engager pour qu’on dote à notre pays des institutions démocratiques véritables. Le Burkina n’a pas seulement besoin d’une alternance, il a aussi besoin d’une réconciliation forte de cœur de ses fils et filles. Il a aussi besoin d’alternance car il n’y a pas de démocratie véritable sans alternance. Donc il faut que les deux soient défendues avec la même rigueur, avec la même responsabilité pour qu’on apaise et fidélise le débat politique burkinabé.

 

Est-ce que ça veut dire que vous avez entièrement confiance à la CENI aujourd’hui ? A vous entendre parler il n’y a pas de problème.

Ce n’est pas une confiance qui n’exclut pas le contrôle. Nous n’avons pas de raison majeure de dire que nous n’avons pas confiance à la CENI actuelle parce qu’on attend de la juger au travail puisque jusque-là elle tient un discours qui nous parait acceptable. Nous pensons que jusqu’à ce qu’elle démérite, notre confiance est là, on la suit avec toute la prudence possible et on espère qu’il y va de l’intérêt de tout le monde que tout se passe bien.

 

Quelles sont vos ambitions pour les consultations électorales à venir ?

Nos ambitions que ce soit l’opportunité pour la jeunesse burkinabé de s’affirmer, de s’assumer pour une meilleure présence à l’Assemblée nationale sous la bannière de l’UFC pour mieux faire entendre la voix de la jeunesse. Quoiqu’on dise la jeunesse a pendant longtemps confié son sort à des gens qui ne s’en préoccupent pas.

 

Etant donné que vous êtes un nouveau parti, allez-vous soutenir un parti pour les élections futures ?

En la matière il n’y a pas lieu de soutenir un parti. Que ce soit individuellement, en alliance ou en coalition, l’UFC est assez prête pour les élections et nous pensons qu’aucune piste n’est exclue. Nous sommes en débat avec d’autres partis frères, d’autres camarades et pour ne pas trahir le secret des discussions en temps opportun on précisera avec qui, dans l’objectif de promouvoir les vertus de la démocratie.

 

Vous avez pris part aux assises nationales sur le CCRP, êtes vous confiant par rapport à la mise en œuvre des recommandations aujourd’hui ?

Nous avons pris part aux assises nationales. C’est vrai que même un comité national de suivi de la mise en œuvre a été dégagé mais je dois dire qu’au nom des 12 partis qui ont récusé les représentants de l’opposition au comité de suivi, que nous avons de fait suspendu notre participation. Les ponts sont coupés aujourd’hui entre les douze qui ont récusé les représentants de l’opposition au comité de suivi.

Que s’est-il passé exactement ?

En résumé les représentants de l’opposition au comité de suivi devaient s’assujettir à un règlement intérieur. Et pour respecter le devoir de redevabilité vis-à-vis de tous les partis ayant pris part aux assises et voire l’ensemble de tout notre peuple et devant agir au nom du peuple, il faut un minimum de transparence. Cette exigence de transparence entre les acteurs a fait que finalement une majorité de 12 partis sur 20 ayant pris part aux assises ont fini par récuser purement et simplement les représentants de l’opposition au comité de suivi parce qu’ils n’entendaient rendre compte à personne. Le problème a été posé au plus haut niveau et le Ministre d’Etat chargé des réformes nous a promis des solutions et même des discussions en vue de dégoupiller la situation mais celles-ci sont restées lettres mortes. Alors la partie qui récuse est de fait exclue du processus pour dire la vérité.

 

Cela veut dire qu’aujourd’hui vous ne participer plus au suivi de mise en œuvre ?

Non, nous ne savons pas ce qui se passe comme tous les acteurs nationaux. Comme la presse nous apprenons aussi les choses comme ça. Les travaux se poursuivent alors que nous avons posé un problème de confiance entre les représentants de l’opposition. Le ministère a trouvé que la désignation était régulière comme si c’était un problème de régularité du scrutin alors que nous savons clairement que jamais le Ministère n’a été vu comme une institution chargée de certifier des élections au niveau de l’opposition. Les partis récusés n’ont pas quitté mais nous nous n’y reconnaissons pas, car ils ne rendent pas compte au reste de l’opposition et à l’ensemble du peuple. C’est des représentants du MTP de Nayamb-tigoungou et du parti Indépendant de Maxime Kaboré et Adama Séré du RDEB de Ram Ouédraogo.

Cette situation donne raison au chef de file de l’opposition qui doute de la sincérité du pouvoir alors ?

Ce que le chef de file de l’opposition avait justifié au départ pour la non participation aux assises lui est personnel. Nous estimons que cela n’a pas de lien avec ce que nous avons vécu aux assises pour lui donner raison. Nous respectons la position de l’opposition, toutefois nous estimons qu’il n’y a que par le dialogue sincère que l’on peut sortir le pays de l’impasse n

 

Interview réalisée par

Michael Pacodi


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