Asfa-Y : Rien ne va plus, faites vos jeux !

Publié le mercredi 20 février 2019

L’ASFA-Y est avant dernier du championnat après 6 journées. Pour une équipe habituée à jouer le titre, on comprend que les supporters aient terriblement mal dans leur peau. Et comme cela se devait, Malik Jabir a été prié de libérer le banc de touche. Cela suffit-il à sauver la vieille dame ? La gestion actuelle du club ne semble pas annoncer des lendemains sereins !

Exit Malik Jabir ! Et bienvenu le Malien Cheick Omar Koné. Ce mouvement de chaise musicale à la tête de l’encadrement de l’ASFA-Y fait sourire. En effet, que ce soit l’entraîneur sorti ou l’entrant, tous d’eux faisaient leur come-back sur le banc de touche de l’ASFA-Y. Mais Malick a déjà échoué, sans être un oiseau de mauvaise augure, on attend le cas Cheick Omar. Sur la question, nous sommes animés de la conviction suivante : un coach, c’est comme le temps qui s’écoule, il ne se rattrape pas. Rarement les come-back en la matière ont apporté les fruits escomptés. En plus, quand les dirigeants font preuve de myopie dans leur jugement allant sortir un vieil entraîneur comme Jabir ayant raccroché il y a belle lurette et qui plus est, n’avait plus de rapport avec le milieu, juste pour cause de nostalgie des bons moments jadis passés à la tête du club, le résultat est connu d’avance. Et quand on sait comment ce technicien a été remis sur selle, on se dit que l’ASFA-Y a incontestablement mal à ses dirigeants. Au début de la nouvelle aventure de Malik Jabir, il était question de faire de lui un Directeur technique. Il aurait la charge de trouver les hommes qu’il mettrait à la disposition du staff technique. Mais dans la nouvelle ASFA-Y, les choses ne se font toujours pas comme prévues. A l’arrivée du coach en provenance du Ghana, le président Gabriel Béréroudougou alias Sangchaud qui ne le connaissait pas à ce qu’il semble se rend à son hôtel et découvre un vieillard physiquement conservé. C’est là que tout va changer, au vu du technicien Ghanéen, le président aurait dit qu’il ne faisait pas son âge et partant il pouvait entraîner. En fait, la vraie raison du président Sangchaud est pécuniaire. En effet, l’ASFA-Y en recrutant un directeur technique se devait de recruter un coach également. Et au regard des ressources limitées, le club a fini par transformer le DT en coach.

Les incohérences

Les moyens financiers du club, parlons-en. En début de saison, Seydou Diakité avait disponibilisé une enveloppe pour renforcer les Jaune et vert. Cet argent a été drastiquement réduit avant même que les recrutements ne s’opèrent. Le président Sangchaud aurait puisé dans cet argent pour payer les avances faites au club durant l’année sportive écoulée. Ainsi, ce qui en restait ne suffisait plus pour attirer de gros poissons. Pendant qu’une partie de l’argent était partie dans d’autres causes, le club libère curieusement la quasi-totalité de son effectif de l’année passée. Tout se passe comme si ceux qui prennent la décision de libérer les joueurs étaient enfermés dans leur bloc et dans un autre ceux qui détiennent les ressources, et cela sans possibilité de communiquer entre les deux ! Sinon comment expliquer qu’on vide son monde quand on n’a pas de moyens d’en prendre de qualité meilleure ? Dans les perches, il y avait un certain Adama Compaoré, gardien titulaire des Etalons locaux. Il a été prié de faire ses bagages. Par qui ? On se rejette la balle à l’ASFA-Y. En effet, après le départ de ce portier, il s’est avéré que son remplacement était problématique. Malik Jabir est arrivé avec un gardien dans les bagages, mais ce n’est pas une lumière. Du coup, on s’est mis à regretter Compaoré. Dès lors, la question de savoir qui l’a viré a été posée. Et personne ne semble se reconnaître dans cet acte. Une mission a été envoyée chez le gardien pour le prier de réintégrer la famille Jaune vert. Mais l’intéressé a opposé une fin de non-recevoir. Le latéral gauche, Réné Zoungrana, formé au club a été de son côté un cas d’école assez symptomatique du pilotage à vue en vigueur dans la famille Jaune Vert. Ce joueur, fort de son expérience en D1 a été mis à la porte pour faire place à un joueur de D3, Jean Soma qui évoluait à Dédougou. Décidément l’ASFA-Y a sa logique que la logique elle-même ignore. Le résultat le leur rend bien. Habitué à jouer le titre, le club est rangé à une insultante 14e place sur 15. Il n’a pu faire mieux que le Santos uniquement ! C’est dans ce contexte que l’entraîneur Malik Jabir a été contraint de laisser le banc de touche pour plus fort.

Malik Jabir totalement dépassé

Il faut dire que le technicien Ghanéen a vraiment prouvé qu’il a perdu sa lucidité et sa rigueur légendaires. Son sens de jugement des joueurs est tombé au niveau zéro. On se souvient que le Malik Jabir, alors coach des Etalons du Burkina répondant à une question de la presse sur la raison de sa défaite après un match avait été très sévère sur son appréciation des joueurs à sa disposition. Dans son franglais il avait répondu « Aba to wing waaah ? Où est djouair ? ». Littéralement traduit : « Aba, gagner waaah ? Avec quels joueurs ? » C’est-à-dire qu’il savait reconnaître le bon joueur et quand donc il disait ce joueur est bon, c’est qu’il l’était effectivement. Mais voilà, Jabir de 2017 s’est pointé avec dans ses bagages 7 joueurs. Et sur l’ensemble de cet effectif seuls 2 étaient moyennement acceptables ? Il ne faut pas se faire d’illusions, même le grand Malik à l’épreuve du temps fait preuve de jugement erroné. C’est encore la preuve que l’ASFA-Y ne devait pas perturber ses vieux jours qu’il coulait à Kumasi loin des terrains. Et l’ayant su au bout de 6 journées, les protégés de la Princesse Yennenga auraient dû simplement le révoquer sans autre forme de procès. Mais non, on l’a conservé. Il retrouve son poste de Directeur technique pour lequel il a été engagé. Nous ne savons pas si c’est encore pour des raisons économiques que cette décision a été prise. Car le viré aurait pu avoir un coût pour racheter son contrat. Mais la forme actuelle ne sera pas non plus sans conséquence. Déjà sur les conditions de séjour, ça coince. En effet, la voiture que Fadoul avait mise à la disposition de l’entraîneur est entre les mains de Jabir. C’est lui également qui occupe la maison du coach située non loin du terrain. Le Malien Cheick Koné a été logé à Somgandé. Pour avoir été déjà entraîneur, il sait qu’il y a une villa à deux pas du terrain d’entraînement du club qui devait lui revenir. Comment espérer un bel esprit de collaboration entre les deux hommes si l’un sait que c’est à cause de l’autre qu’il n’a pas tous ses privilèges. Mieux, il sait que ce dernier a échoué au poste pour lequel on l’a fait venir. Du reste le poste de directeur technique a toujours été mal perçu en Afrique. Il passe difficilement. Le DT est celui-là qui va faire les recrutements. Ce n’est pas du goût de l’entraîneur qui sait qu’il est jugé aux résultats et il est le premier fusible qui saute en cas de contre-performance. Il voudrait de ce fait conduire les opérations de choix des hommes pour ne pas être ce général qui va en guerre avec les hommes d’un autre. Tout ceci n’augure pas de s lendemains meilleurs surtout que la situation financière du club est catastrophique. L’avenir s’annonce sombre. Car la tension de trésorerie au sein du club est réelle. Selon nos sources, les dirigeants pour avoir une petite capacité de paiement ont été contraints de négocier pour que la Fédération burkinabè de football leur reverse la totalité de la subvention annuelle aux clubs. Autrement dit, au moment où les autres formations sportives prennent la moitié de la subvention, l’ASFA-Y a déjà absorbé la totalité de sa subvention. Conséquence, cette source est tarie. Bon sang comment un monstre de notre championnat comme l’ASFA-Y peut tomber si bas ? Décidément et comme on a l’habitude de dire, dans le monde du sport, les choses vont vite. Mais là, c’est plutôt top vite !

J J TRAORE


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