Ne perdons pas de vue la mauvaise campagne agricole

Publié le jeudi 7 décembre 2017

« Dans un pays qui vit et respire la campagne, ce serait un sacrilège de faire continuellement un black-out sur la dynamique de nos campagnes. Elles nourrissent le Faso et s’oublient elles-mêmes. Et pourtant, elles sont l’espoir et la lueur de nos villes éclairées. Elles nous écoutent et nous voient constamment dans les médias, mais sont inconnues de nous. Elles sont emmurées dans le silence mais travaillent dur comme jamais pour nous nourrir. Ce sont les plus nombreux mais contrairement au slogan bien connu leur nombre n’est nullement une force. » En rappel, la saison passée n’a guère été meilleure pour les braves paysans. Si l’année dernière, il y a eu une pluviométrie acceptable, les oiseaux granivores ont joué un rôle dommageable. Ils ont dévasté la plupart des champs. A la récolte, le dépit était grand de constater que l’épi de mil ne contenait aucune graine. A Réo, un paysan a tapé tout son mil sorti de son champ d’une dizaine d’hectares sans même pouvoir en sortir six plats (ceux que les femmes utilisent au marché pour mesurer les céréales). Cette année également, c’est la désolation dans nombre de zones agricoles. L’état des champs désertiques où un épervier peut prendre un poussin en dit long. Dame pluie n’ayant pas été suffisamment au rendez-vous, les récoltes ne sont pas bonnes. C’est dire que beaucoup de Burkinabè sont dans le doute. Ils ne savent pas à quel saint se vouer. L’horizon est sombre. C’est dans la même dynamique que des paysans ont manifesté le 27 octobre dernier à Boromo et Houndé pour dénoncer l’engrais de mauvaise qualité que la SOFITEX leur aurait vendu pour la saison cotonnière 2017/2018. A les entendre, la qualité des intrants (engrais, semences, herbicides) a eu un effet négatif sur les rendements. La production de coton cette année n’a pas été bonne non plus. Quand on connaît la place qu’occupe le coton dans l’agriculture burkinabè, quand on sait le nombre de cotonculteurs dans la chaîne, il faut craindre que de nombreuses familles se retrouvent en difficultés.

« Il importe de suivre de près la situation peu reluisante de la campagne agricole. En premier lieu ce sont les paysans qui sont concernés. Mais en réalité, nous sommes tous concernés. Quand c’est dur pour le paysan, vous pouvez être sûr que le citadin relié par mille canaux à la campagne en pâtira. »

Voilà bien des sujets vitaux qui sont noyés dans les buzz du moment. Comme les Burkinabè en raffolent à souhait. Simon Compaoré a fait son buzz. Il a même créé des mots. Tranquilos en est devenu le plus célèbre. Un citoyen ne s’est d’ailleurs pas donné de la gêne pour baptiser son maquis Le Tranquilos. Un débit de boisson où certains Burkinabè iront bien se soûler la gueule, noyer leurs idées et devenir du même coup inféconds sur les enjeux du moment comme c’est le cas de la campagne agricole. Quand on leur parlera, ils répondront tout simplement : Tranquilos ! Que dire du dernier buzz en date ? Celui créé par le désormais ex ministre de la culture et du tourisme, Tahirou Barry. L’homme, faut-il le rappeler a claqué la porte du gouvernement traitant ses pairs de « vieux cow boy » et continue de faire du son autour de l’incident sur son interview annulée à la RTB. L’opinion publique n’en est pas indifférente. Chacun y va de son commentaire et prenant partie pour tel ou tel autre. Mais une chose est certaine, on ne vit pas de buzz mais de ‘’pain’’ C’est en cela qu’il importe de suivre de près la situation peu reluisante de la campagne agricole. En premier lieu ce sont les paysans qui sont concernés. Mais en réalité, nous sommes tous concernés. Quand c’est dur pour le paysan, vous pouvez être sûr que le citadin relié par mille canaux à la campagne en pâtira. Même si le PNDES a besoin d’un plan d’urgence de sauvetage comme l’a dit quelqu’un, on doit espérer que l’autorité parvienne à prendre la mesure de la situation. Cela y va de l’intérêt de tous !

Par Basidou KINDA


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