Production minière d’Essayante : Le partage de la patente divise trois communes

Publié le mardi 14 novembre 2017

Sept ans après l’installation de la société minière d’Essakane, celle-ci doit commencer à verser une patente aux communautés locales. Les communes de Falagountou, Markoye et Gorom-Gorom sont concernées, parce que chacune abrite une partie du territoire d’exploitation de la mine. Mais la logique n’est pas partagée par tous, en particulier par les conseillers municipaux de Gorom-Gorom.

Les conseillers municipaux de Gorom-Gorom l’ont exprimé clairement au cours de leur session extraordinaire tenue les 29 et 30 août dernier. « Il n’y aura point de partage équitable de la patente d’Essakane entre les trois communes Gorom-Gorom, Falagountou, Markoye ». Une décision qui s’oppose aux recommandations du gouverneur de la région du Sahel. A la base de leur décision, il y a divergence entre les maires des trois communes concernées sur la localisation de la mine. Le gouverneur de la région, au cours d’une rencontre tenue le 24 août dernier à Dori avait proposé une répartition légale de la taxe. Mais cela n’avait pas requis de consensus. Le maire de Gorom-Gorom exigeait 70% de la patente rlaissant les 30% aux deux autres communes.
Dans une démarché d’apaisement, le maire de Markoye avait pour sa part proposé 40% pour Gorom-Gorom, 35% pour Falagountou et 25% pour sa commune. « Je ne me suis pas opposé à cette proposition » dit le maire Saidou Maiga de Falagountou.

Falagountou pour un partage pacifique et équitable

La commune de Falagountou revendique bien sa part. Elle s’inscrit dans un esprit de partage équitable de la manne. Selon d’ailleurs son maire, Saidou Maiga, c’est sa commune qui abrite la mine d’Essakane. « Nous avions la documentation qui démontre que la patente revient de droit à la commune de Falagountou qui abrite les investissements les plus importants de la société minière. » C’est le cas par exemple de l’usine, du camp, de l’aérodrome. En plus de cela l’installation de la société a fait beaucoup de déplacés à Falagountou. Le secrétaire général de la mairie de Falagountou, Abdoul Manguidou Ouédraogo abonde dans le même sens. D’ailleurs, le ton est péremptoire : « L’appartenance à Falagountou des terres occupées par la mine d’Essakane ne souffre d’aucune ambiguïté. » « La mine s’étend sur 12 à 15 km et occupe 9 à 11 km dans la commune de Falagountou » soutient l’ancien maire de Falagountou, Abdramane Abdoulaye Maïga.
« Des populations ont perdu leurs champs et leurs lieux de pâturage » se souviennent les présidents des comités villageois de développement de Goulgountou, Agouma Ag Inissik, et de Féto-Barabé, Hamadou Al Moustapha. « Le broyeur de la mine est installé dans notre champ que nous avons dû abandonner pour nous installer là où nous sommes actuellement » précise Agouma Ag Inissik. « En fait, la mine aurait dû s’appeler la mine de Lawou » explique le représentant de la chefferie coutumière de Falagountou, Talatou Yaya Maïga. Le moins à dire, le maire de Falagountou et ses alliés préconisent un partage équitable des revenus qui doivent découler de la mine. « Nous nous inscrivons dans le consensus et la cohésion sociale. Nous sommes d’accord pour le partage équitable » tempère Saidou Maiga. Cette position prend en compte la position de capitale provinciale de Gorom. Celle-ci est certes une commune comme les deux autres mais elle estime qu’en tant que capitale provinciale, elle devrait avoir une part beaucoup plus importante que les deux autres. C’est une position bien compréhensible. Mais ce qui l’est moins, c’est le fait que l’Etat abandonne une question aussi délicate, susceptible d’être cause de trouble à l’ordre public entre les mains d’entités décentralisées. Il devrait avoir une directive claire de la part de l’autorité publique nationale qui permette de gérer ce type de situation d’autant que les mines sont éparpillées un peu partout sur le territoire national. Si ce n’est fait vivement qu’on le fasse pour prévenir des drames.

@Basidoukinda


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