Audit de l’ASCE/LC : Attention, voyants rouges à la présidence du Faso

Publié le mardi 14 novembre 2017

On ne cesse de demander aux Burkinabè de se serrer la ceinture au regard de la difficile situation économique. La rengaine sur la réduction du train de vie de l’Etat est constamment déclamée. La tolérance zéro est le slogan de mise dans la lutte contre la corruption. Sur le terrain hélas, la réalité est toute autre. Tenez !, A Kosyam, l’institution emblématique, le centre du pouvoir, plus de 245 millions de F CFA de dépenses irrégulières en carburant ont été enregistrées au cours de l’année 2016. C’est ce que dit l’Audit/investigations effectué par l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC). Sur un total de 250 millions représentant des consommations irrégulières en termes de carburant et lubrifiants, la Présidence du Faso arrive en tête avec plus de 245 millions de F CFA de dépenses irrégulières. Il s’agit d’opérations où les pièces justificatives sont irrégulières ou avec défaut de pièces justificatives ou encore des consommations en détournement de destination. Il y a lieu de s’inquiéter de cette anarchie au sommet de l’Etat. Quel message cela renvoie-t-il aux burkinabè ? Quand on ne respecte pas les règles que l’on a soi- même édictées, comment peut-on exiger que les autres les respectent ? Cette manière de faire n’est pas sans rappeler certaines pratiques sous le régime défunt : des bons de carburants qui circulent là où ils ne devraient pas, on en trouvait même dans les « seconds bureaux ». « On tant pis » comme le disait Norbert Zongo.

« L’intégrité est le logo de notre pays. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré avait déclaré dans son programme de campagne : « Je vous donne l’assurance que mon mandat portera le sceau de l’intégrité retrouvée (…). La bonne gouvernance n’est-elle pas l’illustration par excellence de l’intégrité ? Il faut donc espérer que les résultats du travail de l’ASCE/LC lui permettront de redresser la barre au plus vite »

L’intégrité est le logo de notre pays. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré avait déclaré dans son programme de campagne : « Je vous donne l’assurance que mon mandat portera le sceau de l’intégrité retrouvée (…). » La bonne gouvernance n’est-elle pas l’illustration par excellence de l’intégrité ? Il faut donc espérer que les résultats du travail de l’ASCE/LC lui permettront de redresser la barre au plus vite. Dans notre administration publique, ces écarts de gestion sont légion, surtout dans la haute hiérarchie administrative tandis que les services peinent à disposer du minimum pour leur fonctionnement. Interrogez les commissariats de police, les services de contrôle et vous comprendrez l’étendue du sinistre ! On dira peut-être ce n’est pas la faute à Kosyam si ces cas existent dans le mesure où c’est chaque ministère ou institution qui doit s’assurer du bon déroulement des services de son département. Soit ! Quand on délègue des pouvoirs, comme c’est le cas pour les ministres qui n’ont pas été élus (seul le président du Faso a été élu par les burkinabé à qui il a promis de faire leur bonheur), on n’est pas pour autant moins responsable. A l’heure de la reddition des comptes, celui qui sera à la barre n’est autre que le président du Faso. L’institution de Marius Ibriga avait déjà tracé la voie dans son rapport 2015 sur la présidence du Faso. Rééditer les mêmes erreurs en dépit de ces recommandations expresses est bien la preuve que la leçon a été ignorée ou à tout le moins, mal apprise.

Par Basidou KINDA


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