Développement Durable : Dissémination de la technologie du biodigesteur

Publié le mardi 14 novembre 2017

« L’Afrique à l’ère des changements climatiques » . C’est sous ce thème que le gouvernement burkinabè a organisé, en collaboration avec certains partenaires, une conférence internationale du 10 au 12 octobre sur la technologie du biodigesteur. A travers ce colloque regroupant dix pays, le Burkina Faso se met dans la posture de leader dans la promotion et la pratique d’une technologie alternative respectueuse de l’environnement.

L’économie capitaliste avec ses corollaires en terme de désastres sociaux et d’écocide expose l’humanité à de réels dangers à des proportions apocalyptiques. La technologie du biodigesteur intervient comme une solution efficace et accessible à tous dans la quête de réduction des conséquences dramatiques du phénomène de changement climatique. Le biodigesteur est un dispositif technique qui sert à transformer des déjections animales (bouse de vache, crottins de porcs) ou autres résidus organiques en biogaz. Ce gaz est utilisable pour la cuisson des aliments et l’éclairage. Sommanogo Koutou, ministre des ressources animales et halieutiques, qui a co-organisé avec son collègue Alfa Dissa, ministre de l’énergie, une visite terrain à l’intention des journalistes le jeudi 06 octobre dans une ferme privée, soutient que le biodigesteur « renforce l’intégration agriculture-élevage au sein de l’exploitation ». Cette technologie est soutenue et promue au plus au haut niveau de l’Etat burkinabè. Pour l’avoir déjà pratiquée depuis des années, le Burkina Faso est convaincu que cette technologie est salutaire pour l’avenir de l’humanité. C’est pourquoi, à travers cette conférence internationale placée sous le très haut patronage du président du Faso, le Burkina souhaite obtenir « l’engagement des Etats et des partenaires techniques et financiers pour la préparation, le financement et la mise en œuvre de programmes nationaux et régionaux de dissémination de la technologie du biodigesteur en vue, entre autres, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de renforcer la sécurité alimentaire et de lutter contre la pauvreté. » Le premier ministre Paul Kaba Tiéba, qui a ouvert la session ministérielle de la conférence internationale sur la technologie du biodigesteur a longuement martelé les avantages de cette technologie. Il a souligné que l’utilisation massive du biodigesteur permettra entre autres de réduire l’émission de gaz à effet de serre qui est responsable du réchauffement climatique ; d’augmenter considérablement les rendements agricoles tout en préservant l’environnement ; de faire des économies substantielles sur les importations d’engrais chimiques et d’améliorer la balance commerciale. Il ajoute aussi que cette technologie permettra d’améliorer la fertilité et la structure physique des sols. Elle réduit la facture énergétique par le biais du biogaz. Elle contribuera également, selon Paul Kaba Thiéba à diversifier l’offre énergétique, de favoriser la pratique de l’élevage sédimentaire. A cette liste, le Professeur Filga Michel Sawadogo qui représentait le président de la Commission de l’Uemoa ajoute que la dissémination du biodigesteur permettra de réduire le phénomène de déforestation ; d’accroitre les niveaux de revenus ; d’améliorer la santé et les conditions de vie des familles en milieu rural.
Pour renforcer l’effectivité de ces nombreux avantages, Paul Kaba Tiéba assure que son gouvernement a pris les mesures nécessaires pour l’accélération de la dissémination de la technologie du biodigesteur afin de permettre à un grand nombre de ménages d’en disposer. A cet effet, il annonce que son gouvernement prévoit la construction de 40 000 nouveaux biodigesteurs d’ici 2020 qui viendront s’ajouter aux dix mille déjà existants. D’ailleurs, pour faciliter l’accès du plus grand nombre à la technologie, l’Etat burkinabè subventionne à hauteur de 160 000 F CFA pour faciliter les installations de biodigesteur au profit des ménages. Le ministre Alfa Omar Dissa, a lors de la visite terrain, invité les citoyens burkinabè à saisir cette opportunité pour améliorer leurs conditions de vie. Son collègue Sommanogo Koutou a appuyé cette invite en exhortant les Burkinabè à changer « nos modes de production ; de consommation, de vie ».
En rappel, le colloque a réuni des hauts représentants des pays de la sous-région, d’organisations sous régionales, régionales et internationales, d’ONG et des utilisateurs de ladite technologie. Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré est venu en personne encourager les participants et leur témoigner tout l’engagement du Burkina Faso à travailler à la promotion et à la dissémination de la technologie du biodigesteur. Tous ces participants sont venus s’inspirer de l’expérience burkinabè afin de la soutenir et la reproduire dans bien d’autres pays de l’Afrique.

Par Hamidou TRAORE


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