Mémorial Thomas Sankara : Un monument historique à la grandeur de l’homme

Publié le mardi 14 novembre 2017

La campagne de souscription populaire pour le Mémorial Thomas Sankara est officiellement lancée depuis le 2 octobre dernier. C’est en présence d’imminentes personnalités venues d’ici et d’ailleurs, ainsi qu’un parterre de médias nationaux et internationaux que s’est tenue la cérémonie de lancement. Plusieurs artistes musiciens du Burkina et de la sous-région ont également fait le déplacement pour l’occasion.

Le stade Municipal Issoufou Joseph Conombo a vibré au rythme de plusieurs sonorités. Pour cause la cérémonie de lancement des souscriptions populaires pour la construction du Mémorial Thomas Sankara. Prévue pour commencer à 16h00, c’est finalement à 17h, avec l’arrivée des officiels que la cérémonie a débuté. Avant cela, ce sont des jeunes talents comme Madson Junior qui ont tenu le public en haleine avant le début. Placée sous le parrainage du président du Faso Rock Marc Christian Kaboré, la cérémonie d’ouverture s’est déroulée en sa présence, avec d’imminentes personnalités comme l’ancien président du Ghana, Jerry John Rawlings, l’ancien président du parlement ivoirien, le Pr. Mamadou Coulibaly, Dadis Camara, ainsi que le gouvernement burkinabé dans son ensemble. Au programme, le lancement officiel des souscriptions et un concert dont les têtes d’affiche ne sont plus à présenter ; Djeneba Seck, du Mali, Didier Awadi du Sénégal, Ismaël Isaac de la Cote d’Ivoire et plusieurs autres groupes. Décoré aux couleurs nationales, avec des posters géants de Thomas Sankara, la cuvette du stade Municipal, vide au départ, s’emplissait au fur et à mesure que le son montait. Le bal des prestations a été ouvert par l’humoriste Gérard, qui a égaillé le stade avec sa bonne humeur.
L’initiative, qui vient en marge de la commémoration des 30 ans de l’assassinat du père de la révolution burkinabè, veut rendre un hommage bien mérité à cette icone africaine.

« Un projet populaire pour un homme du peuple » Bernard Sanou

Le premier intervenant, Bernard Sanou, compagnon de lutte de Sankara, par ailleurs président du comité international Mémorial Thomas Sankara, n’a pas manqué de rappeler au public l’enjeu de la construction de ce Mémorial. Pour lui, ce projet est né de la volonté de Sankara à l’époque, de fédérer plusieurs initiatives à travers le monde. Ce Mémorial sera donc un lieu de souvenir, d’information et de formation pour la jeunesse africaine. Aussi, cet hommage apparait pour lui comme un moyen de dépasser les clivages ethniques et religieux. S’agissant des souscriptions, il a expliqué qu’elles pouvaient se faire de plusieurs manières. Des fiches sont disponibles et ceux qui veulent procéder par virement bancaire peuvent le faire également. Pour ce qui est de la transparence, Bernard Sanou rassure le public quant à la traçabilité de cette collecte. « Celui qui donne 100F aura un reçu, donc soyez sûr que nous vous rendrons régulièrement compte ». Ainsi, il a invité l’ensemble du peuple africain à souscrire pour un Mémorial à l’image de l’homme qu’était le capitaine Noel Isidore Thomas Sankara. Tout en évoquant l’envergure africaine et internationale du projet, il a rappelé que ce projet vise à immortaliser la mémoire, les pensées et les actions de la révolution burkinabè d’aout 1983.

Un héritage pour la jeunesse africaine

Pour Damata Ganou, ex-membre du Comité de défense de la révolution (CDR), Sankara n’appartient pas qu’au peuple burkinabè, il appartient désormais à tous. Elle ajoute : « c’est un grand moment et une fierté que le monde entier vienne poser la première pierre du Mémorial Thomas Sankara ». Elle conclut son propos en rappelant à la jeunesse burkinabè qu’elle a le devoir de rester dans le pays pour reprendre le flambeau de la révolution et continuer l’œuvre de Sankara. Jerry John Rawlings quant à lui, n’a pas tari de conseils à l’égard de la jeunesse. Revenant sur le parcours de Sankara, il a relevé des avancées au Burkina depuis la révolution. Pour lui, des efforts ont été faits par le peuple burkinabè depuis l’après Sankara. « Sankara a planté les graines de l’insurrection de 2014 », a-t-il ajouté. Il a donc lancé un appel aux Burkinabè afin qu’ils restent « intègres » face à l’argent et à la corruption. « Il ne faut pas qu’un jour des gens qui ont exploité et pillé ce pays, vous reviennent et vous proposent de l’argent qui vous éloigne de l’intégrité » a-t-il conclut. Ainsi, nous ne devons plus pleurer nos héros, nous devons les honorer. Après leurs interventions, Djeneba Seck a mis l’ambiance dans le stade avant le début des souscriptions. Le top départ a été donné par Roch Marc Christian Kaboré et Jerry John Rawlings. Ensuite, le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, et tour à tour, les membres du gouvernement, le chef de file de l’opposition, sont passés pour le dépôt de leur contribution.

Mariam SAGNON (Stagiaire)


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