Afrique du Sud/Sénégal à rejouer : La FIFA manipule !

Publié le mardi 3 octobre 2017

Décision troublante que celle de la FIFA, qui entend faire rejouer le match entre l’Afrique du Sud et le Sénégal. Forcément la décision fait grincer les dents. Pas que du côté des Bafana-Bafana. Les Burkinabè sont fâchés. Les Cap verdiens sont énervés. Les observateurs de la chose footballistique ont perdu leur logique. On crie au vol, à la magouille, à l’impartialité. La FIFA joue à se discréditer !

La vidéo du match le confirme. La faute de main sifflée par l’arbitre ghanéen Lamptey est fictive. Sur un centre sud-africain, la défense sénégalaise cafouille son dégagement. Le geste du défenseur central du Sénégal est trompeur. Il n’a certes pas touché le ballon de la main, mais sa gesticulation très brouillonne peut tromper l’arbitre. Nullement, il ne s’agit d’une grossière erreur qui pue l’intentionnelle tel nous l’avons vu sur cette planète de foot sans que la FIFA ne bouge son petit doigt.
Oui, la faitière mondiale de foot, n’a rien trouvé de scandaleux quand le 22 juin 1986, Diégo volait de la main de Dieu, l’Angleterre en finale de la Coupe du monde. Et que dire de la main de Thierry Henry le 18 novembre 2009 qui permis à la France de sortir l’Irlande et se qualifier pour la Coupe du monde 2010. Le 6 mai 2009, Eto’o fils, alors sous les couleurs de Barca a bloqué de la main une balle de Ballack de Chelsea sous le nez et le barbe de l’arbitre, Mr Oviedo en toute impunité. Chelsea a été éliminée sans suite. Deniz Aytekin, l’arbitre du match Barca-PSG en 8e de finale de la ligue des champions a pénalisé le PSG sans que cela n’impacte le résultat du match. Les exemples sont multiples. Le Burkina Faso a manqué de près la qualification de la Coupe du monde 2014 en Algérie quand l’arbitre a décidé de ne pas accorder le but valable de Préjuce Nacoulma. Mais la FIFA n’a rien trouvé à redire. Pourquoi cette fois-ci, la FIFA s’engage sur une telle voie sujette à la polémique ?
L’argumentaire est simple. La commission de discipline de la FIFA qui a statué sur le dossier estime que l’arbitre du match Afrique du Sud vs Sénégal (2-1) a accordé le penalty pour favoriser le pays hôte. Tout tient là ! L’intention de l’arbitre. S’il s’est trompé, ou s’il l’a fait de façon délibérée ! Et là, la FIFA s’est convaincu que l’arbitre ghanéen a manipulé les résultats du match. L’arbitre a alors été suspendu à vie. Le Tribunal administrative du sport, l’instance suprême en matière de recours de la FIFA a tranché confirmant la suspension de l’arbitre, l’instance mondiale décide de frapper plus, reprogrammant le match. La première grande question que cette décision surprenante suscite est que ni la FIFA encore moins le TAS ne veulent évoquer le sort du corrupteur. Car, le Ghanéen Lamptey, autant le dire a été suspendu à vie de toute activité de foot pour avoir été convaincu de corruption. Il a manipulé le match pour aider une des deux parties. Comment comprendre cette justice à double vitesse ? Il n’a quand même pas décidé de donner un coup de main à l’Afrique du Sud en souvenir de l’héroïsme de Nelson Mandela ! Après la sanction contre le corrompu, immédiatement une autre devait être prononcée contre le corrupteur. Et là, l’Afrique du Sud devait être purement et simplement suspendue de la course vers Russie 2018. Le groupe allait être réduit à 3. Mais la FIFA et le TAS disent ne pas disposer d’éléments à ce niveau pour sanctionner. La question qu’il faut se poser comment diable ont-ils pu prouver la malhonnêteté de l’arbitre ? Comment le gouvernement mondial du foot a-t-il pu se convaincre de la culpabilité de l’arbitre ? Et pourquoi quand il s’est agi de trouver le corrupteur, il est sans moyen ? Pour pousser la comparaison plus loin, entre le faux pénalty de Lamptey et le but de la main de Diego validité par un arbitre aussi, quelle a été l’unité de mesure qui a permis de dire qu’un cas s’est produit à dessein et un autre par erreur ? Manifestement, rien ! On est là en face d’une justice à la tête du client. Une lourde sanction contre l’Afrique du Sud aurait pu susciter une vive riposte de ce pays qui dispose d’arguments diplomatiques colossaux comparés au Burkina et au Cap Vert.

Les textes…

Le code disciplinaire 2017, article 31 bis, la FIFA stipule clairement qu’ « un match peut être rejoué s’il n’a pas pu être disputé du tout ou n’a pu l’être que partiellement pour des raisons autres que la force majeure, mais en raison du comportement d’une équipe ou d’un comportement dont l’association ou le club est responsable. » Ce règlement apporte de l’eau à notre moulin à savoir qu’il ne peut être envisagé de sanction dans le genre reprise du match sans que le responsable ne soit trouvé. En clair, il fallait que la FIFA trouve le corrupteur pour envisager une sanction match à rejouer. Le règlement de la coupe du monde 2018 publié par la FIFA éclaire totalement les esprits en la matière. Dans les dispositions générales consacrées aux réclamations point 15 alinéa 6, il est clairement indiqué que « les décisions de l’arbitre sur des faits de jeu ne peuvent faire l’objet d’aucune réclamation. Elles sont définitives et sans appel, sauf mention dans le code disciplinaire de la FIFA ». Les faits de jeu ne sont autres que les erreurs des arbitres à l’échelon d’un match étant entendu que l’arbitre est un être humain et susceptible de se tromper.
A la décharge de la FIFA on pourra dire que ce n’est pas une première en référant le fameux Barheïn vs Ouzbekistan match comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2005 suite à une erreur d’arbitrage aussi. Mais sauf que ce match disputé le 3 septembre 2005 a été reprogrammé le 12 octobre 2005. Pas plus de 3 semaines entre les deux matchs. Car pour le cas du match Bafana-Bafana contre Lions de la Téranga, le timing pose problème. Un mois après, le lendemain d’une contreperformance des Lions de la Téranga, ça fait bizarre. Evidemment, on dira que la FIFA attendait que le TAS donne son avis d’abord. Mais il se trouve que le Sénégal et l’Afrique du Sud évoluent dans un groupe à 4 où on retrouve le Burkina et le Cap Vert. Il se trouve aussi que la configuration du groupe a évolué depuis la 2e, 3e et 4e journée. Le Sénégal est en ballotage défavorable. Dans un esprit d’équité, la FIFA se devait de diligenter son enquête assez tôt pour donner les mêmes chances à tous. Là, le Sénégal apparaît comme un assisté de la FIFA. Car quand tout sera fini dans le groupe, les Lions de la Téranga auront encore une chance supplémentaire de prendre le large. Du reste, en administration du sport, les programmeurs ont l’obligation de vider les éventuels matchs en retard avant la finale. Curieux que la FIFA ne considère pas ce principe sacro-saint d’équité et place le match du Sénégal le 12 novembre. Quel sens d’impartialité ! On comprend à juste titre la colère des autres pays logés dans le même groupe. L’Afrique du Sud annonce qu’elle va « utiliser tous les recours pour » que le match ne soit pas rejoué. De son côté le Burkina planche avec ses conseils sur la suite à donner. Les confrères du Cap Vert annonce que la décision a du mal à passer à Praia également. Au-delà, le monde du foot s’interroge sur la pertinence de la décision de la FIFA. Mais que vaut la colère des Etats dont le destin est lié à cette décision de la FIFA ? Il faut se mettre à l’évidence que la FIFA semble avoir bien joué le coup. En accueillant l’avis préalable du TAS, elle ferme ainsi les voix de recours étant entendu que le TAS reste l’unique instance décisionnelle en dernier ressort. Toutefois, une petite brèche existe. En effet, le TAS s’est prononcé sur le bienfondé du chef d’accusation « manipulation des résultats de match ». Et cet instance a confirmé les soupçons de la CAF et de la FIFA. Et c’est en se basant sur cet avis du TAS que la commission de discipline a non seulement suspendu à vie l’arbitre coupable mais aussi a décidé de faire rejouer le match. Au nom du principe du double degré sur les décisions de justice, il doit être possible que le TAS soit saisi pour dire s’il n’y a pas de décalage entre la peine et les fautes. Nous le disons, il y a un hiatus entre les fautes et le verdict. Le gouvernement mondial de foot joue sa crédibilité dans cette affaire. On savait que le foot ne se pratique pas que sur le rectangle vert. Bernard Tapis alors président de l’OM à la sortie d’une défaite de son club, l’OM face à Benfica en demi-finale de la Ligue des champions, le 18 avril 1990 avait déclaré « comprendre comment fonctionne vraiment le foot de haut niveau ». Trois années plus tard, Tapis offrait la coupe à la France ! On sait que le foot implique de nombreuses considérations. Mais on était loin de penser que la FIFA, garant de la bonne pratique de la discipline pourrait succomber à la tentation. Mieux l’arrivée de Gianni Infantino à la tête de la FIFA à la suite d’un scandale ayant impliqué Sepp Blater. Dans cette décision maladroite de la FIFA, le Secrétaire général, la Sénégalaise Fatma Samba Diouf Samoura est naturellement montrée du doigt de manipuler en coulisse pour son pays ! Autant de suspicion qui devaient pousser la FIFA à faire en sorte que ses décisions ne soient pas critiquables. Quoi qu’il en soit le mal est déjà là. En effet, l’annonce d’une telle décision en elle-même ne sera pas sans perturber le Burkina, le Cap Vert et l’Afrique du Sud. Comment jouer à fond sa chance quand on a le sentiment que les dés sont pipés ? Comment les Etalons vont-ils conserver leur concentration dans un contexte où tout porte à croire qu’ils ont été floués ? Pourtant, il faudra que le Burkina continue d’y croire. Car le plus important, c’est de parvenir à faire le plein des points en novembre lors de la dernière journée. Un seul faux pas va donner force aux manipulateurs qui diront de toutes les façons, même sans ce match, le Burkina a été incapable d’assurer jusqu’à la fin. Finir le programme officiel des matchs en tête va davantage plonger cette FIFA dans l’embarras car on pourra dire n’eut été le complot, les Etalons seraient qualifiés. Encore que rien n’indique que le Sénégal peut battre les Bafana Bafana dans ce match-replay. Les dieux du foot n’aiment pas l’injustice. Alors, Etalons, faites votre part de job, le reste, Dieu va faire notre palabre !

J J TRAORE


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