L’Unapol : Un peu de retenue s’il vous plait !

Publié le mercredi 13 septembre 2017

De plus en plus de gens se demandent si le syndicat ne communique pas au-delà de ses prérogatives et de façon abusive. « On pourrait constituer ses déclarations pour une thèse » a ironisé quelqu’un sur un réseau social. En effet, là où les gens estiment que c’est la police nationale qui doit se prononcer le syndicat le fait et souvent avec des bourdes. On se rappelle toujours l’incident survenu à Péni lors de l’inauguration du dépôt de gaz de la Sonabhy. Le communiqué publié sur sa page Facebook était on ne peut plus belliqueux. On laisse de côté, le caractère sensible et la légèreté avec laquelle le texte a été rédigé. Nous avions tenté un premier temps de recouper l’information auprès d’un officier de la gendarmerie. Ce dernier nous a expliqué que les éléments de la police qui font partie de la garde rapprochée du président du Faso ont désobéi aux autres du commandant. Pire, ils se sont placés de travers dans le cordon sécuritaire de la garde rapprochée du président constitué de gendarmes. Dans un deuxième temps, nous avions pris contact avec une autre source très introduite qui nous relate les faits tels que dits par l’officier de gendarmerie. Quant à l’argument que le commandant a donné instructions aux gendarmes de ne plus laisser les policiers rentrer à Kosyam, c’est vrai. Mais cette décision concerne un policier qui a déserté son poste et signifié ne pas recevoir d’ordre du commandant du corps. Où est la discipline qui caractérise les métiers de la sécurité et de la défense ?
Au sein même de la police, on craint fort. Nous sommes les premiers à suivre de près la création du syndicat, ses péripéties. Dans notre parution du 10 juin 2016 nous titrons : « Naissance du syndicat de la police nationale : on a frôlé le pire ! » Le titre est évocateur.

« L’UNAPOL a certes le droit de veiller au grain, de travailler à la bonne gouvernance au sein du corps, mais il va falloir trouver la méthode qui sied. De la même manière, l’autorité doit aussi soigner la manière. Il doit être possible d’œuvrer autrement à l’instauration de la bonne gouvernance »

A l’époque, on avait posé la question en ces termes : « Est-il possible de se syndiquer sans enfreindre à la disposition de l’article 65 du statut du personnel de la police nationale qui stipule que « l’exercice du droit de grève n’est pas reconnu au policier, de même que toute forme de manifestations publiques à caractère revendicatif » ? La loi n’interdisant pas l’existence d’un syndicat, on avait également posé la question suivante : « Un syndicat ne serait-il pas une porte ouverte à l’indiscipline dans un corps comme la police où on obéit aux ordres sans les discuter ? » A ces questions, le comité d’initiative avait répondu par la négative. Aujourd’hui, nous observons des signes inquiétants. Des policiers revendiquent et bruyamment. La dernière en date est le mouvement d’humeur des groupements de la compagnie de sécurité républicaine qui ont manifesté pour contester les résultats du compte 49 encore appelé fonds d’équipement. Certaines confidences font savoir que la hiérarchie de la police n’arrive plus à maîtriser la troupe. Ce qui est bien dangereux pour un corps comme la police. Le syndicat y est pour quelque chose. L’indiscipline est bien réelle.
On se demande si le ministre de la sécurité n’a pas commis l’erreur de mettre sur la place publique les résultats de l’investigation sur les services payés de la police qui ont épinglés de hauts responsables du corps. Incontestablement, cela a contribué à dégrader l’image de ces derniers auprès des éléments et par conséquent à affaiblir l’autorité hiérarchique. L’UNAPOL a certes le droit de veiller au grain, de travailler à la bonne gouvernance au sein du corps, mais il va falloir trouver la méthode qui sied. De la même manière, l’autorité doit aussi soigner la manière. Il doit être possible d’œuvrer autrement à l’instauration de la bonne gouvernance.

Par Basidou KINDA


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