Attention danger, c’est trop calme !

Publié le samedi 2 juin 2012

Par Newton Ahmed Barry

Dans ce pays, il faut se méfier des moments de calme plat. Quand c’est calme c’est que ça ne va pas. Or nous traversons depuis la fin des assises nationales un passage à vide. Les acteurs sont-ils fatigués ou déboussolés ? Sans doute déboussolés. Les partisans du CCRP, notamment l’opposition qui y siège sont englués depuis la fin des assises dans des querelles qui ne finissent pas. Une bonne partie est en rébellion ouverte.

 

La dernière fois qu’ils ont été reçus par Bongnessan Arsène Yé, ce dernier aurait, admis qu’il a signé la lettre qui entérinait l’élection des représentants de cette opposition au comité de suivi, sans faire attention au contenu. Il avait promis une autre rencontre, mais plus rien.

 

Déjà que le rôle du comité est flou, si en plus il n’y a pas d’entente, alors c’est la totale. Mais il faudra de toute façon pourvoir au remplacement de Nayab, puisque son MTP est dans la liste des partis suspendus par le MATDS.

 

Calme plat aussi à l’université. Certaines UFR sont encore en 2010-2011. Comment est-ce que ces étudiants vont-ils rattraper ce retard ? Pour l’instant, il n y a pas de manifestation ouverte, mais c’est peut-être parce que l’impasse est indicible.

 

Quand la cocotte minute de l’université va sauter, il faut souhaiter ne pas être à côté. S’il faut se réjouir des missions du gouvernement parcourant monts et vallées pour écouter et apporter la bonne parole, peut-être l’exercice aurait-il dû commencer par ce qui est à côté. Certainement aurait-il été plus bénéfique. Mais comme tout le monde le sait les politiques de « fuite en avant » sont presbytes.

 

Calme plat aussi dans l’armée. La reprise en main avec l’auto nomination de Blaise Compaoré comme ministre de la Défense a-t-elle produit les effets escomptés ? Comme disait le vieux Lamizana, ce n’est pas parce qu’il neige sur le toit qu’il ne fait pas chaud dedans. En cette matière aussi, les projets seraient restés à mi-chemin (lire éditorial de Germain Nama), surtout la façon dont l’instruction des militaires appréhendés est conduite.

Tout est donc trop plat pour inspirer confiance. Il semble que notre président est content du départ du bonimenteur de Sarkozy. Il se réjouit de compter beaucoup d’amis chez les socialistes. Il devrait donc les réactiver pour se rapprocher de l’austère Hollande à la petite blague (hiiiiiiiiiiiiiiiiiii !).

 

Malgré qu’il se soit défoncé sans « compter » pour les otages occidentaux, le Salaud de Sarkozy ne l’a pas reçu à l’Elysée où il avait ses entrées sous « Jacques ». Il faut sans doute que Hollande répare cela au plus vite. Là aussi « le changement c’est maintenant ».

 

Il lui reste Obama, son autre bête noire. Mais les Etats-Unis c’est trop loin. Quand du côté de la France, les choses sont bien tenues, les Américains on peut s’en accommoder.

 

Par contre sur le front de la médiation, c’est un avis de tempête. Dans la crise malienne, ce ne sont pas les Maliens seuls qui ne comprennent pas la démarche de notre président. Selon notre confrère, « La Lettre du Continent » 

 

« Plusieurs chefs d’Etat de l’organisation sous-régionale n’hésitent plus à critiquer ouvertement la méthode du médiateur dans cette crise, le Burkinabè Blaise Compaoré. Ce dernier est accusé de jouer en solo, en menant les négociations avec la junte en place à Bamako comme bon lui semble, et souvent sans en référer à ses pairs. D’où de discrètes consultations établies entre plusieurs présidents de la sous-région, furieux après ce qu’ils qualifient de « reculade de Dakar », où s’est tenu un sommet extraordinaire de la CEDEAO, le 3 mai. Le communiqué final subordonne le déploiement des troupes de l’organisation au Mali à l’autorisation express des autorités chargées de la transition. Autrement dit : celle du président par intérim Dioncounda Traoré, mais aussi celle de la junte, qui entend conserver le contrôle de la situation. La solution préconisée par le président burkinabè revient à conforter le capitaine Amadou Sanogo dans son rôle, tout en adressant un signal plutôt flou aux différents contingents devant théoriquement constituer la force d’intervention de la CEDEAO ».

 

 


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