Assainissement à Ouaga : A quand la fin des inondations ?

Publié le mardi 29 août 2017

Nous sommes sur le boulevard de l’indépendance zone située au centre-ville. Précisément aux environs du premier ministère en face de la Direction Centrale de l’Intendance Militaire. Bien que situés au cœur de la ville, les ouvrages de drainage de cette zone présentent des défaillances

L’assainissement mal pensé au départ

Le caniveau que nous visitons est en état de vétusté, facilement franchissable et peu profond. Il fait exactement 50cm de largeur sur 60cm de profondeur nous indique une voix plus autorisée. Or la taille moyenne d’un caniveau en zone urbaine est de 1m50 de largeur sur 1m60 de profondeur selon El Hadj Sidi Mahamadou Cissé, qui évolue dans le domaine de l’entretien des ouvrages de drainage et directeur de la propreté. C’est dire qu’il est tout simplement sous dimensionné et en état de désuétude. Mis en place aux premiers moments de l’urbanisation de la ville et pour la plupart avant les indépendances selon El Hadj Cissé, ces caniveaux des anciens quartiers de la ville de Ouagadougou ont à peu près les mêmes dimensions. Par conséquent il se pose un problème d’évacuation des eaux de pluie. Cette situation n’est pas sans incidence sur les phénomènes d’inondation. Si les caniveaux de ces artères sont jugés sous dimensionnés, ils sont encore « bien lotis ». Il y a les rues des quartiers bel et bien lotis qui n’en possèdent même pas. On ne parle pas des voies non bitumées des zones périphériques comme Nongré -Massom, Sig-Noghin, Bendogo, Pissy, Boulmiougou. Il n y a qu’à parcourir les artères de ces quartiers pour s’en convaincre. Les eaux de pluie en pareille situation ne peuvent que prendre la direction des concessions. Le gouvernement lors de la construction de nouvelles voies élabore des caniveaux plus adaptés selon El Hadj Sidi Mahamadou Cissé. Et le caniveau qui se situe aux environs du rond-point du Rotary en allant vers le quartier Toudoubwéogo en est une belle illustration : il fait 1m50 de largeur pour presque 2m de profondeur nous apprend-on. Mêmes dimensions pour les caniveaux des zones de Ouaga 2000. Mais en attendant les problèmes de sous dimensionnement d’ouvrage de drainage des quartiers comme Paspanga, Dapoya, Koulouba au centre-ville demeurent, d’autant plus que leur possible extension peut jouer sur les tailles des voies déjà jugées exiguës.

L’incivisme des populations

Le problème de taille de certains caniveaux est amplifié par l’incivisme des Ouagavillois. Sachets et bouteilles plastiques, pneus usagés, vieilles nattes, vieux matelas, vieilles chaussures, souvent même des cadavres d’animaux et des arbres bien épanouis, c’est le spectacle que les caniveaux de Ouagadougou donnent à voir en saison pluvieuse. Comment ces ordures ont atterri là ? « Très souvent, une certaine frange de la population jette leurs ordures ménagères dans les caniveaux avec l’idée que la pluie les emporte » s’est indigné El Hadj Sidi Mahamadou Cissé. Ces pratiques d’incivisme qui consistent à faire des ouvrages de drainage des dépotoirs de déchets solides et liquides les obstruent et naturellement empêche les eaux d’être charriées vers les plans d’eau de la ville de Ouagadougou
Il y a également les installations anarchiques des populations. Défier l’autorité n’est plus un problème au pays des hommes intègres. Kiosques et boutiques aux abords des voies, très souvent construits sur des dalles au-dessus des caniveaux, empêchent les agents d’assainissement de faire convenablement leur travail : « quand nos agents arrivent au niveau de ces endroits, ils ne peuvent pas faire le curage des caniveaux » nous a confié le monsieur propre El Hadj Cissé impuissant.
Il y a le cas de ces personnes installées par entêtement dans les zones submersibles « Dans le cadre du vaste projet intitulé premier sous projet d’assainissement des quartiers périphériques de la ville de Ouagadougou, les occupants de ces zones ont été dédommagés et réinstallés à Bassinko. Beaucoup ont revendu les parcelles que l’Etat leur a attribuées et les matériaux de construction mis à leur disposition. Ils sont tout simplement revenus s’installer dans ces zones déclarées inondables malgré les délimitations des bornes et à chaque pluie, ils sortent crier haut et fort qu’ils sont inondés. Ce n’est pas du tout « responsable » s’est indigné El Hadj Cissé.
A cela s’ajoute le cas des personnes installées au niveau des passages d’eau. En pareilles situation, l’eau ne pouvant se frayer un passage ne peut que prendre la direction des concessions.

Mesures palliatives en difficulté

Aux abords de quelques rues de l’arrondissement 6 jonchent des déchets qui ternissent l’image de la zone. Ce sont des produits de curage de caniveau. Etalés là depuis plusieurs semaines, les riverains se plaignent de nuisances olfactives et d’éclaboussures de boue par les voitures. Mêmes constats dans les environs de Watam Kaizer et l’avenue Caramogo Ba Sanogo. « Il se pose un manque de moyen logistique pour procéder à l’enlèvement de ces produits de curage » a avoue El Hadj Cissé entendu sur la question. Difficultés aggravées par la rechute de ces déchets dans les ouvrages de drainage avec les pluies et eaux de ruissellement. Du coup cela fait une double charge pour la commune « n’ayant déjà pas assez de moyen » selon la direction de la propreté.

Bonjour le palu !

Cette situation d’eaux stagnantes aggravée par les problèmes d’insalubrité n’est pas de nature à faciliter la lutte contre le paludisme. Ces eaux et dépotoirs se transforment en véritables gites larvaires dans lesquels prolifèrent les moustiques vecteurs propagateurs du paludisme !

Assita SANOU


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