Cpi : Ces « erreurs » qui maintiennent Laurent Gbagbo en prison

Publié le mardi 29 août 2017

Pour la 11e fois, la CPI retoque la demande de libération provisoire de Laurent Gbagbo. Depuis 2011 que Laurent Gbagbo a été transféré à la prison de Scheveningen, près de La Haye, sa défense n’a cessé de demander une libération provisoire. En effet, les avocats de Gbagbo, avaient interjeté appel en mars 2017 de la décision de la chambre préliminaire de maintenir leur client en prison pendant toute la durée d’un procès fleuve, qui a démarré en janvier 2016. Ses avocats avaient entre autres motivé cette demande en évoquant des problèmes de santé provoqués par la détention de plus de six ans. Cette chambre a vidé la requête ce mercredi 19 en mentionnant plusieurs « erreurs » commises par la chambre préliminaire. D’abord, la chambre d‘appel relève que la chambre de première instance s’appuie sur le fait que Laurent Gbagbo nie son implication des crimes qui lui sont reprochés. Et pour elle, cet argument ne respecte pas la présomption d’innocence dont devrait bénéficier tout prévenu tant qu’il n’a pas été condamné par une décision de justice. Ensuite, la chambre d’appel bat en brèche la position de la chambre préliminaire qui indiquait qu’en raison de son âge (72 ans), cela est « un facteur renforçant le désir de Laurent Gbagbo de prendre la fuite ». Le juge de la chambre d’appel pense que c’est plutôt le contraire. Le juge Piotr Hofmańsk estime que l’âge de Gbagbo, est « plutôt un facteur qui pourrait potentiellement atténuer sa possibilité de fuir. » Outre, une des erreurs que le juge Hofmański soulève, c’est la non considération des six ans que Laurent Gbagbo a déjà passé derrière les barreaux. Pendant que le juge d’appel faisait ce constat, Laurent Gbagbo acquiesce par un sourire approbateur. Par ailleurs, sur l’argument d’existence d’un réseau de partisans susceptible d’aider M. Gbagbo à prendre la fuite, la chambre d’appel estime qu’il n’existe pas « d’indication spécifique » montrant que les fidèles de Laurent Gbagbo pourraient organiser sa fuite. Elle ajoute, cependant, qu’elle ne peut pas écarter cette « possibilité ». Au regard des « erreurs » soulevées, le juge Piotr Hofmański décide que « la Chambre d’appel ordonne à la Chambre de première instance de procéder à un nouveau réexamen du maintien en détention de Monsieur Laurent Gbagbo ou bien si ce dernier doit être remis en liberté avec ou sans condition ». Dans la foulée, le juge ajoute que : « Tant que cette question n’est pas tranchée, Monsieur Gbagbo demeurera en détention ». Cependant, la chambre d’appel n’a indiqué aucune date à la chambre préliminaire pour se prononcer.
Pour mémoire, Laurent Gbagbo a été arrêté le 11 avril 2011 à Abidjan « sous les bombes françaises », comme il a expliqué à la Cour. Il a été par la suite transféré fin novembre 2011 de Korhogo à la CPI. Laurent Gbagbo est accusé de quatre chefs de crimes contre l’humanité lors de la crise postélectorale de 2010. Le procès avait commencé le 28 janvier 2016 aux côtés de Charles Blé Goudé, l’ex-chef des Jeunes Patriotes de Côte d’Ivoire. Les deux accusés ont plaidé non coupables pour les crimes pour lesquels ils sont poursuivis par le bureau du procureur de la CPI.

Hamidou TRAORE


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