SOS Sang !

Publié le mardi 29 août 2017

C’est un sujet qui a été occulté par d’autres : la crise au ministère de l’économie et des finances, la question des déguerpis de Kounkoufouanou, le dépôt des dossiers de candidature du concours de la police nationale dans le centre unique de Ouagadougou, la décision des pays membres de la CEDEAO de limiter le nombre des naissances…Autant de sujets qui ont passionné les débats ces derniers jours. Ils sont tous pertinents au regard des enjeux qui les entourent. Pendant ce temps, il se pose un sérieux problème dans nos hôpitaux et particulièrement à Yalgado Ouédraogo. Le sujet est passé sous silence. Il s’agit de la question du sang. Pour jouir de tous ses droits, il faut d’abord vivre. Et la problématique du sang participe de ce droit à la vie. Il y’a quelques jours, un reportage de la télévision nationale montrait le manque crucial de ce liquide vital à l’hôpital Yalgado et le calvaire des patients dans le besoin. Cela nous a d’ailleurs rappelé de mauvais souvenirs. Perdre un proche dans ces conditions laisse une empreinte souvent difficile à effacer. Bref ! Le problème du manque de sang n’est pas nouveau dans nos centres de santé. En effet, pendant la période des vacances, le centre national de transfusion sanguine se retrouve face à des difficultés d’approvisionnement. Un état de fait qui s’explique par le fait que les élèves et étudiants sont les principaux donneurs bénévoles. « Les élèves et étudiants constituent la majorité des donneurs bénévoles de sang. Ils sont moins accessibles pendant la période des vacances scolaires » constatait en 2009 une étudiante dans sa thèse de doctorat soutenue à l’Université de Ouagadougou. Une situation qui s’aggrave pendant la saison des pluies où la demande en sang augmente en raison du paludisme qui touche notamment les enfants de 0 à 5 ans et les femmes.

On a beau tout avoir, l’argent ou la gloire, il arrive un jour où on peut se retrouver en situation de demandeur de sang. Si par malheur il n’y en a pas pour pallier l’urgence, le résultat peut être fatal. Il nous appartient individuellement ou collectivement de faire du don de sang, un don de soi et par extension un don de vie. La transfusion sanguine étant dans de nombreuses situations, le seul recours pour sauver la vie d’un patient.

Si le problème se pose chaque année avec acuité on peut dire que cela est lié dans une certaine mesure d’insuffisances du Centre national de transfusion sanguine dans sa politique du don de sang. Il est en effet incompréhensible que le problème se pose chaque année et à la même période. N’y-a-t-il pas une politique d’anticipation ? Sauf erreur de notre part, nous n’avions vu aucune communication dans ce sens. Ç’aurait été intéressant d’anticiper sur cette période des vacances. Loin de nous l’idée de tirer à boulet rouge sur le CNTS. Sachant que pour parvenir à tourner le regard des gens sur cette question cruciale, cela demande assez de moyens pour une bonne campagne de communication dans le temps et dans l’espace. Pour ce faire, il faut disposer de moyens conséquents.
Au-delà de tout, la question intéresse tout le monde. On a beau tout avoir, l’argent ou la gloire, il arrive un jour où on peut se retrouver en situation de demandeur de sang. Si par malheur il n’y en a pas pour pallier l’urgence, le résultat peut être fatal. Ça n’arrive pas qu’aux autres. Nous sommes tous de potentiels demandeurs de ce liquide précieux. Il nous appartient individuellement ou collectivement de faire du don de sang, un don de soi et par extension un don de vie. La transfusion sanguine étant, dans de nombreuses situations, le seul recours pour sauver la vie d’un patient comme en cas d’anémies graves chez l’enfant et chez la femme enceinte, les hémorragies provoquées par l’accouchement, les accidents, les interventions chirurgicales. Qu’elles sont belles ces actions de personnes qui pour fêter leur anniversaire se rendent au centre de transfusion sanguine, consacrent un peu de leur temps pour effectuer un prélèvement (450 ml) de leur sang. Ça pourrait bien inspirer !

Par Basidou KINDA


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