Assemblée générale de la SEP : La presse privée à la recherche d’alternatives économiques fiables

Publié le mardi 29 août 2017

« En plus de la diversité et de la pluralité des titres et des lignes éditoriales, la presse burkinabè se classe de plus en plus comme l’une des plus professionnelles de la sous région, voire du continent en témoigne le 42ème rang mondial qu’occupe la presse burkinabè au cours de ces deux dernières années dans le classement mondial de Reporter Sans Frontière ». C’est ce qu’a reconnu le chargé de missions et représentant le ministre de la communication, porte parole du gouvernement, chargé des relations avec le parlement, lors de l’assemblée générale de la SEP. Malgré cette notoriété internationale, la presse privée burkinabè va mal. En effet, ces performances comme l’affirme le chargé de missions du ministère de la communication, « cachent d’énormes difficultés économiques qui planent sur les entreprises de presse ». Des factures impayées adjointes au climat socioéconomique défavorable ont contraint des organes de presse privée à suspendre leurs activités depuis un certain temps, tandis que d’autres sont encore sous la menace permanente. A titre d’exemple, on peut citer le quotidien Notre temps, L’Opinion, le Journal du Jeudi, L’Hebdo, Le Soir etc. Preuve que l’environnement économique burkinabè est très difficile pour la survie de la presse surtout écrite. C’est donc conscients de cette situation, que les éditeurs de presse privée sont allés en conclave en vue de trouver des alternatives pour redonner un nouveau souffle au secteur. Avec pour thème « L’entreprise de presse privée face à la conjoncture économique nationale : quelles priorités et alternatives structurelles pour un environnement économique favorable ? », la société des éditeurs de presse privée (SEP) a voulu d’abord confirmer la prise de conscience de la nécessité de s’engager dans une dynamique décision prospective afin d’identifier l’alternative crédible à la précarité à laquelle plusieurs entreprises de presse font face au Burkina Faso, mais aussi saisir l’occasion pour lancer un cri de détresse au pouvoir public sur l’urgence d’agir afin d’apurer les dettes des entreprises de presse qui « attendent avec impatience le signal fort du gouvernement ». La corporation en appelle au gouvernement pour agir avec promptitude par l’opérationnalisation du fonds d’appui aux entreprises de presse privées « pour pouvoir apporter la bouffée d’oxygène tant attendu par les entreprises de presse » et « à repenser la fiscalité appliquée à l’entreprise de presse qui trouble l’environnement institutionnel des médias ». Tout en exprimant sa compréhension du choix du thème par la SEP, le représentant du Ministre de la communication a reconnu qu’« un organe de presse qui disparait du paysage médiatique est synonyme d’un espace d’expression et de liberté qui se restreint ». C’est ainsi qu’il a rassuré les membres de la société des éditeurs de presse privée que le département de la communication à travers son premier responsable attachera du prix aux propositions et recommandations qui sortiront de leurs assises. Il a par ailleurs terminé son propos en exhortant la SEP à maintenir, malgré les difficiles réalités, le dialogue avec le gouvernement sur les préoccupations urgentes qui assaillent ses membres, tout en gardant un regard sur des propositions alternatives durables et crédibles à la situation actuelle de la presse privée. Quant à Boureima Ouédraogo président de la SEP, il a appelé ses pairs à se mobiliser et à faire preuve d’engagement pour la survie collective de la corporation car dit-il, leur salut viendra de leur capacité à ne pas se tromper de combat et à bien cerner les défis qui les attendent. Pour ce faire, il les invite à privilégier ce qui les rend forts en dépit et surtout à cause de leur diversité.

Wend-Tin Basile SAM


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