Le système éducatif agonise !

Publié le mardi 29 août 2017

C’est un aveu de taille sur le malaise qui frappe notre système éducatif. Avec un taux de réussite est de 28,85% enregistré au BEPC 2017, le ministre de l’éducation nationale, Jean Martin Coulibaly, l’explique en partie par « la non maitrise de la langue française par les candidats. » Il a par ailleurs promis des concertations sur la question. Le constat est que le taux de réussite au BEPC est assez médiocre : 29,66% en 2016 et 39,22% en 2016 en 2015.
Sans oser un diagnostic complet de la situation, posons tout de même le problème à deux niveaux : La qualité de l’enseignant et le continuum éducatif. Le concours de l’ENEP de nos jours ne permet pas de recruter des enseignants de qualité. Le continuum éducatif interdit de sanctionner les fautes dans les devoirs. Conséquence, le système éducatif se meurt !
Le 6 novembre 2012 lors du forum des corps constitués, Koumba Boly alors ministre de l’éducation nationale, déclarait : « Dans la politique du système éducatif, la qualité rime d’abord avec celle des enseignants. » Il est en effet important de rehausser le niveau de l’enseignant. Pour ce faire, il importe de redéfinir leur mode de recrutement. En 2013 déjà nous écrivions qu’ « il faut revoir le mode d’organisation du concours d’admission à l’école nationale des enseignants du primaire (ENEP) ». Le cycle primaire étant le segment temporel par excellence qui détermine l’avenir de l’apprenant. Il n’est pas exagéré de dire que l’instituteur « fabrique » le citoyen de demain.
Nous pensions donc que pour le concours de l’ENEP, il y a lieu d’éprouver le niveau et la qualité des candidats en les départageant sur des matières comme les règles grammaticales, l’orthographe d’usage, pourquoi pas la dictée ? On s’assure ainsi que les candidats admis ont un minimum de connaissances requises surtout dans le domaine de la langue française qui est le support de l’enseignement. A charge pour l’école de formation de les approfondir parallèlement aux disciplines pédagogiques. Mais ce qui se passe actuellement, s’apparente à un exercice de magie où l’enseignant lui-même connait à peine ce qu’il doit transmettre à l’apprenant. Pas étonnant que ces lacunes en amont se retrouvent en aval par effet de chaine et sur tous les ordres d’enseignement.

« Le concours de l’ENEP de nos jours ne permet pas de recruter des enseignants de qualité. Le continuum éducatif interdit de sanctionner les fautes dans les devoirs. Conséquence, le système éducatif se meurt ! »

Une autre explication de la décadence du système éducatif est à rechercher dans le Continuum. Loin de remettre en cause cette politique de l’éducation nationale, il importe tout de même d’en souligner quelques-unes des insuffisances. Avec le Continuum, on ne sanctionne plus les fautes d’un élève dans les disciplines autres que la dictée. « Il n’y a que dans la dictée qu’on peut sanctionner les fautes d’un enfant par des soustractions de points » confie un enseignant du primaire. Ce qui veut dire que quand l’enfant écrit dans une autre épreuve « lesson » au lieu de « leçon » l’enseignant n’est pas tenu de le sanctionner pour cela. Pourtant, il s’agit bien là de lacunes que l’élève trimbale jusqu’en classe de 3e (niveau minimum exigé pour être enseignant).
L’enseignant doit uniquement s’en tenir à l’idée développée par l’apprenant. Il n’est plus exigé qu’il réponde correctement à la question posée, pourvu que l’idée soit dans la réponse. Inutile de dire que la qualité n’est pas la chose la mieux partagée dans une telle démarche.
Enfin, faut-il considérer comme un pis-aller les candidats recrutés niveau DEUG et qui sont directement envoyés en classe sans formation ni pédagogie ? Décidément trop d’hypothèques pèsent sur notre système
éducatif.

Par Basidou KINDA


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